Contacter les coordinateurs du projet



  • Jean-Pierre Pinet
    Responsable du projet
    "Internet de Rue"

    jeanpierre.pinet
    (AT)atd-quartmonde.org


    Bruno Oudet
    Responsable Scientifique
    bruno.oudet(AT)imag.fr

Projet labellise

Decouvrez le projet Internet de Rue

  • Le projet Internet de rue a telecharger en .rtf
    [Re]création du lien social à partir des TIC en allant au-devant des familles les plus pauvres. Développer et valider par une recherche/action à Paris et dans le Val d'Oise une démarche de sensibilisation et d'utilisation des TIC par des parents ou jeunes adultes de familles en situation de grande pauvreté afin de contribuer à la [re]-création du lien social. Démarche au départ individuelle et mise en oeuvre au plus proche des lieux de vie de ces personnes et notamment dans la rue, sur les pas de porte… Tirer le meilleur parti de l'expérience déjà accumulée dans les points d'accès publics recueillie lors d’une enquête auprès de ces espaces. Résultats du projet : - un site de référence sur le thème de l’utilisation des TIC comme outil pouvant contribuer à l'inclusion sociale, - la réalisation d'un document d'accompagnement des familles les plus pauvres pour l'appropriation des TIC incluant les aspects techniques (quels matériels, quels logiciels), des points de repères pour réussir, des erreurs à éviter, des propositions d’amélioration, en particulier de sites (services) publics.
  • Uses Of Internet Project (in English) to download in rtf. format
    This project is about developing and verifying through action research in Paris and the Val d'Oise (France), the raising of awareness and promotion of ICT use by parents or young adults living in extreme poverty, with the ultimate aim of contributing to the [re] creation of social interconnectedness. Initially, this approach will be carried out on an individual basis, in close proximity to where these people live, e.g. in the street, on the doorstep, derived largely, from the experience already accumulated in the public internet access points, from a survey of these areas. The results will be: - a portal website in French about digital divide, - an internet guide to ICT use as a means to achieving social inclusion, a document about accompaniment in ICT use of families in extreme poverty, including the technical aspects (what equipment, what software), reference points for succeeding, mistakes to avoid, suggestions for improvement, in particular for public service websites.

14 septembre 2006

Acces "gratuits" a Internet

Après les projets visant à diminuer le coût des ordinateurs, voici très logiquement ceux visant à offrir un accès à Internet. Un article de NetEconomie du 12 septembre est consacré au projet du fondateur de Free "d'offrir un accès gratuit aux plus démunis habitant un immeuble équipé en fibre optique par free".

Certes des doutes légitimes surgissent quant à l'aspect commercial de cette démarche (voir l'article de VUNet). Mais on peut penser que celles-ci pousseront le marché à la baisse et permettront l'accès d'un plus grand nombre, ce qui, en soi est une bonne chose. Ce qui est désolant c'est que "les plus démunis" (par exemple ceux qui gagnent moins de 500 euros par mois) sont utilisés comme argument de vente, mais seront les dindons de la farce, car il est plus que probable qu'ils n'auront pas accès aux "immeubles équipés de fibre optique" ni n'auront les moyens de payer la caution.

Comme le signale le CREDOC dans une récente étude (synthèse en pdf), il est alors probable que la fracture (numérique mais surtout sociale) s'aggrandira entre les plus démunis et le reste de la société... sauf si les tenants du libre et du monde associatif réagissent en permettant qu'Internet soit vraiment pour tous.

25 juillet 2006

L'ordinateur, outil de promotion sociale ?

Dans un intéressant article, titré "Ordinateur à 1 euro par jour pour les revenus modestes : une mesure contestée", Jean-Luc Raymond offre une très large synthèse des réactions à l'initiative gouvernementale.

La lecture des réactions diverses amène à se poser une question : pourquoi faut-il que des familles pauvres achètent un ordinateur, encouragées par un crédit de l'Etat ?

L'action 'Internet de rue' que nous avons menée dans deux départements d'Ile-de-France avec des familles très pauvres, les comparaisons que l'on peut faire avec d'autres actions telles que celles réunies sur le site de Psaume, conduisent à penser que ce qui intéresse les personnes, ce sont d'abord des perspectives d'avenir, pour elles-mêmes et pour leurs familles. Etre comme les autres, trouver un emploi, trouver un logement, pouvoir "faire ses papiers", inscrire ses enfants à l'école,... "Qu'on combatte la pauvreté au lieux de rafistoler un système inégalitaire !", disait un commentaire à l'article de Libération du 11 juillet.

L'ordinateur n'est pas seulement un objet de consommation qu'il faudrait avoir à l'instar du reste de la société. C'est un objet, un outil, dont l'utilité n'est pas encore avérée pour lutter contre la pauvreté.

Pourquoi ?

Il est vrai, comme nous avons pu le constater, que cet outil permet de rejoindre d'autres au niveau de ce qui nous est commun : la culture, les arts, les divertissements, les transports, une partie de l'administration (identité, impôts, assedics, allocations communes), la formation de base, etc. Mais dès que l'on arrive dans des domaines plus 'spécifiques', liés à la situation même des personnes (situation administrative complexe, emploi peu qualifiés, logements sociaux,...), le contenu présent sur Internet devient fortement restreint.

D'autre part, ce que cherchent les personnes que nous rencontrons, ce sont aussi des 'contenus qui leur parlent', c'est-à-dire qui parlent de leur expérience de vie. Ceux-là n'en sont qu'à leur débuts. Par exemple, les sites web de 'mémoire ouvrière' sont encore peu nombreux... et ceux de mémoire ouvrière des travailleurs précarisés encore moins.

Là où pèche la mesure gouvernementale, c'est qu'elle n'offre aucune perspective aux ménages les plus modestes de sortir de leur situation. L'ordinateur n'est pas un simple bien de consommation, même de divertissement. L'utilité précède l'usage, comme l'écrivait Philippe Mallein. Et ce sont les usages possibles qui rendront cet outil "populaire".

13 juillet 2006

Un ordinateur pour les familles pauvres ?

Après un grand silence de trois ans (le dernier Comité Interministériel pour la Société de l'Information datait du 10 juillet 2003), M. le Premier Ministre a annoncé (après le 5° CISI), lors d'une allocution à Marly-le-Roi : "Nous voulons aller plus loin et lancer dès 2007 une formule intégrant un micro-ordinateur adapté, une connexion à haut débit et une formation personnalisée, à domicile. Elle sera proposée aux foyers les plus modestes pour le prix d’un euro par jour, pendant trois ans. Nous généraliserons également l’usage des technologies de l’information pour l’accompagnement scolaire dans les ZEP."

Cette annonce, si effectivement elle correspond à un désir et un besoin pour les familles les plus modestes d'être parties prenantes du monde actuel, n'est pas sans poser de questions.

Sur le prix d'abord. Un euro par jour pendant trois ans, cela fait 1095 euros (et l'on peut se demander ce que signifie un prêt bancaire lorsqu'on n'a pas assez d'argent pour ouvrir un compte...). Ce sera très probablement innaccessible pour les familles les plus pauvres, celles qui n'ont guère que quelques centaines d'euros par mois pour vivre. Lorsqu'on voit que le MIT lance des ordinateurs à 100 $ (même si en réalité ils seront facturés 140 ou 150 $), on se dit qu'entre les deux solutions, il pourrait y avoir une offre possible.

"Un ordinateur adapté" : que cache ce concept ? Va-t-il, comme c'est le cas dans de très nombreux autres domaines y avoir des "ordinateurs pour les pauvres", alors considérés comme handicapés intellectuellement, socialement, économiquemment ? Des ordinateurs moins performants ? De telles discriminations seraient intolérables. Elles ne feraient qu'accroître la fracture sociale, et donc numérique.

