Je me permets de reproduire un article que vous trouvez ici
L’exclusion progresse, les associations crient à l’aide
Un million de érémistes, 6 % de la population en dessous du seuil de pauvreté, 2 millions et demi de chômeurs. Malgré des avancées législatives importantes, les chiffres de l’exclusion ne cessent de progresser en France. Pour son dixième anniversaire, le réseau Alerte, qui fédère une quarantaine d’associations (ATD Quart-Monde, Secours catholique, Emmaüs...) souhaite donner un nouveau souffle à sa lutte, en travaillant désormais main dans la main avec les partenaires sociaux.
Les exclus
moins bien compris
Entreprises, syndicats et associations se retrouveront donc le 26 mai prochain au Conseil économique et social pour une journée d’études, dont le contenu a été dévoilé hier à la presse, au siège parisien de l’Union nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (UNIOPSS). Objectif : poser les bases d’une coopération nouvelle et agir au coeur du système économique, à l’origine du phénomène d’exclusion. « Nous ne pouvons plus nous contenter de gérer la misère, il faut s’attaquer à ses racines, commente Marie-Thérèse Join-Lambert, présidente de commission à l’UNIOPSS. C’est pourquoi la lutte contre la pauvreté ne peut plus demeurer l’affaire des seules associations. Il est devenu absurde de travailler chacun de notre côté. »
L’initiative a été diversement accueillie mais les représentants d’associations se disent « agréablement surpris par la réaction des syndicats ». Alors qu’il y a dix ans, ils avaient boudé le premier Pacte de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, ils participeront cette fois en nombre à la journée du 26 mai. « L’apparition des travailleurs pauvres a suscité une prise de conscience, estime Bruno Groues, de l’UNIOPSS. Les syndicats ont compris que nous nous adressions désormais aux mêmes publics et défendions les mêmes droits. » Bernard Maye, de Médecins du monde, partage ce constat : « Souvent, les précaires connaissent mal les structures de prise en charge et se retrouvent exclus du système de soins. Aujourd’hui, le Syndicat de la médecine générale semble prêt à s’ouvrir pour mieux informer ses usagers », estime-t-il.
À terme, les associations espèrent aussi modifier l’opinion du public sur le sujet. « Les sondages montrent un durcissement important de la population vis-à-vis des exclus. Trop souvent, on leur attribue la responsabilité de leur situation, alors qu’ils sont victimes du système », s’émeut Marie-Thérèse Join-Lambert. « Les aides d’urgence sont indispensables, mais à terme elles donnent le sentiment que les exclus sont des assistés. Même pour ceux qui en bénéficient, ce n’est pas satisfaisant », analyse à son tour Philippe Mevel, d’ATD Quart-Monde. Un écueil qui ne pourra être évité qu’en agissant sur les causes de cette exclusion.
« Ne pas précipiter
le mouvement »
L’heure est encore au constat. Il faudra sans doute attendre la journée du 26 pour connaître les premiers résultats concrets de cette initiative. Plusieurs tables rondes sont en effet prévues, afin de faire naître le dialogue entre les associations et les partenaires sociaux, qui signeront ensuite un « appel commun pour une nouvelle coopération ». « Ce dont nous avons besoin aujourd’hui est une vraie réflexion de fond, explique Marie-Thérèse Join-Lambert. Il ne faut surtout pas précipiter le mouvement. »
Florence Morice
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