Contacter les coordinateurs du projet



  • Jean-Pierre Pinet
    Responsable du projet
    "Internet de Rue"

    jeanpierre.pinet
    (AT)atd-quartmonde.org


    Bruno Oudet
    Responsable Scientifique
    bruno.oudet(AT)imag.fr

Projet labellise

Decouvrez le projet Internet de Rue

  • Le projet Internet de rue a telecharger en .rtf
    [Re]création du lien social à partir des TIC en allant au-devant des familles les plus pauvres. Développer et valider par une recherche/action à Paris et dans le Val d'Oise une démarche de sensibilisation et d'utilisation des TIC par des parents ou jeunes adultes de familles en situation de grande pauvreté afin de contribuer à la [re]-création du lien social. Démarche au départ individuelle et mise en oeuvre au plus proche des lieux de vie de ces personnes et notamment dans la rue, sur les pas de porte… Tirer le meilleur parti de l'expérience déjà accumulée dans les points d'accès publics recueillie lors d’une enquête auprès de ces espaces. Résultats du projet : - un site de référence sur le thème de l’utilisation des TIC comme outil pouvant contribuer à l'inclusion sociale, - la réalisation d'un document d'accompagnement des familles les plus pauvres pour l'appropriation des TIC incluant les aspects techniques (quels matériels, quels logiciels), des points de repères pour réussir, des erreurs à éviter, des propositions d’amélioration, en particulier de sites (services) publics.
  • Uses Of Internet Project (in English) to download in rtf. format
    This project is about developing and verifying through action research in Paris and the Val d'Oise (France), the raising of awareness and promotion of ICT use by parents or young adults living in extreme poverty, with the ultimate aim of contributing to the [re] creation of social interconnectedness. Initially, this approach will be carried out on an individual basis, in close proximity to where these people live, e.g. in the street, on the doorstep, derived largely, from the experience already accumulated in the public internet access points, from a survey of these areas. The results will be: - a portal website in French about digital divide, - an internet guide to ICT use as a means to achieving social inclusion, a document about accompaniment in ICT use of families in extreme poverty, including the technical aspects (what equipment, what software), reference points for succeeding, mistakes to avoid, suggestions for improvement, in particular for public service websites.

08 mars 2007

Elections et fracture numerique

On ne peut pas dire que la question de la "fracture (ou du fossé) numérique" ait envahi la campagne électorale, pas plus que la lutte contre la pauvreté ou celle contre la fracture sociale. Heureusement que les "Enfants de Don Quichotte" ont, un moment, pu faire braquer les projecteurs sur eux et sur ceux qui se retrouvent à la rue ou mal logés.

Petit-à-petit cependant, les mentalités évoluent. Ainsi, dans un article du 19 janvier sur le blog Betapolitique, Jean-Pierre Hoss écrit : "La fracture sociale et culturelle précède et renforce la fracture numérique. L’inégalité réside aussi-et ce n’est pas la moindre-dans la production des contenus, qui proviennent surtout des pays développés." Il y préconise diverses solutions, qui, malheureusement restent très générales et ne traitent en rien de la question de savoir si oui ou non l'Etat est garant de ce qu'un certain nombre de citoyens sont laissés sur le bord de la route ou bien si la loi est celle uniquement des marchés (de la jungle) : seul le plus fort gagne.

De son côté, le magazine Internaute(s) Micro a interrogé quatre candidats aux élections présidentielles dans une édition papier parue le 3 mars. Un article sur Internet reprend succintement leur position respective :

Autre sujet abordé par Internaute(s) Micro, la fameuse «fracture numérique». Jean-Marie Le Pen, très ambitieux, affirme sans rire qu'il souhaite «fixer comme grand objectif national que 80 % des Français accèdent à l'Internet par fibre optique, les autres ayant l'ADSL». Un triple quinquennat en perspective pour honorer cette promesse ?!
François Bayrou, lui, préfère évoquer un dispositif original : «les offres Internet haut débit par carte Internet prépayée». Il rappelle qu'une partie de la population, paupérisée ou nomade (comme «les gens du voyage») pourrait ainsi voir leur accès à l'Internet facilité.