Un accompagnement, basé sur une "formation personnalisée, à domicile". Là aussi, qu'est-ce à dire ? Nos voisins belges sont déjà beaucoup plus loin, pour ce qui est des responsabilités prises en charge par des administrations publiques, tant sur la réflexion, la non-discrimination que la pratique à travers, par exemple, l'action des CPAS.

Lorsqu'on sait que l'emploi est plus accessible par Internet que par les petites annonces papier, que l'administration est de plus en plus accessible aussi par Internet (même s'il reste de nombreux efforts à faire pour tous les droits concernant les pauvres au premier chef  : dossiers pour les logements sociaux, allocations,...), il est de la responsabilité de l'Etat au nom de la lutte contre la pauvreté et de la compétitivité économique de prendre des mesures afin de peser sur les producteurs pour casser les rentes monopolistiques, permettre que se diffusent des logiciels libres et gratuits, baisser les prix des matériels (certains pays du Tiers Monde ont réduit leurs taxes à 0 % afin de rendre les prix plus abordables), de légiférer pour que les possibilités de connexions gratuites ou à très bas coût puissent se répandre. Toute la France doit progresser ensemble. L'accès à l'information, au savoir, à la communication doit devenir un droit pour tous.


- article du Monde

- "Internet accompagné" (Adminet)

23 mars 2006

Interaction locale

Dans un intéressant article à propos des outils d'interaction locale qui commencent à se développer, Sig écrit : "On est encore bien loin d’avoir des outils qui permettent de créer du lien social sur un territoire donné pour lutter contre les phénomènes d’exclusion."

Ce serait évidemment le rêve, pour des personnes en très grande difficulté que de pouvoir entrer en contact, via le web, avec les personnes de leur environnement local immédiat qui soient prêtes sinon à les soutenir du moins à dialoguer. Si nous n'en sommes pas encore là, ce n'est pas seulement -loin de là- pour une question d'outils.

Sur le plan européen, un document vient de sortir qui fait le point sur ce dialogue.

Les familles que je rencontre voudraient, elles, entrer en dialogue avec le Maire, les enseignants, les forces de l'ordre pour rendre "la vie vivable" pour tous. Ils sont prêts à entendre les points de vue d'autres personnes... mais aimeraient qu'au moins l'on écoute les leurs. La mise en place de tels dialogues en elle-même est très difficile. D'un autre côté, des habitants des villes et villages environnants s'émeuvent de leur situation et seraient prêts à faire quelque chose, même s'ils ne savent pas souvent quoi.

Lors de la révolution industrielle, un terme désignait les très pauvres de l'époque et une partie du monde populaire : on disait alors qu'il s'agissait des "classes dangereuses". Le monde a changé... mais la façon dont les très pauvres, les sans-papiers, les personnes à la rue,... sont considérés comporte toujours cette suspicion, ce jugement de valeur, même si, à côté de cette attitude dominante, une autre se développe, celle qui parle de dignité, de droits de l'homme.

L'un des avantages d'Internet est d'estomper le "marquage social" : ce n'est pas le statut social de la personne avec qui j'échange qui compte, mais le fait qu'elle me réponde et le contenu de ses réponses. En ce sens peut-être que ces outils d'interaction locale pourraient favoriser le dialogue. Mais qui va les développer ?

Pour l'instant, le moteur de ce développement est surtout économique. Seule la communauté qui existe autour des logiciels libres, souvent animée de cette "utopie" de l'Internet pour tous, de l'échange, de la démocratie locale pourrait, de mon point de vue, prendre en compte le développement de ces outils à usages "sociaux"... A moins - comme c'est le cas aujourd'hui pour le CPE - que des décideurs se rendent compte que le coût social, le gâchis humain qu'est la misère a un véritable poids économique...

27 janvier 2006

T'as pas cent balles ?

A grand renfort de publicités et d'annonces, l'ordinateur à $100 arrive sur le marché. L'ONU vient même de signer un accord avec le MIT. Quel sera l'avenir de cet ordinateur à manivelle, d'1 GB de mémoire ? Encore faut-il, comme le notent de nombreux commentateurs, qu'il y ait des accès Internet disponibles, en particulier sans fil. Et avec un si petit espace mémoire, les écoliers en seront-ils réduits à seulement consulter, sans pouvoir eux-mêmes enregistrer, travailler ?

Cet ordinateur bon marché ne va-t-il pas connaître le même sort que la version "light" de windows98, destinée à l'Afrique et dont on ne reparle plus ?

Pourquoi faut-il que les pauvres aient toujours droit à des versions "light", des mesures spécifiques, des droits réduits voire basiques ?

Il en va de l'informatique comme du logement : comme il n'y a pas assez de logements pour accueillir les sans-abris, on propose des tentes ou des algécos aux mal-logés... Certes, le geste de Médecins du Monde est provocateur, mais aussi significatif d'une mentalité : des sous-mesures pour des sous-êtres humains.

C'est tout simplement révoltant !

02 août 2005

Quand Internet permet de maintenir des relations

Un intéressant article de balancing act intitulé "Crise en Côte d'Ivoire : l'internet a maintenu le contact entre le nord et le sud" montre comment en situation de crise, des familles entières se tournent vers Internet pour garder le contact. "Cela fait presque 3 ans que je ne suis pas allé dans mon village, situé dans la région de Bouaké. Mais grâce à la connexion Internet, j'ai les nouvelles de mes parents restés dans cette zone", dit un cadre.

(...) Avec les différents combats dans les zones occupées au tout début de la rébellion armée, les réseaux téléphoniques fixe et mobiles, très sollicités par les populations en détresse et aussi par les forces en conflits, seront saturés ou simplement hors d'état de service. De sorte qu'il était quasi-impossible d'établir la communication entre les deux zones du pays . Pour joindre les zones occupées et vice-versa fallait avoir recours aux moyens de communications ultra-performants comme les téléphones satellitaire . " C'est grâce à mon téléphone satellitaire que j'avais des nouvelles de ma famille restée à Man ", explique Gonto Mathieu, un cadre d'une entreprise multinationale. Avant d'ajouter qu'avec le système de " Tchat " sur Internet il échangeait aussi avec sa femme presque tous les deux jours.

Seulement, la grande majorité de la population Ivoirienne, du fait, du coût élevé de cette forme de communication, ne peut y avoir accès. La connexion Internet s'avère alors comme l'unique moyen très efficace et à moindre coût pour maintenir de façon virtuelle le contact entre les Ivoiriens.

Mais Internet, dans cette situation, draine aussi des personnes peu habituées, les "publics les plus éloignés", dirait-on ici : "Un nouveau type d'internaute a commencé a faire son apparition en zones occupées. Il s'agit des personnes du troisième âge et des populations rurales qui se sont déplacées dans les grandes villes. " Les personnes âgées et les populations rurales qui à priori ne se sentent pas concernées par les nouvelles technologies ont commencé à fréquenter les cybercafés . C'est le cas du vieux Tanoh Brou qui chaque matin se rend dans notre cybercafé situé au centre ville avec son petit fils. Celui-ci a crée une boîte électronique sur instruction de leur aîné qui vit en France. Ainsi chaque jour ils viennent " Tchater " avec lui et lui donner les nouvelles du village."

Dans certains cas, et sous certaines conditions, il semble donc qu'Internet devienne un outil accessible pour permettre à des personnes et des groupes -y compris des publics éloignés de l'usage de ce moyen- de garder des liens entre eux.

Femmes et fracture numérique en Afrique francophone

En prélude à la Journée de la Femme Africaine 2005, le Reseau Genre et TIC (une initiative en partenariat ENDA-ART-OSIRIS) présente au public le livre "Fracture numerique de genre en Afrique francophone : une inquietante realité".

Cet ouvrage publie par ENDA, presente les resultats d'une recherche menee depuis pres de deux ans dans six pays (Benin, Burkina Faso, Cameroun, Mali, Mauritanie et Senegal), avec l'appui du Centre de Recherches pour le Developpement International (Canada).

