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  • Jean-Pierre Pinet
    Responsable du projet
    "Internet de Rue"

    jeanpierre.pinet
    (AT)atd-quartmonde.org


    Bruno Oudet
    Responsable Scientifique
    bruno.oudet(AT)imag.fr

Projet labellise

Decouvrez le projet Internet de Rue

  • Le projet Internet de rue a telecharger en .rtf
    [Re]création du lien social à partir des TIC en allant au-devant des familles les plus pauvres. Développer et valider par une recherche/action à Paris et dans le Val d'Oise une démarche de sensibilisation et d'utilisation des TIC par des parents ou jeunes adultes de familles en situation de grande pauvreté afin de contribuer à la [re]-création du lien social. Démarche au départ individuelle et mise en oeuvre au plus proche des lieux de vie de ces personnes et notamment dans la rue, sur les pas de porte… Tirer le meilleur parti de l'expérience déjà accumulée dans les points d'accès publics recueillie lors d’une enquête auprès de ces espaces. Résultats du projet : - un site de référence sur le thème de l’utilisation des TIC comme outil pouvant contribuer à l'inclusion sociale, - la réalisation d'un document d'accompagnement des familles les plus pauvres pour l'appropriation des TIC incluant les aspects techniques (quels matériels, quels logiciels), des points de repères pour réussir, des erreurs à éviter, des propositions d’amélioration, en particulier de sites (services) publics.
  • Uses Of Internet Project (in English) to download in rtf. format
    This project is about developing and verifying through action research in Paris and the Val d'Oise (France), the raising of awareness and promotion of ICT use by parents or young adults living in extreme poverty, with the ultimate aim of contributing to the [re] creation of social interconnectedness. Initially, this approach will be carried out on an individual basis, in close proximity to where these people live, e.g. in the street, on the doorstep, derived largely, from the experience already accumulated in the public internet access points, from a survey of these areas. The results will be: - a portal website in French about digital divide, - an internet guide to ICT use as a means to achieving social inclusion, a document about accompaniment in ICT use of families in extreme poverty, including the technical aspects (what equipment, what software), reference points for succeeding, mistakes to avoid, suggestions for improvement, in particular for public service websites.

21 mai 2007

Nous ne sommes pas des unites statistiques

Dans un récent rapport, Eurostat constate la "réduction de la fracture numérique" en comptabilisant le nombre de ménages ayant un ordinateur et une connection Internet. La Commissaire européenne, Viviane Reding, prône quant à elle l'accès gratuit à Internet pour combatre l'exclusion sociale, reprenant en celà ses propos de 2004.

C'est bien méconnaître la réalité. Toute notre expérience, et celle de nombreux acteurs de terrain de l'accès à Intenet montre que ce n'est pas la connection qui crée le besoin, mais bien l'utilité réelle que les familles les plus pauvres voient dans l'usage d'Internet qui les amènent à l'utiliser.

L'exemple du téléphone portable, pourtant très répandu, lui, chez ces familles n'a pas été analysé. On a là un outil permettant de rester en lien avec sa famille, en particulier des enfants placés, de chercher du travail où qu'on soit, d'être joint par un travailleur social, etc. Un outil que l'on peut renouveler facilement, contrairement au téléphone fixe qui nécessitait d'avoir un logement, une adresse et qui, lorsqu'il était coupé pour impayés plongeait les familles dans une longue période où elles étaient coupées du monde.

Même si, en Inde - bien en avance sur nos pays -, on travaille à un ordinateur à 10 $, les coûts ne sont pas les seuls obstacles à l'utilisation d'Internet. L'illettrisme - encore très présent dans nos pays industrialisés-, même s'il n'est pas un obstacle à la découverte de l'orinateur, en est un à son usage répété. Et que dire de l'acquisition des nouvelles copétences nécessaires au maniement de cet outil. Ou encore du manque de contenus intéressant directement la vie quotidienne de ces familles...

Non, décidément, raisonner en terme d'unités statistiques n'est pas une perspective politique fiable.