Ségolène Royal, tentant d'expliquer comment elle compte garantir «L'accès universel à l'Internet Haut débit», comme le prévoit le programme du Parti Socialiste, reste finalement assez floue sur la stratégie et les moyens à mettre en œuvre.
Nicolas Sarkozy, lui, estime que la fracture numérique n'est pas qu'une question d'accès mais aussi de «pratique». Il souhaite «renforcer considérablement l'usage d'Internet dans l'éducation ; mais aussi créer un véritable réseau de formation de proximité».

On peut espérer cependant que leur politique sera plus étoffée que ce qu'en reprend cet article !

En Belgique, où se préparent aussi des élections, les consommateurs semblent plus organisés.  Ainsi que le signale RTL.be, "Les organisations de consommateurs réunies au sein du CRIOC ont présenté aujourd'hui à Bruxelles une soixantaine de leurs priorités en vue des prochaines élections législatives, soulignant qu'elles tiendront un baromètre tout au long de la législature à venir pour vérifier si ces demandes étaient ou non rencontrées.

Elles passent par des services universels généralisés concernant l'accès à internet, à l'énergie, aux services postaux et à l'eau, mais mettent aussi l'accent sur l'information du consommateur, les modes de production et de consommation durables, ou le logement."

En France, lors de la remise des e-toiles d'or, un député disait qu'il fallait remettre du service public dans la distribution d'Internet, pour en garantir l'accès à tous... Nous verrons s'il est entendu...

16 janvier 2007

Un outil d'avenir

Lors de ces dernières rencontres d'Autrans 2007, s'est mis en place un projet d'encyclopédie ouverte de l'accès public. Il s'agit de permettre aux animateurs francophones d'espaces publics, mais aussi au-delà, à tout animateur, acteur permettant à d'autres de s'initier à l'informatique et à Internet, de partager, en toute liberté (sous licences libres) ses savoirs et ses savoir-faire.

Alors qu'Internet prend de plus en plus de place dans le fonctionnement de nos sociétés, des personnes, des groupes sociaux peuvent se sentir isolés ou submergés par cet afflux technologique et d'information. Il est important - en particulier pour lutter contre l'exclusion sociale, au Nord comme au Sud - de mettre en commun nos efforts, nos idées, nos pratiques... tout en laissant à chacun la liberté d'agir.

Dans un premier jet, cette encyclopédie se propose de mettre en ligne des contenus de divers types : animations, ateliers - formations, études, évaluations, initiatives, formations, guides, fiches pédagogiques, photothèque de lieux d'accès punlic, portaits d'animateurs...

Nous espérons qu'elle rassemblera rapidement de nombreux contributeurs.

25 juillet 2006

L'ordinateur, outil de promotion sociale ?

Dans un intéressant article, titré "Ordinateur à 1 euro par jour pour les revenus modestes : une mesure contestée", Jean-Luc Raymond offre une très large synthèse des réactions à l'initiative gouvernementale.

La lecture des réactions diverses amène à se poser une question : pourquoi faut-il que des familles pauvres achètent un ordinateur, encouragées par un crédit de l'Etat ?

L'action 'Internet de rue' que nous avons menée dans deux départements d'Ile-de-France avec des familles très pauvres, les comparaisons que l'on peut faire avec d'autres actions telles que celles réunies sur le site de Psaume, conduisent à penser que ce qui intéresse les personnes, ce sont d'abord des perspectives d'avenir, pour elles-mêmes et pour leurs familles. Etre comme les autres, trouver un emploi, trouver un logement, pouvoir "faire ses papiers", inscrire ses enfants à l'école,... "Qu'on combatte la pauvreté au lieux de rafistoler un système inégalitaire !", disait un commentaire à l'article de Libération du 11 juillet.