Les resultats de recherche attestent que les femmes ont globalement un tiers de chance en moins que les hommes de beneficier des avantages de la societe de l'information en Afrique francophone. A l'heure ou les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont investies de la mission de lutter contre la pauvrete, cela appelle de la part des decideurs la mise en oeuvre de politiques hardies pour une societe plus juste et inclusive en termes de genre.

Source :

Voir : Fracture numérique de genre en Afrique francophone : données et indicateurs

30 mai 2005

Village global, inegalites sociales

Tel est le titre d'un dossier publié en mai 2005 par le Secours Populaire Français dans son journal "Convergences". En voici quelques extraits :

" Existe-t-il une fracture numérique ? Le débat est dépassé. Internet et les autres innovations de la communication influencent déjà la vie quotidienne. L'enjeu actuel consiste à donner la maîtrise de ces outils à ceux qui sont traditionnellement éloignés des processus d'apprentissage des connaissances. Face à ce défi, les associations humanitaires affichent la volonté d'informer et de former. (...) Pour rééquilibrer la balance et jouer leur rôle d'éducation populaire, les associations humanitaires comme le Secours populaire développent des ateliers multimédias pour se familiariser avec le matériel et acquérir les bases des systèmes, des logiciels et de la connexion au réseau. La motivation des stagiaires est souvent la recherche d'emploi : des compétences en informatique sont un plus sur un CV, même pour des postes peu qualifiés. (...) "

" Si Internet est un moyen de récolter des dons, c'est aussi un moyen d'informer sur l'utilisation de ces dons. Les autres sites comme 'Le dire pour agir', le blog ou le moblog du SPF donnent aussi l'occasion de s'informer ou de s'exprimer différemment du site officiel*. Ce nouveau mode de communication est donc en capacité de déboucher sur du lien social. Parallèlement aux ateliers du SPF, les expériences d'accès au matériel et aux connaissances se multiplient à l'instar du projet Internet de rue d'ATD Quart Monde où des animateurs vont à la rencontre de sans-abris pour leur permettre de se familiariser avec la technologie. (...) L'accès aux nouvelles technologies ne peut à lui seul réduire les inégalités. Il permet seulement de peser sur le progrès social. Pour les plus pauvres, c'est donc un savoir de plus à acquerir."

* Pour les enfants, voir le site 'Copains du monde". Les jeunes auront aussi leur site : le lien apparaîtra sur le site institutionnel du Secours Populaire Français.

- Voir aussi : "Les enjeux d'Internet dans la communication des associations humanitaires"

17 mai 2005

Ordinateurs simplifies : quels materiels et quelles approches

Journaliste spécialisé multimédia et rédacteur en chef adjoint de feu l'excellent magazine et agence de Presse Transfert, Jean-Marc Manach signe un article-panorama sur les ordinateurs à interface simplifiée : Ordinateurs “simplifiés” : nouvelle vague, ou régression ? ; extrait :

"En tout état de cause, si l'absence de disque dur permet effectivement de réduire le coût de ces PC "simplifiés", le fait qu'il soit impossible de configurer soi-même son propre ordinateur leur confèrerait également un caractère de PC "limités".

Car au nom de quoi aurait-on le droit d'interdire aux utilisateurs d’installer un logiciel, ou encore de mettre à jour ceux qui sont préinstallés ? Cela peut certes contribuer à faire des économies, mais à quel prix ? Outre les problèmes de sécurité que cela peut engendrer, l’un des principaux moteurs de l’informatique, et de l'internet en particulier, tient précisément en ce que leurs utilisateurs ont pu développer leurs propres usages en s’appropriant ces nouvelles technologies, en testant des logiciels ou en cherchant à les modifier. Nombreux sont ceux qui ont ainsi commencé par bidouiller leurs ordinateurs, tant d’un point de vue logiciel que matériel, ce que n’autorisent guère ces PC limités."

Le Bresil lance un plan informatique pour les pauvres

L'édition du 16 mai du quotidien Le Devoir fait écho d'une initiative rare sur notre planète : Le Brésil lance un plan informatique pour les pauvres :

"Le programme de subventions, baptisé PC Conectado, vise à favoriser la pénétration des ordinateurs dans les classes moyennes et défavorisées, avec l'objectif de vendre un million de machines. Les ordinateurs vendus avec des logiciels libres ne coûteront que 1400 reais (717 $CAN) et seront partiellement subventionnés à hauteur de 10 % du prix total grâce à un crédit offert par le gouvernement et une réduction d'impôt."

03 mai 2005

"Créateur de liens via Internet", article du Journal de la GMF: GMF et vous (avril 2005)

Le projet Internet de rue, initié par ATD Quart-Monde est à la fois simple et très audacieux : l'idée est d'aller au devant des populations marginalisées pour les initier à Internet et aux moyens de s'en servir. Une action de bien public tant le Net est devenu le support de l'information, de la culture et des démarches administratives diverses.

Jean-Pierre Pinet porte ce projet chez ATD Quart-Monde. "Nous avons déjà mené diverses expériences en matière d'informatique, auprès des enfants et dans notre atelier à Paris, où nous avons fait de l'initiation. Mais dans ce cas, nous voulions "sortir", aller au devant des personnes, des adultes, chez eux ou dans la rue".

Jean-Pierre Pinet n'est pas bidouilleur informatique. Il est sociologue. Il a rencontré ATD Quart-Monde en 1977, alors qu'il était étudiant. "Je cherchais à m'engager pour les pauvres, pour le tiers-monde. A la différence d'autres organismes, ATD donnait une formation à ceux qui rejoignaient le mouvement. Cela m'a attiré."

Jean-Pierre Pinet intègre l'Institut de recherche d'ATD Quart-Monde, au sein duquel il travaille sur l'illettrisme et sur le revenu minimum, travaux précurseurs de la loi sur le R.M.I. Puis, à la maison de la Mémoire, il participe aux travaux sur l'histoire, l'identité, les racines des familles défavorisées, souvent mises en pièces par les vicissitudes de la vie. Nouveau tournant à la fin des années 1980, Jean-Pierre part avec sa famille au Sénégal. A Dakar, il recourt de plus en plus à l'informatique pour échanger et travailler avec des familles très pauvres et les membres d'ATD Quart-Monde, disséminées dans le pays et ailleurs en Afrique de l'Ouest. "L'informatique permet d'entrer en communication avec des régions enclavées et cela, malgré tous les obstacles techniques".

A son retour en France en 2001, en plein essor des nouvelles technologies, sa conviction est faite : "Tout le monde doit renforcer sa maîtrise des outils de communication, à la fois pour des raisons pratiques (la carte vitale, les réservations pour prendre un train, telle ou telle démarche), mais aussi tout simplement, pour communiquer, créer, s'exprimer, exister", explique-t-il. Et de citer l'exemple de cette personne ayant renoué avec sa fille, via Internet!

En développant le projet Internet de rue, les volontaires d'ATD Quart-Monde vont au-devant des personnes pour qui la technologie est un obstacle supplémentaire à l'intégration. Ils initient, dédramatisent, donnent accès à un outil qui peut aider à recréer du lien.

"C'est un devoir de citoyen que d'aider les plus pauvres à avoir accès à tous les moyens présents dans la société", résume-t-il.

Source :
Journal de la GMF: "GMF et vous", n° 79, avril 2005
Titre de l'article : "créateur de liens via Internet".

21 avril 2005

Rapport Hirsch contre la pauvrete

Après trois mois de travaux, la commission "Familles, vulnérabilité, pauvreté", installée par Philippe Douste-Blazy, ministre des solidarités et présidée par Martin Hirsch (président de l'association Emmaüs) rend son rapport ce matin à l'occasion d'un point Presse.

Le quotidien Libération consacre sa une du jour et un dossier complet au rapport Hirsch :

"Riches idées contre la pauvreté".
(Logement, crèches, revenu de solidarité : le président d'Emmaüs, Martin Hirsch, remet aujourd'hui au au gouvernement un rapport volontariste et original).