12 décembre 2005

Presentations des resultats des projets EXPERT et PSAUME

(Reprise de l'article publié sur Marsouin)

(Nicolas Jullien, Annabelle Boutet, Olivier Trédan, Hélène Trellu, 21 novembre 2005)

Il s’agit des présentations succintes des projets, les travaux détaillés sont disponibles sur http://psaume.infini.fr et http://expert.infini.fr

Contexte des travaux.  (Nicolas Jullien) Lien vers la présentation (.pdf)

Première partie. L’accès à l’informatique et à Internet.

I) Usage et non usage d’Internet. Qui, pourquoi ?
Présentation d’une enquête quantitative réalisée en Bretagne. (Nicolas Jullien) Lien vers la présentation.

II) Un focus sur les usages des populations socialement éloignées (Smaïl Hadj Ali). (pas de présentation en ligne).

III) Les dispositifs d’accès. Le rôle primordiale de l’intermédiaire. (Annabelle Boutet et Hélène Trellu) Lien vers la présentation.

Deuxième partie. Proposer du contenu sur le Web.

I) L’écrit public n’est pas l’expression publique. Le contre-exemple des blogs. (Olivier Trédan) Lien vers la présentation.

II) Les outils facilitent l’appropriation de l’écrit public, pas forcément le débat public (exemple à l’association Infini) (Aude Barthélemy). Lien vers la présentation.

III) L’expression publique sur le Web, une démarche complexe (Olivier Trédan) Lien vers la présentation.

IV) L’expression en ligne, la citoyenneté. L’expérience de Place Publique. (Anne Dhoquois) (Pas de présentation en ligne)

23 novembre 2005

La fracture numerique en Europe

"Dans l’UE des 25, 85% des étudiants (âgés de 16 ans ou plus, à l’école ou à l’université) ont utilisé Internet au cours du premier trimestre de 2004, tout comme 60% des employés, 40% des sans-emploi et 13% des personnes retraitées, alors que la moyenne dans l’UE des 25 pour les personnes âgées entre 16 et 74 ans est de 47%. On retrouve ce même fossé en fonction du statut professionnel ou du niveau d’éducation: seulement 25% des personnes ayant accompli au mieux des études de niveau secondaire inférieure ont utilisé Internet au cours du premier semestre 2004, alors que la proportion monte à 52% pour celles qui ont accompli des études de l’enseignement secondaire et à 77% pour les universitaires.

Ce qu’on appelle la «fracture numérique» a plusieurs origines: le manque d’infrastructure ou d’accès, l’absence d’incitation à l’utilisation des TI, l’insuffisance des connaissances et compétences informatiques nécessaires pour participer à la société de l’information".

Eurostat, Statistiques en bref, Industrie, Commerce et Services, 38/2005: La fracture numérique en Europe (pdf).

Selon ce rapport, la "fracture numérique" continue d'être technique et/ou de reposer sur des "incapacités" des utilisateurs. Cette vision nous semble de plus en plus masquer la réalité qui est celle d'un accroissement de la fracture sociale. En France, alors que le chômage tourne autour de 5.6 % des groupes entiers de population dans les Zones Urbaines Sensibles avoisinent 40 % (Observatoire des inégalités) ; 9 % des personnes scolarisées en France sont proches de l'illettrisme (Observatoire des inégalités) ; le revenu moyen des ménages pour l’ensemble de la France est de 50 % plus élevé que le revenu moyen de ceux qui habitent dans les zones urbaines (Observatoire des inégalités), d'où, on le comprendra, le fait que l'équipement et la connexion à Internet ne soient pas couvert...

En Europe, selon les rapports officiels, "la pauvreté est restée stable entre 1995 et 1997 à environ 18% (60% du revenu médian) avec de fortes variations au sein de l’Union. Fin 2003, on constatait que le niveau de pauvreté (calculé selon la même norme de 60% ou moins du revenu médian) n'a que faiblement fléchi entre 1997 et 2001 (dernières données disponibles), passant de 16 à 15%.". Mais "la question du calcul des niveaux de pauvreté est partout posée. Le critère le plus souvent retenu en Europe est celui du 60% du revenu médian (50% au Canada), mais plusieurs mettent en doute son utilité" (Politiques Sociales.net) et surtout ces chiffres sont de plus en plus contestés par le monde associatif qui, au contraire parle d'accroissement de la pauvreté sur ces mêmes périodes.