L'ordinateur n'est pas seulement un objet de consommation qu'il faudrait avoir à l'instar du reste de la société. C'est un objet, un outil, dont l'utilité n'est pas encore avérée pour lutter contre la pauvreté.

Pourquoi ?

Il est vrai, comme nous avons pu le constater, que cet outil permet de rejoindre d'autres au niveau de ce qui nous est commun : la culture, les arts, les divertissements, les transports, une partie de l'administration (identité, impôts, assedics, allocations communes), la formation de base, etc. Mais dès que l'on arrive dans des domaines plus 'spécifiques', liés à la situation même des personnes (situation administrative complexe, emploi peu qualifiés, logements sociaux,...), le contenu présent sur Internet devient fortement restreint.

D'autre part, ce que cherchent les personnes que nous rencontrons, ce sont aussi des 'contenus qui leur parlent', c'est-à-dire qui parlent de leur expérience de vie. Ceux-là n'en sont qu'à leur débuts. Par exemple, les sites web de 'mémoire ouvrière' sont encore peu nombreux... et ceux de mémoire ouvrière des travailleurs précarisés encore moins.

Là où pèche la mesure gouvernementale, c'est qu'elle n'offre aucune perspective aux ménages les plus modestes de sortir de leur situation. L'ordinateur n'est pas un simple bien de consommation, même de divertissement. L'utilité précède l'usage, comme l'écrivait Philippe Mallein. Et ce sont les usages possibles qui rendront cet outil "populaire".

24 mai 2006

Qu'on ne vienne plus me dire...

Qu'on ne vienne plus me dire que des familles qui vivent dans des conditions très difficiles ne s'intéressent pas à l'informatique... Un jeune, en cherchant sur les décharges, m'a amené successivement trois ordinateurs portables. Le premier avait l'écran éclaté, le second avait le clavier défoncé par une pierre et l'écran se détachait, le troisième avait l'air en bon état.

Je l'ai ramené, nettoyé (il y avait des petits morceaux de plâtre dans le lecteur CD), réinstallé et équipé de logiciels libres et gratuits. J'en ai quand même eu pour deux jours de travail pour le rendre "propre" et sûr.

Mais, quand je l'ai ramené, batterie chargée à bloc (car ils n'ont pas l'électricité en permanence), il fallait voir sa joie ! Lui qui n'avait jamais pu aller très longtemps à l'école, il s'est passionné pour faire fonctionner cette machine, me demandant de tout lui expliquer dans les détails. En un clin d'oeil, il avait compris l'essentiel. Il est vrai que, par la vie, il a appris plein de choses, comme de démonter et remonter divers moteurs (de voiture, de mobylette) : nombreux sont les objets qu'il récupère et qui tombent souvent en panne. Il faut bien se débrouiller pour les remettre en état...

Il était émerveillé de pouvoir, sur une même machine, écouter de la musique, voir des images et des photos, écrire du courrier... Son père, la quarantaine passée, a lui aussi demandé d'apprendre. Avec des soucis plus immédiats : un courrier administratif est mieux reçu s'il est imprimé que s'il est manuscrit (et en plus avec moins de fautes)...

Au moment de mon départ, le jeune est reparti prestement vers la caravane où il vit faute de logement pour continuer de découvrir par lui-même, en me faisant encore une fois préciser la durée de vie de la batterie. Il voulait être sûr de ne pas l'épuiser...

14 avril 2006

Des participants au projet s'equipent

Certains des participants au projet "Internet de rue" désiraient s'équiper d'ordinateurs.

Après plusieurs mois de recherches et de démarches, grâce à la Mission Solidarité EDF et avec le soutien de TAE, nous avons pu récolter six ordinateurs portables d'occasion, qui ont été vérifiés, reconfigurés...