Le journal de la rue Béranger propose une série d'articles sur la pauvreté et quelques points exposés dans le rapport Hirsch :

- Objectif zéro enfant pauvre d'ici à 2020 :
Martin Hirsch (Emmaüs) rend aujourd'hui à Philippe Douste-Blazy un rapport sur la pauvreté des familles. Avec des solutions inédites,

- Quinze mesures réalisables :
Avec le surtitre «au possible nous sommes tenus», le rapport Hirsch fixe quinze résolutions, découpées en «orientations», dont certaines paraissent facilement réalisables,

- A savoir :
des chiffres repère sur la pauvreté,

- Au RMI, je gagnerais autant :
"Animatrice vacataire à la Ville de Paris, Patricia jongle avec ses revenus",

- Volontarisme :
Editorial par Antoine de Gaudemar,
Aujourd'hui, du fait de la précarisation du salariat et de la multiplication du travail à durée déterminée ou à temps partiel, on peut être pauvre en travaillant,

- Après le RMI, la solidarité active :
Le rapport Hirsch propose de rendre plus attractive la reprise d'une activité,

- Au Royaume-Uni, près de 25 % d'enfants pauvres en moins
Michel Dolle, économiste, explique le plan mis en place par Tony Blair en 1998,

- Des loyers qui excluent les plus pauvres :
Le rapport suggère la création d'un secteur locatif conventionné.

12 avril 2005

Le Web au service des SDF - article du quotidien Le Parisien du 12 avril

La journaliste Géraldine Doutriaux consacre en page 3 de l'édition du quotidien Le Parisien du mardi 12 avril, un article au Projet Internet de Rue avec une photo de Corinne, permanente de ATD Quart-Monde, intégrée au projet :

"Pour montrer qu'une main tendue peut se cacher derrière l'écran d'un ordinateur, la mairie de Paris a décidé de lancer pour la première fois le label "Parvi", récompensant les projets alliant social et haute technologie.

Hier après-midi, les sept meilleurs dossiers sur les 26 déposés ont été retenus et distingués.

(...)

LE WEB AU SERVICE DES SDF

Un ordinateur portable au bras, Corinne, 42 ans, bénévole à ATD Quart-Monde, passe son temps libre à errer entre les Halles et Belleville... Elle toque à la porte d'une caravane, s'asseoit sur un banc et discute avec les habitants et sans-logis. "Pose-moi une question et l'écran te répondra!", propose-t-elle alors en substance aux SDF.
"Les questions tournent souvent autour de l'actualité, des problèmes de santé, explique Corinne. Certaines personnes d'origine étrangère demandent souvent à voir des images de leur pays natal."

C'est alors que Corinne clique sur son clavier et fait apparaître sur l'écran des paysages étrangers ou des adresses sésame...
"Après cette première rencontre, le bénévole revient régulièrement voir les sans-logis avec son portable jusqu'à leur proposer un apprentissage de base ou de les orienter sur des lieux comme les Espaces publics numériques (EPN), où l'Internet est en accès libre... Un petit pas vers d'autres rencontres possibles, une forme de réinsertion sociale et, pourquoi pas, un emploi", commente Jacques Gallois, membre d'ATD Quart-Monde.

L'Internet de rue... Voilà le projet original lancé par ATD Quart-Monde pour briser l'isolement des plus pauvres. "Autant Internet peut enfermer les jeunes dans une bulle, autant il est une ouverture et presque un miracle pour ceux qui sont déjà isolés", explique Jacques Gallois."

08 avril 2005

Le blog du projet Internet de rue mentionne dans SVM

Le présent blog de suivi du Projet Internet de rue fait l'objet d'une mention dans le numéro hors série papier du magazine SVM "Le Guide du weblog" en page 91 (avril 2005) dans la rubrique "sélection Médias et communication" (les 200 blogs indispensables).

Pour en savoir plus sur ce hors-série, cliquez ici.

07 avril 2005

Le declassement social vu par le sociologue Eric Maurin

Dans le quotidien Les Echos du mercredi 6 avril 2005, le sociologue et économiste Eric Maurin (directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - E.H.E.S.S.) revient sur son analyse de mise en lumière du phénomène de ségrégation urbaine qui conduit chaque groupe social à rester "entre soi".

Extrait de l'entrevue "La peur du déclassement social en France" (grand angle avec le sociologue Eric Maurin) :

"Vous insistez, dans votre dernier livre sur la peur du déclassement social. "Chaque groupe s'évertue à fuir ou à contourner le groupe immédiatement inférieur dans l'échelle des difficultés", écrivez-vous. Cette tendance n'est-elle pas normale ?

E.M. - Chacun essaie de faire au mieux pour ses propres enfants. Et chacun perçoit bien que le contexte dans lequel il socialise ses enfants est crucial. Le problème, c'est que seuls les plus riches ont les moyens de mettre leurs stratégies résidentielles en accord avec cet objectif. Du coup, les classes populaires sont reléguées à la lointaine périphérie des quartiers protégés où se situent les meilleures écoles.
Chaque groupe se retrouve "entre soi". Mais, pour les classes populaires, c'est par défaut, et leurs enfants sont doublement défavorisés, doublement condamnés à l'échec, par la pauvreté familiale et la pauvreté du contexte.

(...)

Oui, le fonctionnement de notre système scolaire génère des êtres qui se perçoivent comme de seconde classe. Mais le sentiment de déclassement à d'autres sources. La montée de l'instabilité des emplois notamment. En vingt ans, le risque annuel de perdre son emploi et de se retrouver au chômage a augmenté de 20% à 30% dans le privé. Cette évolution atteint certains métiers dans l'intimité de leur identité sociale. Cela peut engendrer des réactions de rejet intenses.

(...)

Un autre élément nourrit le sentiment de déclassement : le fait que le progrès social s'assimile désormais davantage à la lutte contre l'exclusion qu'à la lutte contre les inégalités, avec le déploiement des politiques publiques ciblées sur les catégories en difficulté (Z.E.P., R.M.I., etc.). Cette évolution a généré de grandes frustrations chez ceux qui n'ont pas droit aux aides, parce qu'ils gagnent juste un peu plus que le minimum."

05 avril 2005

Etude de l'Insee

Artesi rend compte d'une étude de l'Insee selon laquelle début 2004, 45 % des foyers en France disposent d'un micro-ordinateur à domicile et 31 % des ménages ont accès à Internet.
Les chiffres sont en hausse, mais cette étude permet d'une part de constater l'écart croissant entre les catégories socio-professionnelles dont il est tenu compte... et d'autre part de vérifier encore une fois que la typologie utilisée ne permet pas d'avoir des informations sur la situation des ménages les plus pauvres.

Etude de l'Insee (résumé de 4 pages en pdf)

24 mars 2005

Evaluation de l'utilite sociale

Géral Elbaze (de l'association Médias-Cité) pointe vers le site de l'Agence de Valorisation des Initiatives Socio-Economiques qui soutient le développement d'initiatives créatrices d'emplois et porteuses de cohésion sociale.

Médias-Cité met en avant une action de l'A.V.I.S.E. : L'Expérimentation: Evaluation de l'utilité sociale :

"Les travaux et expériences sur l'évaluation de l'utilité sociale sont récents et encore peu abondants.

Cette évaluation est pourtant au cœur des relations entre les structures créatrices d'utilité sociale, les pouvoirs publics et les milieux économiques. Elle contribue à mettre en perspective les pratiques de la structure et son projet associatif ou d’entreprise.

C'est pourquoi, sur proposition de son Conseil Scientifique, l'Avise a décidé d’engager une action sur ce thème en privilégiant une démarche innovante, ancrée sur le terrain et associant activement les acteurs directement concernés par le sujet.

La première phase, achevée à ce jour, a permis l’élaboration d'un «bilan de connaissances» aussi exhaustif que possible sur ce thème complexe. Plusieurs angles ont été approfondis permettant d'apporter, sinon des réponses, du moins une matière suffisamment riche pour appréhender au plus juste les enjeux : évaluer quoi, comment, et par qui ? (Voir ci-dessous "En savoir plus").