02 août 2005

Femmes et fracture numérique en Afrique francophone

En prélude à la Journée de la Femme Africaine 2005, le Reseau Genre et TIC (une initiative en partenariat ENDA-ART-OSIRIS) présente au public le livre "Fracture numerique de genre en Afrique francophone : une inquietante realité".

Cet ouvrage publie par ENDA, presente les resultats d'une recherche menee depuis pres de deux ans dans six pays (Benin, Burkina Faso, Cameroun, Mali, Mauritanie et Senegal), avec l'appui du Centre de Recherches pour le Developpement International (Canada).

Les resultats de recherche attestent que les femmes ont globalement un tiers de chance en moins que les hommes de beneficier des avantages de la societe de l'information en Afrique francophone. A l'heure ou les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont investies de la mission de lutter contre la pauvrete, cela appelle de la part des decideurs la mise en oeuvre de politiques hardies pour une societe plus juste et inclusive en termes de genre.

Source :

Voir : Fracture numérique de genre en Afrique francophone : données et indicateurs

25 juillet 2005

Recherches et reflexions

Viennent d'être mis en ligne les 14 communications présentées au troisième séminaire M@rsouin qui s'est tenu les 30 juin et premier juillet 2005. Elles donnent un aperçu fort intéressant de l'évolution du web aujourd'hui et permettent de se rendre compte dans quels contextes peuvent prendre place les liens des personnes en situation d'extrême précarité avec l'informatique et Internet.
En lien avec les actions que nous développons, nous retiendrons en particulier le compte-rendu de l'étude sur l'appropriation des TIC dans le cadre d'un quartier brestois mais aussi l'étude sur l'introduction d'objets technologiques au domicile des personnes âgées (projet T@PA) à cause de la mise en évidence de la dimension relationnelle, proche de celle que nous rencontrons.

On retiendra aussi les réflexions d'Yves Bucas-Français concernant l'importance de l'écrit et les liens entre expression et motivation à apprendre sur le blog du Cyberagora d'Emmaüs (article du 18 juillet). A ce sujet, nous avions déjà fait mention d'une étude belge sur la question (en bas de cet article).

01 juin 2005

Publication d'une etude americaine sur l'apport de l'Internet aux enfants

Cette étude cherche à évaluer les apports de l'utilisation des TICs sur les enfants. Quatre apports sont mis en avant:

* l'amélioration de la santé: liens plus étroits entre les docteurs et leurs patients, le suivi du traitement de maladies chroniques, les informations disponibles sur le contrôle des naissances, la grossesse, le SIDA...
* la réussite dans l'éducation: meilleurs résultats, plus grande assiduité, comportement à l'école en soulignant bien que ces gains ne peuvent être dissociés d'autres facteurs (enseignements mieux formés...)
* l'apport dans le travail: préparation à de meilleurs emplois, localisation d'emplois et dépôts de candidatures
* la participation à la vie de la communauté: augmentation du sens civique, participation à des discussions.

On est bien entendu dans le contexte américains avec un déploiement plus ancien et plus large de l'Internet, un optimisme "naturel" quant à l'impact des TICs. Mais on trouvera dans cette étude, outre ses propres conclusions, de nombreuses références bibliographiques et des statistiques sur l'ampleur du fossé numérique (les enfants de familles avec un revenu annuel de plus de 75 000 $ ont deux fois plus de chance d'être connectés au réseau à la maison que les enfants de familles ayant un revenu de moins de 15 000$, et cette inégalité se retrouve au niveau du débit des connexions) qui ne se résorbe guère par rapport à l'étude réalisée il y a dix ans (les enfants américains et les autoroutes de l'information).