Pourquoi justement des ordinateurs portables, plus difficiles à trouver que des ordinateurs traditionnels ? Tout simplement, parce que c'est plus facile à mettre hors de portée des enfants, à ranger dans une caravane ou un logement exigu, à transporter en cas d'expulsion,...

remise d'un ordinateur Ces ordinateurs ont été réservés à ceux qui avaient suivi des temps long d'initiation à l'informatique, qui n'avaient pas les moyens de s'en acheter un et qui comptaient les utiliser dans le cadre de leurs activités.

Trois appareils ont déjà été remis. Quelle joie pour ceux qui les ont reçus et qui n'en croyaient pas leurs yeux ! Deux de ces personnes, militants Quart Monde, les utilisent déjà dans le cadre de leur engagement : faire des démarches pour elles-mêmes ou avec d'autres personnes, écrire et poster des comptes-rendus, participer à la vie associative... Une troisième espère gagner un peu d'argent en réalisant et imprimant des photos lors de fêtes, mariages,...
C'est un outil de travail... mais aussi l'espoir d'être mieux accepté et reconnu en fournissant un travail de 'meilleure qualité'.

30 mars 2006

Quand les familles tres pauvres accedent à l'informatique

Au moment où vont s'ouvrir en Belgique les Rewics (Rencontres wallonnes de l'Internet citoyen) et où les politiques publiques évoluent, Yoann Gallard, volontaire d'ATD Quart Monde à Liège, m'écrit :

"A Liège, de plus en plus de familles pauvres s'équipent d'ordinateurs. Nous constatons que pour toutes c'est le désir d'être en marche avec le monde qui motive l'achat.

C'est ainsi le moyen de communiquer avec d'autres par messageries, forums, iphone ... Pour certains c'est aussi le moyen de profiter des services des administrations ou pour une recherche d'emploi. C'est aussi pour les parents et les enfants un moyen de rester dans une actualité : musique, films, jeux...

Pour d'autres, parents de jeunes enfants, s'équiper c'est offrir à leurs enfants la possibilité de se familiariser avec un outil afin qu'ils ne soient pas en décalage avec les autres à l'école.

Voir ainsi des familles pauvres s'équiper c'est voir combien elles aspirent, comme tous, à faire partie intégrante du monde qui nous entoure. Mais une fois de plus, les moyens dont elles disposent ne sont pas à la mesure de leurs aspirations.

Les ordinateurs qu'elles peuvent acquérir sont souvent vieux, voire de récupération et inutilisables, les conditions dans lesquelles ces familles vivent entraîne souvent des coûts de maintenance difficiles à supporter. Par conséquent, ces familles sont souvent demandeuses de conseils, de maintenance, de formations...

Pour nous qui sommes proches de ces familles et qui avons accès à du matériel récent se pose alors différentes questions. Dans quelle mesure faire accéder ces familles aux possibilités offertes par des machines et des logiciels récents alors qu'elles mêmes ne peuvent pas y accéder ? Face à quels décalages les mettons-nous?

Une des pistes possibles est, avant toutes choses, d'entendre l'envie des personnes et de partager des outils qui y répondent !"

Quelle prise en compte des personnes les plus pauvres (formation, maintenance, conseil,...) au sein des EPN belges et des politiques publiques ?

22 mars 2006

Tour de Babel

Dernièrement, j'avais emporté un article du Journal "le Monde", intitulé "Un rapport du Conseil de l'Europe fustige Bucarest" (édition du 25/02/2006), qui, outre ce rapport, donnait aussi des nouvelles de la contamination possible par le virus H5N1 de familles Roms. J'en lisais des extraits en français quand mon interlocuteur me dit : "mais, avec ta machine [ordinateur], est-ce que tu ne peux pas traduire l'article en roumain, pour que tout le monde comprenne dans le campement ?"

J'étais content de réaliser que cette personne, qui vit des conditions très difficiles, avait compris l'un des usages possibles de cette machine... mais malheureusement, j'ai dû lui dire que ce n'était guère possible : le roumain est rare dans les logiciels de traduction en ligne, et ces logiciels font encore énormément de contre-sens et d'erreurs. En outre leur développement est beaucoup plus lent que d'autres usages.