Sur la base de ce travail, un appel à projets a été lancé en fin d’année 2004 auprès d'associations et d'entreprises volontaires, désireuses de s'engager sur un programme concret d'évaluation de leur utilité sociale et, plus largement, de participer à une démarche collective d’expérimentation, dont les résultats ont vocation à être largement diffusés.

Quinze structures ont donc été retenues : elles bénéficient d'un accompagnement spécifique pour expérimenter ou développer une/des méthode(s) d’évaluation de l'utilité sociale. L'appel à projets s'adresse principalement à des structures de l’économie sociale (par exemple, associations engagées dans de nouveaux services d’utilité sociale, structures d'insertion etc.,...). Mais il s'ouvre aussi à quelques PME/PMI ayant développé des actions explicites de responsabilité sociale, à impact plutôt territorial, afin d'identifier d'éventuelles transversalités entre des structures dont les finalités sont différentes.

La mutualisation et la capitalisation des expériences, ainsi que celles déjà repérées au travers du «bilan de connaissances» permettront de disposer, collectivement, d'un corps de doctrine, de méthodes, d'outils et d'expériences sur le sujet... premiers pas vers la construction non pas d'un système mais plutôt d'une démarche d'évaluation de l'utilité sociale."

En savoir plus :
- Téléchargez le Bilan de connaissances (en .pdf).
- Voici le témoignage de Madame Annie Berger, directrice de l'ARDES, structure participant au projet (en .pdf).

17 mars 2005

Joel de Rosnay: "Pour reduire la fracture numerique, il faut tendre vers un usage raisonne et simple des outils"

Dans le magazine corporate de ZenithOptimedia "Return On Investment" (numéro 3, mars 2005, "2005-2015" qui titre : "Regards sur les médias de demain"), au sein du dossier "La Révolution numérique en mouvement", à noter ces propos de Joël de Rosnay (futurologue et conseiller de la présidence de la Cité des sciences et e l'industrie de La Villette, Paris) :

"Return On Investment: Quand les technologies de pointe ne cessent de monter en puissance, quels publics vous semblent les plus fragiles face à la fracture numérique, et que faire pour tenter de la réduire ?

Joël de Rosnay : La fracture numérique existe non seulement entre les pays industrialisés et les pays en développement mais aussi entre les différentes générations au sein des pays développés.
Elle s'estompe progressivement, mais a aussi parfois tendance à s'amplifier. Pour la réduire, il faut tendre vers un usage raisonné et simple des outils, qui rend l'information pertinente et s'éloigne de l'infopollution. Cela passe en particulier par davantage d'éducation et d'information des publics."

Merci à Alain Joannès pour la découverte de ce magazine.

15 mars 2005

La Gazette des Communes : dossier sur la mediation sociale

Gazette

La Gazette des Communes de cette semaine (14 mars 2005, n°11 / 1781) titre et consacre un dossier à la médiation sociale : "Nouveaux métiers, nouveaux besoins". Ils sont plusieurs milliers en France, dans les villes à recréer du lien social.

Un entretien avec Françoise Gautier-Etié, chargé de mission au C.N.F.P.T. (Centre National de la Fonction Publique Territoriale), coauteur de "La Médiation sociale", nous éclaire sur le rôle de la médiation sociale dans notre société ; extrait :

"Dans l'ouvrage consacré à la médiation sociale de proximité, que vous signez avec Eric Lenoir, de la Délégation Interministérielle à la Ville, vous dressez un bilan très positif. Qu'en ressort-il ?

Il nous est apparu très clairement que la médiation constituait aujourd'hui un maillon supplémentaire du travail social dans l'aide aux plus fragiles et aux plus démunis. Par son approche globale, elle a tout d'abord permis d'éclairer les zones d'ombre de notre réalité sociale et d'entrer en relation avec des personnes en grande difficulté et souvent très éloignés des services publics. En inscrivant leur action dans la durée, les médiateurs s'affranchissent des cadres rigides imposés aux travailleurs sociaux. Ils peuvent alors développer, à moyen terme, un volet éducatif en ne se limitant pas à résoudre des petits conflits de la vie quotidienne, mais en écoutant les problèmes et en responsabilisant les personnes pour trouver des solutions. Ce volet éducatif contribue aussi à la prévention des violences.

Comment s'articule leur travail avec celui des autres professionnels du domaine social ?

Soyons clairs : les médiateurs n'ont en aucun cas vocation à remplacer un conseiller pour l'emploi ou une assistante sociale. Mais force est de constater qu'ils sont souvent les recours les plus visibles aux yeux de la population. En travaillant dans la rue, ils sont amenés à toucher des publics que les autres professionnels ne verraient peut-être pas. Les travailleurs sociaux que nous avons interrogés nous ont d'ailleurs confirmé que les médiateurs renforçaient leur action en établissant un premier contact.

La relation de confiance avec le médiateur débouche ainsi sur une prise en charge du problème par un autre professionnel. En outre, leur connaissance globale des problèmes individuels peut également servir de lien entre différents professionnels qui ne se seraient pas rencontrés."

Références :
"La Médiation sociale" de Françoise Gautier-Etié et Eric Lenoir, 2005, CNFPT. A télécharger en .pdf à cette adresse.

14 mars 2005

Pour ou contre le lancement d'une taxe technologique ? Lancement du Fonds de Solidarite Numerique et installation d'une agence Internationale a Lyon

L'agence de Presse Reuters rapporte dans une dépêche de ce jour que les Les leaders africains (sont) pour le lancement d'une taxe technologique :

"Cette taxe serait destinée au Fonds de solidarité numérique (FSN), une institution créée en 2003 et soutenue par les Nations unies, dont l'objectif est de favoriser le développement économique des régions les plus déshéritées en les équipant en nouvelles technologies."

Cette taxe financerait l'achat de téléphones portables et d'ordinateurs pour les pays pauvres.

La Ville de Lyon a décidé d'adhérer à ce projet créé à l'initiative du Sénégal. La municipalité s'est engagée à reverser au FSN 1% des bénéfices réalisés par les fournisseurs de nouvelles technologies de la ville.

Dans la foulée, l'Agence France Presse annonce Une agence onusienne pour la solidarité numérique installée à Lyon en 2006 .

"L'agence, qui réunira des experts, sera chargée de repérer les projets, susceptibles d'être soutenu par le FSN, et de leur suivi", a indiqué à l'AFP, le sénateur-maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb.

12 mars 2005

La vraie fracture numerique: un fonds cree par les Nations Unies

Therealdigitaldivide

L'hebdomadaire britannique The Economist fait sa une cette semaine sur la fracture numérique et a donc publié le 10 mars dans son dossier trimestriel "technology quarterly", un article intitulé The Real Digital Divide (attention, ce papier est disponible gratuitement sur le Web pendant quelques jours, seulement) et 2 autres articles (en accès payant sur le Web) sur la question de la fracture numérique : "Behind the digital divide" et "Mobile phones and development".

On y apprend que le 14 mars, les Nations Unis lanceront un fond de solidarité numérique (Digital Solidarity Fund) pour soutenir des projets qui oeuvrent pour une distribution et une utilisation moins inéquitable des nouvelles technologies de l'information et de la communication et qui permettent à des personnes exclues et des pays d'entrer "dans une nouvelle ère de la société de l'information".

Le financement et l'utilisation de ce fonds de Solidarité Numérique feront l'objet de discussions et d'une rencontre spécifique de l'O.N.U. en septembre prochain.

L'article tend à montrer que l'utilisation de la téléphonie portable est plus aisée pour des populations éloignées de l'Internet et constitue une première approche intéressante des technologies de l'information et de la communication notamment parce qu'il n'y pas besoin de savoir lire ou écrire pour utiliser un téléphone portable.