En résumé des impacts positifs mais pas pour tout le monde. Et aussi des remarques intéressantes: les enfants de famille à faible revenus télé-chargent plus d'études que les autres, se rendent chez des médecins trouvés plus souvent sur l'Internet, et s'expriment plus souvent dans les forums. De quoi contredire une fois encore l'idée que l'Internet ce n'est pas pour les pauvres.

21 avril 2005

Conseil de l'Emploi, des Revenus et de la Cohesion sociale : bulletins documentaires

Le Conseil de l'Emploi, des Revenus et de la Cohésion sociale (C.E.R.C., 113 rue de Grenelle, 75007 Paris) présidé par Jacques Delors...

("Le Conseil est composé d'un président, de six membres choisis à raison de leur compétence et de leur expérience dans les domaines d'étude du conseil (nommés par décret du Premier ministre du 29 juillet 2004) et de deux membres de droit : le directeur général de l'Institut national de la statistique et des études économiques (I.N.S.E.E.) et le directeur de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (D.R.E.E.S.).")

... propose des bulletins documentaires chaque quinzaine.
" Les textes retenus portent sur l'ensemble des thèmes de travail en cours au C.E.R.C.. Ils sont classés en quatre catégories : pauvreté, emploi, revenu, autres données sociales (...) Ils sont, dans la mesure du possible, accompagnés d'un résumé."

Des ressources très intéressantes sur la pauvreté à consulter en ligne :
Bulletin documentaire du C.E.R.C..

25 mars 2005

L'annee Internet 2004 : Internet, acte II (resultats de l'enquete annuelle Mediametrie)

L'institut de sondage Médiamétrie vient de mettre en ligne sur un site Web spécifique en Flash, les résultats de son enquête annuelle sur la couverture en débit et les usages de l'Internet en France : L'année Internet 2004 : Internet, acte II : une nouvelle page de l'histoire s'ouvre.

Quelques points à relever :

- Au 4e trimestre 2004, la France compte près de 24 millions d'internautes (âgés de plus de 11 ans) soit 46% de cette population. Si ce chiffre peut impressionner, il est nullement indiquer une répartition par Catégories Socio-Professionnelles (C.S.P.).

- L'équipement des Français met l'accent sur la portabilité : le taux d'équipement en baladeurs mp3, ordinateurs portables, appareils photos numériques et camescopes numériques explose auprès du grand public.

- La diffusion des familles d'usages "éducation - emploi" et "sites gouvernementaux" augmentent avec une connexion haut débit. En revanche, les familles d'usages "recherche & communautés" et "informations" sur le Web sont peu liées à des questions de débit.

- Les outils de communication interpersonnels utilisés demeurent par classement d'utilisation : le courrier électronique (à une écrasante majorité) devant la messagere instantanée puis le chat (clavardage).
Toutefois, la messagerie instantanée fait une percée significative : utilisation en augmentation de 6% en décembre 2004 (par rapport à décembre 2003).

Enfin, la téléphonie sur Internet se développe fortement : il y a 505 000 utilisateurs du logiciel Skype en France.

Plus d'infos :
Les résultats complets de l'enquête Médiamétrie (au format .pdf).

09 mars 2005

La diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la societe francaise (barometre 2004) : les conditions sociales et les niveaux scolaires jouent un role dans l'appropriation de l'internet

L'enquête de l'A.R.T. (Autorité de Régulation des télécommunications) et C.G.I. (Conseil Général des technologies de l'Information), réalisée par le CREDOC qui porte sur les usages des technologies de l'information et de la communication dans la société française (juin 2004) (échantillon représentatif de la population française de 2222 personnes, dont 209 adolescents âgés de 12 à 17 ans) souligne plusieurs points ayant trait à la fracture numérique :

"En juin 2003, 48% des personnes de 12 ans et plus disposaient d'un PC à domicile, pour 53% un an plus tard. Les trois quarts des adolescents vivent dans un logement où il y a au moins un ordinateur, ainsi que 85% des cadres, et 65% des habitants de l'agglomération parisienne. En revanche, moins d'un ouvrier sur deux peut accéder à un micro-ordinateur à son domicile, et une personne sur quatre parmi les 60-69 ans."

