Declaration d'Autrans et lutte contre la grande pauvrete
A l'issue des rencontres d'Autrans 2007, a été rendue publique une "Déclaration des 11èmes Rencontres d’Autrans" (on peut la trouver ici en pdf). Dans ce texte, un des points mérite une attention particulière du point de vue de la lutte contre l'extrême pauvreté : "Tout citoyen a le droit d’avoir une identité numérique, au moins sous forme d’une adresse électronique."
En effet, nombreuses sont les personnes, les familles, à avoir des difficultés à obtenir une domiciliation. On connaît l'expression "sans domicile fixe", mais rarement ce que celà recouvre dans la vie... De même, nombreuses sont les personnes à avoir un abri (sous un pont, dans un bois, un camion,...) qui n'est pas reconnu comme un "domicile".
Ne pas avoir de domicile, c'est, souvent, être coupés d'un certain nombre de droits.
Bien sûr, il existe des associations reconnues qui légalement peuvent domicilier une personne. Mais ce service n'est pas toujours accessible à tous ("sans-papiers", "illégaux",...) ou bien, tout comme pour les hébergements d'urgence, les personnes concernées ne souhaitent pas -ou ne peuvent pas, par exemple à cause de la distance- utiliser ces services.
En France, pour de très nombreuses démarches, l'identification d'une personne n'est pas indépendante de son domicile. Combien de fois, pour telle ou telle démarche, ne fusse que de très simples comme l'inscription à une bibliothèque publique, ne demande-t-on pas une preuve d'un domicile.
L'adresse électronique, c'est une identité : c'est vous qui écrivez (et l'on peut réfléchir aux moyens de protéger cette identité et de la rendre unique). Mais c'est aussi une adresse : on parle de "boîte aux lettres électronique". Cette adresse est d'ailleurs souvent "domiciliée" sur un serveur ou chez un fournisseur d'adresses. Il existe aujourd'hui toute une palette d'adresses électroniques gratuites.
Dans les relations avec l'administration (telles que nous les avons observées dans le projet "Internet de rue"), on constate que le fait de communiquer par courrier électronique est parfois plus rapide et plus efficace (pour les personnes en situation de grande pauvreté) que d'autres moyens (par courrier, par téléphone, au guichet).
L'Etat progresse dans la dématérialisation d'un certain nombre de démarches (voir "le monde d'Adèle"). Se pose la question de la dématérialisation des actes en eux-mêmes et de leur certification. Il nous semble qu'en même temps que ces réflexions déjà engagées, celle du droit de tout citoyen à une identité numérique (garantie) devrait également être posée, en lui associant -ou non- ce que "mon service public" appelle un "coffre-fort de documents" ou ce que d'autres dans une perspective de promotion professionnelle appellent un e-portfolio.










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