05 mars 2005

Travail rime avec inegalite et mobilite

Une récente dépêche de SwissInfo (novembre 2004) : Travail rime avec mobilité et inégalité révèle, qu'en Suisse, près d'une personne active sur deux exerce aujourd'hui une profession différente de celle qu'elle a apprise.

De même, il est question de l'inégalité des Suisses devant la formation professionnelle :

"La mobilité professionnelle gagne du terrain. Plus les personnes sont bardées de diplômes ou dans une position hiérarchique élevée, plus elles changent d'activité."
(...)
Les personnes qui n'ont pas de diplôme postobligatoire "sont les perdantes de l'évolution actuelle" (...). Leur risque de se retrouver en marge du marché du travail est beaucoup plus élevé que la moyenne. Le sociologue zurichois Hanspeter Stamm avance deux recettes pour se préparer à l'avenir. Premièrement : continuer à développer le système éducatif de base. Deuxièmement: miser sur la formation continue, dont le rôle est décrit comme "décisif" dans l’étude.
(...)
Sans formation continue, le risque est réel de se voir éjecter du circuit, via le chômage ou la retraite anticipée.
(...)
L'étude publiée mardi montre encore que l'égalité des chances pour effectuer une formation de niveau universitaire n’est de loin pas atteinte.
En 2000, un enfant de parents ayant fréquenté une haute école avait cinq fois plus de chance de suivre cette voie qu'un jeune issu d'une famille ouvrière."

04 mars 2005

Blog d'expression

Le projet "Internet de rue" est cité dans l'hebdomadaire La Vie (daté du 17 février 2005) au sein d'un article signé Aurélie Sobocinski : "Avez-vous votre blog ?".

"Ils remplacent les carnets de bord ou les journaux intimes... à ceci prèsque des millions de gens peuvent en prendre connaissance. Nouveau phénomène, ces pages Web personnelles, faciles à créer et mises à jour régulièrement, permettent de partager passions, chagrins, coups de coeur ou coups de gueule."

"Le blog ne permet pas de combler le fossé numérique. Mais quand des associations comme ATD-Quart Monde offrent aux personnes en rupture d'y accéder dans la rue, une chose très importante se passe. Disposer d'un espace d'expression individuelle, c'est, pour ces personnes, un début de reconnaissance.
Quelques clics pour un autre déclic : trouver une place dans la société."

Un blog d'expression autour du Projet Internet de Rue, en projet depuis plusieurs mois, est actuellement en cours de finalisation. Texte extrait du blog collectif en construction :

"(....) destiné d'abord à ceux qui encore aujourd'hui ont le moins accès à ce mode d'expression écrite qu'est internet. Pour des personnes qui ont eu une vie difficile, les possibilités de publier, d'écrire pour être lus par d'autres étaient rare. Avec Internet, c’est plus facile et à moindre coût (...)."

02 mars 2005

Un Internet : mais pour quoi faire ? Article de Raphael Suire dans Les Echos

Raphaël Suire, docteur en économie, maître de conférences à l'Université de Rennes 1 et chercheur publie un article point de vue dans le quotidien Les Echos en date du 2 mars 2004 (page 15) :

"Un Internet : mais pour quoi faire ?"

Ce papier étant "tous droits réservés", il n'est malheureusement pas possible de le reproduire ici mais vous pouvez le retrouver en ligne gratuitement à cette adresse (attention, les articles du jour des Echos sont en archives payantes dès le lendemain!).

Seule une citation est autorisée :

"(...) La fracture numérique : simple opportunité marchande ou aide au développement ? Ce que l'on sait de la fracture repose principalement sur une batterie d'indicateurs agrégés qui mettent en opposition des espaces physiques. Des régions sont dotées en infrastructures numériques, d'autres le sont moins, d'autres ne le sont pas du tout. Des inégalités existent et cette fracture, que l'on qualifie de « fracture de premier niveau », renvoie le plus souvent aux fractures géographiques qui séparent les espaces denses des espaces moins peuplés. Deux attitudes face à cela, le marché décide ou l'interventionnisme opère. Si le marché décide, alors le fossé peut se creuser si la demande locale reste insuffisante et/ou les coûts d'installation trop élevés. Cependant, la force publique ou internationale peut ausi subventionner les opérateurs privés pour qu'ils installent des réseaux d'accès, proposent des équipements informatiques ou mettent à disposition des populations défavorisées des accès à l'Internet. Mais ensuite ?

Si les choses en restent là, les autorités n'auront rien fait d'autre que de réduire un fossé géographique qui oppose traditionnellement ville et campagne, car la fracture numérique n'est pas là ! Ce qu'ont mis en évidence les travaux des économistes, des sociologues mais aussi des anthropologues, c'est la très forte hétérogénéité dans la capacité à utiliser les objets technologiques et l'Internet en particulier. Cette fracture que l'on qualifie de « fracture de second niveau » renvoie pour sa part à des fractures sociales mais aussi à des compétences et aptitudes individuelles. Pour le dire différemment, faciliter l'accès à l'Internet, ce n'est pas seulement donner l'accès à un ordinateur connecté au réseau, mais c'est éduquer et former à l'usage. (...)."

01 mars 2005

Les "papis" brestois proches des gens...

Dans un article paru sur @Brest, Michel Briand indique trois grands axes de développement des points d'accès publics à Brest qu'il me semble important de relever :

1. La prise en compte des personnes éloignées
Telle que décrite dans l'article, cette prise en compte est fondée sur une très grande proximité des personnes et des projets qu'elles portent. L'ancrage au niveau du quartier, vécu comme un espace communautaire où chaque persone peut être "acteur" est assurément une dynamique de fond.

2. Le service public numérique pour tous
"Faire que les personnes soient accompagnées, rendues autonomes dans les lieux du service public local est un sacré enjeu." Certes, mais tout le monde n'a-t-il pas à y gagner que le service soit un vrai service, que l'aspect public soit vraiment public, et que tous aient véritablement les moyens non pas seulement d'utiliser mais aussi de s'approprier ce service ?

3. Libre et cultures numériques
Etre citoyen, ce n'est pas seulement "avoir accès" ou s'approprier les services de l'Etat, c'est aussi participer, y compris par la création culturelle, à la transformation de notre société.

Au-delà des débats sur la "fracture" ou le "fossé" numérique, il est des actions, comme celle-ci, qui proposent une vision constructive et dynamique, n'isolant pas les exclus par des actions "spécifiques" mais proposant des projets où, ensemble, il est possible d'avancer.

28 février 2005

Toujours la "fracture numerique"...

Un article paru dans l'Observatoire des Inégalités, se fondant sur des données du Crédoc semble moins optimiste que d'autres sur la résorption de la "fracture numérique". "L’accès à Internet à domicile est loin d’être généralisé dans notre société, contrairement à ce que laissent penser de nombreux discours. (...) Entre juin 2003 et juin 2004, les inégalités sociales se sont encore accrues en la matière, le taux d’équipement  augmentant de 10 points chez les cadres contre 2 points chez les employés..."
Evidemment, cette fracture ne peut uniquement se mesurer en termes quantitatifs de connexions et l'Observatoire de conclure : "Au-delà, les références permanentes à la "toile" comme source d’informations et de services (parfois publics) ne peut qu’accroître le ressentiment d’une partie de la population qui n’y a pas accès. Reste, comme le note Fabien Granjon (voir "Comment résorber la fracture numérique"), que les inégalités se logent aussi, comme pour le livre, dans l’usage qui est fait de ce nouvel outil."

Voir aussi "un accès inégal aux nouvelles technologies"

27 février 2005

Le fosse numerique diminue vite, selon la Banque Mondiale

A l'occasion d'une des rencontres préparatoires du Sommet Mondial sur la Société de l'Information ayant eu lieu à Genève la semaine dernière, l'agence de Presse Reuters diffuse la dépêche suivante :

Le "fossé numérique" diminue vite, selon la Banque mondiale.