"Les personnes qui n'utilisent pas d'ordinateur : 44% de la population. La moitié de ces personnes ont 60 ans ou plus (pour un quart dans l'ensemble de la population), et plus de 80% n'ont pas dépassé le BEPC (pour 56% dans l'ensemble de la population)."

L'étude complète peut être téléchargée en .pdf à cette adresse.

28 février 2005

Toujours la "fracture numerique"...

Un article paru dans l'Observatoire des Inégalités, se fondant sur des données du Crédoc semble moins optimiste que d'autres sur la résorption de la "fracture numérique". "L’accès à Internet à domicile est loin d’être généralisé dans notre société, contrairement à ce que laissent penser de nombreux discours. (...) Entre juin 2003 et juin 2004, les inégalités sociales se sont encore accrues en la matière, le taux d’équipement  augmentant de 10 points chez les cadres contre 2 points chez les employés..."
Evidemment, cette fracture ne peut uniquement se mesurer en termes quantitatifs de connexions et l'Observatoire de conclure : "Au-delà, les références permanentes à la "toile" comme source d’informations et de services (parfois publics) ne peut qu’accroître le ressentiment d’une partie de la population qui n’y a pas accès. Reste, comme le note Fabien Granjon (voir "Comment résorber la fracture numérique"), que les inégalités se logent aussi, comme pour le livre, dans l’usage qui est fait de ce nouvel outil."

Voir aussi "un accès inégal aux nouvelles technologies"

25 février 2005

Un nouveau rapport de l'Union Europeenne

"Selon un nouveau rapport de l’Union européenne, les femmes et les personnes âgées franchissent la fracture numérique, mais les pauvres marquent toujours le pas.

Le rapport conclut que l’accès à Internet et les compétences informatiques peuvent aider les gens à éviter de tomber dans la pauvreté et même à s’en sortir. Toutefois, il faudrait pouvoir disposer d’informations supplémentaires, en particulier en provenance des sources nationales, pour mieux cibler les politiques visant à permettre aux gens d’accéder à la société de l’information. À défaut, l’Europe pourrait devenir plus bipolaire encore qu’elle ne l’est, avec d’un côté ceux qui prennent le train de l’informatique et, de l’autre, ceux qui restent sur le quai.

Sans compétences informatiques, les difficultés rencontrées par les pauvres et les chômeurs de longue durée s’exacerbent, ce qui produit une lignée d’exclus de l’informatique. Dans le prolongement de l’étude qu’elle a effectuée en 2001, le rapport de la Commission indique que la participation numérique et sociale apparaît clairement et "intimement liée dans une société qui devient de plus en plus technique."

Pour surfer sur le Net, il faut des compétences de base comme l’aptitude à la lecture, et bon nombre de contenus s’adressent aux personnes qui ont suivi des études. Le rapport cite aussi des exemples de personnes qui ont commencé à suivre des cours d’informatique et ont ensuite abandonné lorsqu’elles se sont rendues compte qu’aucun contenu ne les intéressait..."

Malheureusement, ce rapport, s'il met en valeur une réalité... ne traite pas totalement de la façon d'y remédier : si aucun contenu n'intéresse les personnes qui se forment... comment faire, quels investissements pour que, sur Internet, il y ait des contenus qui intéressent AUSSI les personnes pauvres et très pauvres ? L'europe est-elle prête à investir pour que ces personnes elles-mêmes créent des contenus... au nom d'une vision citoyenne ?

Lire l'article complet et avoir accès au rapport.

On trouvera également un bon commentaire de ce rapport sur le site de l'Artesi.

