Nous ne sommes pas des unites statistiques
Dans un récent rapport, Eurostat constate la "réduction de la fracture numérique" en comptabilisant le nombre de ménages ayant un ordinateur et une connection Internet. La Commissaire européenne, Viviane Reding, prône quant à elle l'accès gratuit à Internet pour combatre l'exclusion sociale, reprenant en celà ses propos de 2004.
C'est bien méconnaître la réalité. Toute notre expérience, et celle de nombreux acteurs de terrain de l'accès à Intenet montre que ce n'est pas la connection qui crée le besoin, mais bien l'utilité réelle que les familles les plus pauvres voient dans l'usage d'Internet qui les amènent à l'utiliser.
L'exemple du téléphone portable, pourtant très répandu, lui, chez ces familles n'a pas été analysé. On a là un outil permettant de rester en lien avec sa famille, en particulier des enfants placés, de chercher du travail où qu'on soit, d'être joint par un travailleur social, etc. Un outil que l'on peut renouveler facilement, contrairement au téléphone fixe qui nécessitait d'avoir un logement, une adresse et qui, lorsqu'il était coupé pour impayés plongeait les familles dans une longue période où elles étaient coupées du monde.
Même si, en Inde - bien en avance sur nos pays -, on travaille à un ordinateur à 10 $, les coûts ne sont pas les seuls obstacles à l'utilisation d'Internet. L'illettrisme - encore très présent dans nos pays industrialisés-, même s'il n'est pas un obstacle à la découverte de l'orinateur, en est un à son usage répété. Et que dire de l'acquisition des nouvelles copétences nécessaires au maniement de cet outil. Ou encore du manque de contenus intéressant directement la vie quotidienne de ces familles...
Non, décidément, raisonner en terme d'unités statistiques n'est pas une perspective politique fiable.









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