"Le "fossé numérique" entre pays riches et pays pauvres diminue rapidement, estime la Banque mondiale, mettant en question une coûteuse campagne des Nations Unies pour diffuser les hautes technologies de la communication dans les pays en développement.

Alors que quelque 1.700 experts internationaux se réunissent à Genève pour le Sommet mondial de la société de l'information, la Banque mondiale estime dans un rapport que les services de télécommunications des pays pauvres progressent fortement.

"Le fossé numérique se comble rapidement", selon le rapport. "Les populations des pays en développement ont un accès plus large et plus rapide qu'avant aux nouvelles technologies".

La moitié de la population mondiale bénéficie maintenant d'une connexion à une ligne de téléphone fixe et 77% à un réseau mobile, précise la Banque mondiale.

On dénombrait, selon le rapport, 59 millions de lignes fixes ou mobiles en Afrique en 2002.

Ce chiffre contredit la déclaration l'année dernière à une conférence de l'Onu du président sénégalais Abdoulaye Wade qui avait estimé qu'il y avait plus de téléphones à Manhattan que dans toute l'Afrique.

"A moins que les New-Yorkais n'aient 12 téléphones chacun, l'Afrique a maintenant bien plus de combinés que Manhattan", estime le rapport."

Or, la fracture numérique (ou fossé numérique) ne se résume pas uniquement aux questions d'infrastructures et encore moins de réseaux de télécommunication. On comprend là un glissement sémantique actuel du terme "fracture numérique" de plus en plus employé comme une expression techniciste relative :
- soit aux taux d'équipements en outils technologiques,
- soit comme désignant la différenciation entre les territoires possédant des infrastructures haut-débit et d'autres territoires dépourvus de connectivité à haut-débit.

Dans ces deux cas, la médiation humaine est complètement ignorée.

Les expressions "fracture numérique" et "fossé numérique" sont si galvaudées qu'elles ne signifient plus grand-chose dans bien des contextes énoncés!

21 février 2005

Les plus defavorises restent en retrait du cyberespace

Dominique Dardel nous signale une étude, dont le site L'Atelier du groupe BNP Paribas rend compte, qui met en lumière une réduction de la fracture numérique au niveau des femmes et seniors, mais où, de plus en plus exclusion sociale et fracture numérique se rejoignent :
"Les [populations] plus défavorisées et les moins rémunérées demeurent à l'écart du monde numérique. Ainsi, 38 % des personnes qui n'ont pas accès à Internet l'expliquent parce qu'ils n'ont pas d'ordinateur chez eux. 16 % évoquent le prix trop élevé des connexions (cette proportion passe à 26 % lorsqu'on prend en compte les Etats de l'Europe des 25).

Entre 2001 et 2003, la fracture numérique s'est réduite entre les différentes CSP. Il reste que seuls 25,2 % des hommes/femmes au foyer ont accès à Internet. Les chômeurs y ont accès à 38,6 % et les ouvriers à 40,3 %. En revanche, les personnes occupant des postes à responsabilité ont accès à Internet à 80,6 % dans l'Europe des 15 en 2003.

Le rapport conclut que l'accès à Internet et les compétences informatiques peuvent aider les gens à éviter de tomber dans la pauvreté et même à s'en sortir. Sans compétences informatiques, les difficultés rencontrées par les pauvres et les chômeurs de longue durée s'exacerbent, ce qui produit une lignée d'exclus de l'informatique. "

15 février 2005

Les cybercamelots de Montreal

L'accès des populations les plus défavorisées à l'informatique et à Internet ne date pas d'hier. C'est un long cheminement qui n'est pas encore pratique courante. Sur le site d'Artesi, Claude Virlogeux parle des cybercamelots de Montréal : "Retrouvé dans nos archives, cet article paru dans " Le Courrier de l'Unesco
" de février 1999, probablement rédigé, compte tenu des délais de fabrication dans le courant de l'année 1998, sur la mise à disposition d'Internet aux SDF de Montréal au Canada
." L'article en question se trouve sur le site d'Artesi.

25 janvier 2005

L'exclusion au feminin

L'hebdomadaire L'Express de cette semaine évoque le drame de l'exclusion au féminin, une exclusion qui vient de la précarité d'un emploi à bas salaire, souvent à temps non complet ou avec un salaire inférieur au SMIC et invite ces personnes à s'exprimer :

"La peur de l'exclusion plombe le moral des Français. 93% d'entre eux placent la pauvreté au premier rang de leurs préoccupations personnelles, révèle une enquête publiée le mois dernier par le ministère de l'Emploi. Ils sont 20% à penser que les femmes sont les plus vulnérables. Et ils ont raison: la précarité, en France, se décline souvent au féminin. «Les femmes sont plus nombreuses à tomber dans la pauvreté et elles ont moins de chances que les hommes de s'en sortir, observe Serge Paugam, directeur de recherche au CNRS et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, dont le petit dernier, Les Formes élémentaires de la pauvreté (PUF), paraîtra le 3 mars. Souvent moins qualifiées, fréquemment seules pour élever leurs enfants, elles ont moins d'opportunités d'accès à l'emploi et sont par-dessus le marché victimes de discriminations. En revanche, les hommes, eux, risquent plus la grande rupture et la marginalisation durable.»

La journaliste Véronique Mougin est partie à la découverte de ce continent noir des femmes pauvres. Elle en a rapporté un livre, "Femmes en galère" (La Martinière), enquête très fouillée sur celles qui vivent avec moins de 600 euros par mois, nourrie de témoignages émouvants et de statistiques accablantes. Deux chiffres donnent à eux seuls la mesure de leur détresse. 80% des salariés qui touchent moins que le Smic à la fin du mois sont des femmes. Résultat, la précarité est le lot quotidien de 5 millions de Françaises, selon l'institut européen Eurostat. Pourtant, ces abonnées aux temps partiels, aux CDD et aux jobs mal payés se taisent. «Pour protéger leurs proches, échapper à la stigmatisation, sauver la face en société», écrit Véronique Mougin. Il est temps de leur donner la parole."

Les récents articles des chercheurs belges Patricia Vendramin Gérard Valenduc indiquent que cette exclusion au féminin se retrouve aussi avec l'appropriation des TIC : ordinateur et internet.

Source :
Article de l'Express du 24/01/2005 : L'exclusion au féminin : Les nouvelles pauvres.

"Internet pour recreer un lien, une existence et une communication"

Un article paru dans la rubrique "fossé numérique," sur le site des Points Cyb (label de Points d'accès publics à l'Internet) relate le projet mené par Emmaüs autour du Cyberespace Agora et ensuite, le projet Internet de rue par ATD Quart Monde et d'autres.
Il est en ligne.
http://www.generationcyb.net/article.php3?id_article=419.

23 janvier 2005

Etude annuelle GFK pour SVM : Les Francais, la micro et l'internet : un tiers des francais pensent ne jamais s'equiper

L'étude annuelle GFK pour le magazine SVM sur "Les Français, la micro et l'internet" vient d'être publiée dans le numéro de février de ce même magazine avec comme titre "Les Francais craquent pour l'ADSL".

Un point de l'étude est consacrée à la fracture dite "numérique" avec un encadré : "Une fracture réduite... mais toujours sensible" :

"Le sondage SVM/GFK le démontre année après année, la micro et l'Internet se démocratisent et se répandent dans toutes les couches de la population. Ce qui n'a pas changé depuis l'an dernier, c'est le tiers de foyers français qui pensent ne jamais s'équiper.
Profil type du chef de famille sans micro : le plus souvent une femme ; majoritairement sans enfants et vivant dans une ville de moins de 100 000 habitants. On aurait tort de n'y voir que des "réfractaires" à l'informatique.
Le revenu des non-équipés est, en tout cas, nettement inférieur à celui des possesseurs de micro, et la proportion de sans-emploi est écrasante. Un tiers de ceux qui disent vouloir s'y mettre plus tard invoquent d'ailleurs l'aspect financier comme un frein."