19 janvier 2005

Evaluation du dispositif d’accès public à Brest : Analyse et propositions

La ville de Brest publie une étude d'observation du dispositif des 60 Points d'accès public à Internet, six ans après le lancement du premier afin d'orienter sa politique par la prise en compte de l'appropriation par les personnes éloignées, de l'équité d'accès aux services publics en ligne et de la diffusion des nouvelles cultures numériques. La synthèse mise en ligne – articles et documents attachés sous contrat Creative Commons -, comporte trois parties : l'offre d'accès, la demande et les pratiques des usagers et les propositions d'évolution ainsi que la démarche globale d’évaluation : www.a-brest.net/article1105.html

27 décembre 2004

Un guide et des données utiles

L'association Créatif vient de publier un nouveau Guide pédagogique "Aller au devant des publics les plus éloignés", qui à la fois fait le point de la pensée sur la question et présente quelques expériences. Le projet "Internet de rue" y a bien entendu participé. La page en lien ci-dessus en présente le sommaire.

Sur cette même page, on trouvera aussi des liens utiles :
- repères sur l'illettrisme
- repères sur la pauvreté
L'un et l'autre sont en augmentation, notamment en France.

24 décembre 2004

Présentation du projet à l'Unesco

J'ai eu l'occasion de présenter le projet "Internet de rue" à l'Unesco dans le cadre de la Commission Programmatique Mixte ONG - Unesco "Eradication de la Pauvreté, particulièrement de l'extrême pauvreté", où siège le Mouvement Atd Quart Monde. Le thème de séance était "Donner la parole aux sans-voix".

De nombreuses associations, organismes, disent aujourd'hui "donner la parole aux sans voix". Atd Quart Monde a sa propre expérience, fondée sur plus de 40 ans de proximité des plus pauvres. Si nous cherchons à ce que des personnes vivant des situations de grande pauvreté s'expriment, c'est pour leur permettre d'être, avec d'autres, actrices d'un changement, pour elles-mêmes, leur famille, l'ensemble des autres personnes vivant les mêmes situations... et la société. Cette "prise de parole des sans voix" est, pour nous, bien plus que l'exercice d'un "droit à l'expression" ou d'une "liberté d'expression". A l'image de ce qui existe dans d'autres milieux sociaux, pour qu'une prise de parole amène à un changement de la réalité, il faut qu'elle soit l'aboutissement d'un dialogue.
Dans ce cadre-là, "donner la parole" aux personnes qui vivent des situations d'extrême pauvreté demande des conditions, un cheminement pour arriver à un résultat. Les programmes Quart Monde - Université et Quart Monde - Partenaires que le Mouvement Atd Quart Monde continue de mener en sont une illustration.
Dans le projet "Internet de rue", nous envisageons dans les mois qui viennent de mettre en place, dans cet esprit, un espace d'expression où nous privilégierons la prise de parole des personnes en situation de grande pauvreté sur l'actualité, les questions de société.

Deux autres personnes sont intervenues lors de cette séance, dont Mme Stella Hugues, chef de section "Média et Société" à l'Unesco. Elle y a présenté un très intéressant programme qui associe radio et télécentres, intitulé "Centres Multimédias Communautaires" (CMC). L'un des aspects de ce programme est le "radio-surf" où des spécialistes commentent en direct sur les ondes de la radio, en langue locale, des pages web sur différents sujets : santé, agriculture, micro-crédit,... Ce programme s'est axé en particulier sur l'appropriation locale des projets (il fait, entre autres, de nombreuses interviews sur le terrain), sur la recherche de technologies adaptées (la radio-valise, la lampe à pétrole récepteur FM,...) , le développement d'activités rénumératrices tout en offrant des services à prix coûtant voire gratuits aux plus démunis. Lancé en janvier 2001, les CMC ont abouti à la création de 45 centres dans différents pays et le Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI) a conduit à son développement à grande échelle, avec l'idée d'en faire un service public.

Références :
Section du portail de l'Unesco sur les Centres Multimédia Communautaires
Présentation du guide en français. Il existe aussi un CDRom de présentation, disponible sur demande à l'Unesco.
Téléchargement du guide en français (147 p. - 4 Mo)

17 octobre 2004

Internet et inegalites, un constat a rappeler a l'occasion de la Journee Mondiale du Refus de la Misere

A la triste occasion de la Journée Mondiale du Refus de la Misère, le blog Netlex propose une impressionnante série de liens qui constituent des points de repères sur la pauvreté en France, les indicateurs de l'exclusion et des pointeurs vers le travail des Organisations Non Gouvernementales (O.N.G.) à travers un long article très documenté : Journée Mondiale du Refus de la Misère : le plus grand scandale est l'indifférence.