Cependant là se trouve posée une question fondamentale sur l'avenir d'Internet, guère abordée sur le fond au SMSI : cet outil va-t-il devenir un moyen d'approfondir le dialogue entre les peuples en facilitant les échanges entre personnes parlant des langues différentes ?
Ce n'est en tous cas pas la première fois que des familles très pauvres me posent cette question et disent que c'est là une de leurs attentes.

06 mars 2006

Trouver des amis

Quelques nouvelles des familles que je rencontre :

- 1er mars : un autre campement de familles venant d'une région plus au nord de la Roumanie a été expulsé sur ordre de la Préfecture. Il neigait. Un des pères de famille, atteint d'une infection pulmonaire venait d'être admis aux urgences. Ce sont les familles que je vais voir qui ont accueilli, sur le terrain où elles sont temporairement, une partie des expulsés. La police est là, ferme mais respectueuse.

Cette expulsion fait suite à d'autres, de familles françaises... Certains s'en indignent.

- 3 mars : avec une connaissance, membre d'une association de soutien, nous faisons le tour des campements. Un taximan, qui depuis 2 ans venait chercher des enfants pour les emmener chaque matin à l'école et aller les rechercher, a aidé à déplacer quelques caravanes expulsées. Maintenant que ces familles sont dispersées, il va sur 2 campements différents et avec la pluie qu'il y a eu c'est un vrai parcours de cross... D'autres parents voudraient scolariser leurs enfants... Seul le Maire d'une commune semble favorable à acceuillir dans ses écoles ces futurs européens (au 1er janvier 2007).

Ni la récente Résolution du Parlement européen sur la situation des Roms dans l'Union européenne, ni le Rapport final sur la situation en matière de droits de l’homme des Roms, Sintis et Gens du Voyage en Europe du Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe ne semblent complètement d'actualité...

Et pourtant... Ces familles -qui voient dans la libre circulation en Europe les possibilités de jours meilleurs- voudraient pouvoir habiter quelque part, discuter avec les pouvoirs publics, scolariser leurs enfants,... Sans soutien, elles ne pourront arriver à se dresser contre cette peur des pauvres, des étrangers, des Roms qui poussent les uns et les autres à toujours les vouloir ailleurs...

Il leur faut trouver des amis, comme ce taximan qui ne fait pas seulement le travail pour lequel il est payé, mais s'inquiète aussi de ce que deviennent les personnes... Dans d'autres lieux, comme le Val de Marne, grâce à la mobilisation d'associations des solutions voient pourtant le jour...

Un autre signe amical est celui de Sig, suite à un article sur ce blog. Il a changé de travail et sa démarche rejoint, de mon point de vue, des réflexions qui émergent sur la place de l'entreprise dans la société, comme en fait écho l'Institut Montaigne, Entreprise et Progrès ou les réflexions des Cercles européens Wresinski à Bruxelles...
Peut-être que, dans un futur proche, ces familles jetées sur les routes pourront grâces aux technologies actuelles revoir, virtuellement, les leurs, renforcer leurs liens avec leur famille...

Page de description des Rroms sur Wikipédia

31 janvier 2006

Travailler dans l'informatique : quel avenir ?

Ce matin, avec trois jeunes qui participent au projet "Internet de rue", nous sommes allés visiter TAE, une entreprise située à Noisy-le-Grand, près de Paris, qui travaille dans 3 secteurs : le reconditionnement de matériel informatique, l'entretien et la rénovation de bâtiments, le nettoyage de locaux associatifs.

P1310044_300x200 Nous avons été chaleureusement accueillis et nous avons même pu nous initier à la vérification des composants d'un ordinateur et de son fonctionnement. Nous avons aussi visité un chantier de peinture dans un bâtiment proche. La visite s'est conclue par un repas amical pris en commun.