Profil des foyers français :

Profil des non-équipés :
Age moyen : 56 ans
Revenu mensuel du foyer : 1751 Euros
% de femmes : 56
% de sans-emploi : 61,7
% de ruraux : 28,2
% possédant :
. une console de jeu : 19,5
. un appareil photo : 10

Profil des non-internautes avec PC :
Age moyen : 33 ans
Revenu mensuel du foyer : 2340 Euros
% de femmes : 43
% de sans-emploi : 8
% de ruraux : 24,5
% possédant :
. une console de jeu : 45,8
. un appareil photo : 24,5

Profil des internautes :
Age moyen : 37 ans
Revenu mensuel du foyer : 2956 Euros
% de femmes : 36
% de sans-emploi : 16,4
% de ruraux : 17,2
% possédant :
. une console de jeu : 44,8
. un appareil photo : 55,2

Il faut souligner que la méthodologie du sondage exclut de facto certaines populations exclues : ne possédant pas de téléphone fixe et habitants sans domicile.

Méthodologie : sondage réalisé à la mi-décembre 2004 par l'institut GFK auprès de 1004 foyers interviewés par téléphone sur plus de 20 questions. Ces foyers sont représentatifs de la population française d'après la méthode des quotas (selon les critères de sexe, d'âge, de profession, de région et de taille de la commune d'habitation).

Source :
SVM, numéro de février 2005.

22 janvier 2005

L'ordinateur a la maison favoriserait les habiletes en lecture des jeunes

Il y fait état dans un article de La Presse Canadienne que "L'ordinateur à la maison favoriserait les habiletés en lecture des jeunes". Ces chiffres sont basées sur une étude Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) qui a étudié différentes variables influençant les compétences en lecture des jeunes de 15 ans dans 32 pays, dont le Canada, en 2000.

"(...) Les habiletés en lecture des jeunes (Canadiens) de 15 ans croîtraient avec le nombre d'ordinateurs à la maison.

De ce volet de l'étude intitulée «Les répercussions de l'informatique sur les résultats en lecture des élèves de 15 ans», il ressort une association positive entre les résultats au test de lecture de ces jeunes et l'accès à l'ordinateur à la maison.

Ainsi, quand on compare le contingent d'élèves rapportant n'avoir aucun ordinateur à la maison à celui qui rapportait avoir un ordinateur à la maison, on remarque l'équivalent de plus de la moitié d'un niveau de compétence en lecture de plus chez ceux qui ont un ordinateur.

Cette association positive augmente même avec le nombre d'ordinateurs à la maison. Ainsi, les élèves disant avoir au moins trois ordinateurs à la maison avaient un rendement en lecture plus élevé d'un niveau de compétence complet, comparativement aux élèves sans ordinateur.

Toutefois, au Canada, c'est au Québec que la différence était la plus faible, au point de vue des habiletés en lecture, entre les élèves ayant un seul ordinateur à la maison et les élèves n'en ayant pas.

Fait intéressant, il existait une différence notable selon le sexe, aussi. Ainsi, le résultat au test de lecture des filles disant ne pas avoir d'ordinateur à la maison n'était statistiquement pas différent du résultat obtenu par les garçons ayant un ordinateur à la maison (...)

Au Canada plus de 30 000 jeunes ont participé au programme en 2000, provenant de 1000 écoles choisies au hasard dans les 10 provinces.

Pour les fins de l'étude, la compréhension de l'écrit des élèves était mesurée sous trois aspects: la capacité de retrouver des éléments d'information dans un texte, la capacité de l'interpréter et la capacité de l'analyser et de l'évaluer (...)."

Source :
L'ordinateur à la maison favoriserait les habiletés en lecture des jeunes.

20 janvier 2005

Le Cyberespace de l'Agora et Internet de Rue sur France 5 ce jeudi a 19h

Un reportage son-image sur le cyberespace de l'Agora (tourné cette semaine) a été diffusé le jeudi 20 janvier 2005 à 19h sur la chaîne de télévision française France 5 à partir de 19h dans le cadre de l'émission Cult de Ray Cokes. Il y est aussi évoqué Internet de Rue.

Le reportage est archivé sur le site Web de l'émission : Cult.fr.

17 janvier 2005

Les territoires de l'internet au programme des 9e rencontres d'Autrans (Agence France Presse)

Les territoires de l'internet au programme des 9e rencontres d'Autrans
(8/1/2005)

Les 9èmes rencontres de l'internet d'Autrans (Isère), grand rendez-vous annuel du monde du web en France, se dérouleront du 12 au 15 janvier autour du thème des "territoires de l'internet", ont annoncé vendredi les organisateurs.

Près de 300 chercheurs, enseignants, juristes, chefs d'entreprises, responsables de collectivités territoriales ou encore artistes sont attendus dans la petite station du Vercors pour débattre notamment des initiatives territoriales visant à développer l'internet.

Le ministre de l'équipement Gilles de Robien, devrait intervenir dans l'après-midi du vendredi 14 depuis la mairie d'Amiens (Somme) pour lancer le projet des télécentres, destinés à faciliter le développement du télétravail.

La dernière journée sera consacrée à la lutte contre les exclusions et aux moyens à mettre en oeuvre pour éviter la fracture numérique à la fois entre les personnes et entre les territoires. Des associations comme ATD Quart-Monde et Emmaüs feront part de leurs efforts pour que l'internet aide à recréer du lien social.

Quinze jours après la catastrophe en Asie, une réflexion sera aussi lancée sur le rôle de l'internet dans l'information sur la catastrophe, l'organisation des secours, la recherche des personnes disparues et la collecte des fonds.

- Dépêche de l'Agence France Presse

Internet descend dans la rue (01Net.)

Internet descend dans la rue

De centres d'accueil en structures itinérantes, des associations caritatives comme Emmaüs ou ATD Quart Monde multiplient les projets pour faire découvrir Internet et les nouvelles technologies aux populations les plus défavorisées. Avec l'appui logistique et financier, de l'Etat, de l'Europe et du mécénat privé.

Philippe Crouzillacq, 01net., le 11/01/2005 à 18h30

« Aujourd'hui on ne fait rien sans les nouvelles technologies. » Le constat dressé par l'association Emmaüs peut paraître brutal. Il éclaire en tout cas sur l'impérative nécessité de ne laisser personne en dehors de la révolution technologique véhiculée par Internet.

En novembre 2003, l'association ouvrait son premier cyberespace au sein de l'un de ses principaux sites parisiens : l'Agora. Aujourd'hui, après une pleine année d'exercice, l'heure est au bilan. Et les premiers chiffres sont encourageants. En 2004, la structure a accueilli 3 530 personnes (d'une moyenne d'âge de 38 ans) autour de deux usages principaux : la formation (bureautique et Internet) et le libre-service.

On y vient pour consulter de l'information, faire des démarches administratives ou se construire un réseau. « Le lien social se modifie avec Internet , explique-t-on chez Emmaüs. Des communautés se créent. Sur la question de l'hébergement, par exemple, nous avons pu constater combien la population russe sur Paris s'était particulièrement bien organisée. » L'écriture, et plus particulièrement le besoin d'écriture, est aussi au rendez-vous. « Pour certains utilisateurs, on est à la limite de la pathologie, détaille Emmaüs. Ils écrivent sans fin, leur vie à la rue, leur journal, sans structure syntaxique. Ils se déchargent. » L'association a également relevé certaines pratiques dictées par le bon sens. « Deux ou trois personnes ont autour du cou leur clé USB sur laquelle sont scannés tous leurs papiers. »

Quatre nouveaux points d'accès en 2004

Face au succès rencontré, une ouverture du cyberespace en soirée (à la belle saison) serait à l'étude. Dans la foulée du cyberespace, Emmaüs a multiplié les points d'accès informatique et Internet sur Paris et sa région. Courant 2004, « nous avons ouvert quatre nouvelles implantations : à Créteil ainsi que dans les 15e, 13e et 11e arrondissements », souligne Selimaj Shyqyri,