Il consacre un chapître sur le thème Internet et Inégalités et fait part de ce constat :
"En 2004, la fracture numérique ne s'est pas résorbée. La moitié de Français qui utilisent internet au bureau ou chez eux se recrute surtout chez les cadres supérieurs (89 %), dans les foyers aux revenus aisés (76 %), chez les moins de 35 ans (65 %). Chez les "non-connectés", un sur deux se montre intéressé par le fait de disposer d'un accès Internet à domicile, quand 40% de réfractaires se déclare "pas intéressé du tout"".

Ceci est un extrait de l'article Internet, la révolution à deux vitesses, daté du 17 février 2004, par l'institut de sondages Ipsos, qui rappelle, chiffres à l'appui, que l'Internet est "un phénomène encore élitiste" et souligne les motivations pour "devenir internaute" :
"En dehors du prix, l’argument "Formation" est lui aussi très important. 35 % des non-Internautes pourraient être motivés par un accompagnement pédagogique. Cette population est essentiellement composée de revenus intermédiaires inférieurs (45 %) et de plus de 35 ans (37 %), contre 27 % des moins de 35 ans."

De même : "seulement 46 % [des Français] se déclarent intéressés par le fait de posséder une connexion Internet chez eux contre 39% de particulièrement réfractaires : les retraités (60 %), les foyers aux revenus modestes (50 %), les bas niveaux d’étude (49 %)."
Les corrélations fossé numérique avec un niveau de revenus modestes et faible niveau d'études sont ici clairement caractérisés.

Enfin, Netlex pointe vers un article de l'A.F.N.E.T. : La "fracture numérique" existe-t-elle ? avec ce résumé :
"Ce texte est la traduction française de l'article "Does the 'Digital Divide' Exist?," publié dans l'ouvrage Globalization and its new divides: malcontents, recipes, and reform (dir. Paul van Seters, Bas de Gaay Fortman & Arie de Ruijter, Dutch University Press, Amsterdam, 2003), qui fait suite au colloque Sustainable Ties in the Information Society (Tilburg, Pays-Bas, 26-28 mars 2003).
Il commence par une analyse des discours relatifs à la notion de «"fracture numérique " : quels que soient leurs auteurs (politiciens, experts du G8, militants), ces discours utilisent essentiellement deux ingrédients : le déterminisme technique et la confusion entre l'information et son support. Ensuite, on évalue la qualité et les fonctions des mesures de cette "fracture numérique" : celles-ci servent avant tout à légitimer a posteriori cette dernière, et à émettre des préjugés grossiers sur les nations et les sociétés à partir d'un seul indicateur, le pourcentage d'internautes de chaque pays. Enfin, on rappelle les potentialités de l'écriture numérique, et les connaissances requises pour en tirer parti. Celles-ci sont sans surprise liées aux formes traditionnelles de capital (économique, social, intellectuel). Par suite, les personnes qui profitent des capacités mentales offertes par l'informatique sont peu nombreuses. Derrière cette prétendue « fracture » et son remède (les investissements dans l'équipement), on découvre alors une profonde ségrégation cognitive consécutive à la diffusion des systèmes d'écriture numérique.
Eric Guichard - INRIA - ENS Eric.Guichard @ ens.fr"

28 septembre 2004

Forums entre malades

L'Observatoire des Usages de l'Internet publie une étude sur "Un forum par Internet, pour des malades et familles touchés par l’ataxie de Frie".

Le lien avec notre sujet est surtout le fait que ces personnes se sentaient isolées, reclues, inutiles. Elles ont trouvé là -parmi d'autres choses sans doute- une possibilité de re-créer du lien social, de l'utilité humaine.

Sans doute serait-il un jour intéressant de pouvoir, par le biais d'associations par exemple, mettre en valeur ceux qui ainsi permettent de tisser des liens avec d'autres ?