En discutant avec un des membres de l'équipe des possibilités d'insertion, il nous disait que, dans le secteur informatique (maintenance, réparation,...) et sur sa zone, la plupart des emplois (indépendants comme salariés) étaient occupés par des personnes ayant au moins bac+2 !... et que, tant que ces personnes ne pourraient avoir accès à des emplois plus qualifiés, le marché de l'emploi serait "bouché" pour tous ceux qui, sans diplôme, ont acquis une compétence par le travail (comme c'est le cas dans des entreprises d'insertion)...

Dire que le développement de l'informatisation en France crée des services, certes... mais à quel niveau de qualification, et quel avenir pour ceux qui démarrent dans la vie sans réelle possibilité de formation reconnue ?

06 janvier 2006

Convergences

Dans un article publié le 21 décembre sur le site de Créatif concernant l'accès aux TIC pour tous dans le Lot, l'atelier 1, "Les TIC vecteurs d'insertion" corrobore tout-à-fait les résultats tirés du projet Internet de rue aux séminaires de juin et octobre 2005. En voici les principales conclusions :

Les leçons à tirer :
-  Identifier ce qui fait sens pour les publics et mettre l’accent sur l’accompagnement humain
-  Pour les "publics éloignés", les TIC ont un effet déclencheur d’une démarche d’apprentissage.
-  Le projet EQUAL a réveillé des "projets dormants".

Quelques pistes pour l’avenir :
-  Développer les réseaux et les liens entre les professionnels
-  Capitaliser les expériences et créer des ressources transférables
-  Il faut travailler dans la durée car le changement des mentalités est long.

Une clé du succès :
-  Co-construire les projets avec les acteurs de terrain en partant des besoins des usagers

Comme on le voit, l'enjeu de l'insertion des personnes est bien en premier le partenariat noué avec elles, loin devant les questions d'investissement ou de technique.

16 novembre 2005

La fabrique d’Images

Reprise partielle d'un article publié le 19 octobre sur @-Brest en licence CC.

POUR L’ACTION « AGIR » D’INSERTION SOCIALE ET DE LUTTE CONTRE LES EXCLUSIONS DE LA MAISON DE QUARTIER DE BELLEVUE

Ce projet s’adresse aux habitants du quartier de Bellevue connaissant de grandes difficultés sociales et financières.

La Maison de Quartier de Bellevue s’est fixé depuis plusieurs années des objectifs tels que :

-  Favoriser le lien social, le vivre ensemble,
-  Lutter contre toutes les formes d’exclusion et de discrimination,

Pour répondre à ces objectifs, la Maison de Quartier a souhaité créer « LA FABRIQUE D’IMAGES ».

La non maîtrise de l’outil informatique est devenu un élément fort d’exclusion du champ social. Que ce soit dans le monde du travail où l’on embauche plus sans compétences, que ce soit à l’école où l’accès au multimédia crée de la différence, que ce soit enfin dans la vie sociale de tous les jours où l’utilisation des nouvelles technologies de communication se banalise. Notre objectif est de permettre l’accès à cet outil informatique à ceux qui n’en ont pas les moyens, par l’intermédiaire de l’image numérique et argentique fixe, et aussi par l’image numérique en mouvement .

LE MATERIEL DISPONIBLE

-  7 postes informatiques avec internet et Windows XP
-  1 imprimante couleur
-  1 scanner
-  1 appareil photo numérique
-  1 appareil photo argentique
-  1 camescope numérique
-  1 pied photo-vidéo
-  1 petit laboratoire photo noir & blanc

QU’EN EST-IL DU PUBLIC DE L’ACTION D’INSERTION SOCIALE ET DE LUTTE CONTRE LES EXCLUSIONS « AGIR » ?

