Dans un intéressant article à propos des outils d'interaction locale qui commencent à se développer, Sig écrit : "On est encore bien loin d’avoir des outils qui permettent de créer du
lien social sur un territoire donné pour lutter contre les phénomènes
d’exclusion."
Ce serait évidemment le rêve, pour des personnes en très grande difficulté que de pouvoir entrer en contact, via le web, avec les personnes de leur environnement local immédiat qui soient prêtes sinon à les soutenir du moins à dialoguer. Si nous n'en sommes pas encore là, ce n'est pas seulement -loin de là- pour une question d'outils.
Sur le plan européen, un document vient de sortir qui fait le point sur ce dialogue.
Les familles que je rencontre voudraient, elles, entrer en dialogue avec le Maire, les enseignants, les forces de l'ordre pour rendre "la vie vivable" pour tous. Ils sont prêts à entendre les points de vue d'autres personnes... mais aimeraient qu'au moins l'on écoute les leurs. La mise en place de tels dialogues en elle-même est très difficile. D'un autre côté, des habitants des villes et villages environnants s'émeuvent de leur
situation et seraient prêts à faire quelque chose, même s'ils ne savent
pas souvent quoi.
Lors de la révolution industrielle, un terme désignait les très pauvres de l'époque et une partie du monde populaire : on disait alors qu'il s'agissait des "classes dangereuses". Le monde a changé... mais la façon dont les très pauvres, les sans-papiers, les personnes à la rue,... sont considérés comporte toujours cette suspicion, ce jugement de valeur, même si, à côté de cette attitude dominante, une autre se développe, celle qui parle de dignité, de droits de l'homme.
L'un des avantages d'Internet est d'estomper le "marquage social" : ce n'est pas le statut social de la personne avec qui j'échange qui compte, mais le fait qu'elle me réponde et le contenu de ses réponses. En ce sens peut-être que ces outils d'interaction locale pourraient favoriser le dialogue. Mais qui va les développer ?
Pour l'instant, le moteur de ce développement est surtout économique. Seule la communauté qui existe autour des logiciels libres, souvent animée de cette "utopie" de l'Internet pour tous, de l'échange, de la démocratie locale pourrait, de mon point de vue, prendre en compte le développement de ces outils à usages "sociaux"... A moins - comme c'est le cas aujourd'hui pour le CPE - que des décideurs se rendent compte que le coût social, le gâchis humain qu'est la misère a un véritable poids économique...
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