Depuis 4 ans, les membres de l’action AGIR se sont investis sur l’espace multimédia de la Maison de Quartier en participant à une mise à niveau en informatique qui a débouché sur la création d’un petit journal trimestriel « Le Canard de la Penfeld » et d’un site web qui sera en ligne courant 2006. Ce public a aussi produit une exposition photographique en 2003 intitulée « La tête dans le sac » sur le thème de l’exclusion, dans le cadre du Mai Photographique à Quimper. Cette exposition a également été visible au Parc à Chaînes sur le Port de Commerce et au Quartz à Brest. Ce projet a été possible grâce au financement de l’intervention d’un photographe par la Maison de Quartier et le Conseil Général du Finistère.

Ces créations collectives ont su engendrer une forte cohésion parmi les membres de cette action. Elles ont aussi favorisé le lien social par l’exposition de leurs divers travaux au regard des autres.

On constate donc un intérêt grandissant de la part de ce public pour le domaine du multimédia. Les membres de cette action souhaiteraient approfondir leurs connaissances. L’apprentissage de techniques liées à l’image fixe et en mouvement constitue une demande récurrente de leur part. Cet apprentissage permettrait d’améliorer la qualité de leurs différents projets multimédia (Canard, site, expositions).

La Maison de Quartier souhaite donc aller plus loin dans sa démarche de valorisation par la création artistique et l’appropriation de techniques, notamment multimédia. Son objectif est de créer dans le quartier un pôle fort autour de l’image liée au multimédia, en direction d’un public adulte en situation de forte précarité.

DEROULEMENT DE L’ACTION
 Atelier initiation à l’informatique :
  Approche générale du traitement de texte, tableur et graphique, initiation à Internet, apprentissage des différents moteurs de recherche, création d’une adresse e-mail...

14 novembre 2005

Ecrit et Internet

Un article publié le 24 octobre sur l'Observatoire des inégalités signale que "9% des personnes ayant été scolarisées en France sont proches de l’illettrisme". Cette étude ne semble pas prendre en compte les capacités nécessaires au maniement de l'ordinateur et à la communication par Internet.
Certes, il semble assez clair aujourd'hui que des personnes ayant très difficile de lire et d'écrire puissent malgré tout manier un ordinateur, communiquer (par exemple avec des logiciels utilisant la voix).
Néanmoins, il faut aussi reconnaître que la maîtrise de l'écrit ouvre également sur toute une compréhension du monde, des outils, de la communication avec d'autres. Avoir difficile de lire et d'écrire, c'est aussi être bloqué par un mot, ne pas comprendre une phrase, ne pas avoir à écrire à d'autres... Au fond, ce n'est pas "la maîtrise de l'outil" qui est bloquée au sens strict, mais son usage... Une étude encore à faire serait de croiser les contenus présents sur Internet et les catégories socio-preofessionnelles des concepteurs et des usagers... Là aussi, sans aucun doute, trouverait-on une fracture...

18 octobre 2005

Informatique au service du refus de la misere

A l'occasion du 17 octobre 2005, le site web de la Journée mondiale du Refus de la misère a été remanié pour de venir plus participatif (il est maintenant sous Spip). Il s'est aussi ouvert vers de nouvelles langues.

Cela a été l'occasion pour des personnes vivant à la rue, pour des personnes ayant connu la misère de s'exprimer quasiment en direct (les articles ont été validés entre 5 et 30 minutes après leur envoi). Poèmes, réflexions, témoignages... Et cela à côté de messages on ne peut plus officiels de diverses personnalités.
Cela a aussi été l'occasion par exemple pour un groupe de femmes d'Inde de faire connaître leur action contre la pauvreté ou encore depuis la République du Congo, le Pakistan, ou la Nouvelle-Orléans...

Chacun des membres de l'équipe s'est investi : l'un accompagnant des familles, l'autre au Trocadéro, proposant un atelier de consultation et d'écriture avec toute une équipe du Centre Social BelleVille et de son Epn pour la couverture Internet/Wifi du parvis , le dernier derrière l'écran à l'animation du site...

Ce qui a eu lieu à l'occasion d'une journée pourrait devenir plus fréquent. Où sont les rêves de "démocratie directe" avec le support de l'Internet ?
Certes, il n'est pas simple d'arriver à ce que des personnes d'horizons aussi différents se comprennent -surtout sur un sujet aussi difficile que la lutte contre l'extrême pauvreté et la misère dans le monde-, et  que les plus fragiles ne soient pas écartés.
Au-delà des aspects commerciaux ou utilitaires souvent décrits, le support d'Internet pourrait contribuer à ce que les gens essayent de se comprendre, au rapprochement des peuples et à une société plus paisible parce que plus juste. C'est en tous cas ce que nous espérons...

02 août 2005

Quand Internet permet de maintenir des relations

Un intéressant article de balancing act intitulé "Crise en Côte d'Ivoire : l'internet a maintenu le contact entre le nord et le sud" montre comment en situation de crise, des familles entières se tournent vers Internet pour garder le contact. "Cela fait presque 3 ans que je ne suis pas allé dans mon village, situé dans la région de Bouaké. Mais grâce à la connexion Internet, j'ai les nouvelles de mes parents restés dans cette zone", dit un cadre.

(...) Avec les différents combats dans les zones occupées au tout début de la rébellion armée, les réseaux téléphoniques fixe et mobiles, très sollicités par les populations en détresse et aussi par les forces en conflits, seront saturés ou simplement hors d'état de service. De sorte qu'il était quasi-impossible d'établir la communication entre les deux zones du pays . Pour joindre les zones occupées et vice-versa fallait avoir recours aux moyens de communications ultra-performants comme les téléphones satellitaire . " C'est grâce à mon téléphone satellitaire que j'avais des nouvelles de ma famille restée à Man ", explique Gonto Mathieu, un cadre d'une entreprise multinationale. Avant d'ajouter qu'avec le système de " Tchat " sur Internet il échangeait aussi avec sa femme presque tous les deux jours.

Seulement, la grande majorité de la population Ivoirienne, du fait, du coût élevé de cette forme de communication, ne peut y avoir accès. La connexion Internet s'avère alors comme l'unique moyen très efficace et à moindre coût pour maintenir de façon virtuelle le contact entre les Ivoiriens.

Mais Internet, dans cette situation, draine aussi des personnes peu habituées, les "publics les plus éloignés", dirait-on ici : "Un nouveau type d'internaute a commencé a faire son apparition en zones occupées. Il s'agit des personnes du troisième âge et des populations rurales qui se sont déplacées dans les grandes villes. " Les personnes âgées et les populations rurales qui à priori ne se sentent pas concernées par les nouvelles technologies ont commencé à fréquenter les cybercafés . C'est le cas du vieux Tanoh Brou qui chaque matin se rend dans notre cybercafé situé au centre ville avec son petit fils. Celui-ci a crée une boîte électronique sur instruction de leur aîné qui vit en France. Ainsi chaque jour ils viennent " Tchater " avec lui et lui donner les nouvelles du village."

Dans certains cas, et sous certaines conditions, il semble donc qu'Internet devienne un outil accessible pour permettre à des personnes et des groupes -y compris des publics éloignés de l'usage de ce moyen- de garder des liens entre eux.

01 juillet 2005

L'habitat en caravane comme mode de vie

Par rapport à notre projet, je me rends dans le Val d'Oise sur deux terrains de voyageurs, où vivent des personnes en caravane qui sont sédentarisées depuis de longues années. Dans mes recherches sur le web pour trouver des expressions de gens du voyage, j'ai trouvé cette page faite en 2000 par des enfants d'un classe de SEGPA pour parler de leur culture, de leur habitat en caravane. Le site qui parle de ce projet est ici, on y trouve également des liens vers d'autres pages parlant du monde du voyage et des tsiganes, qu'on appelle parfois "les fils du vent". Une page réalisée pour donner des précisions, parler de l'histoire des peuples tsiganes me parait intéressante à relever, elle se veut un témoignage.

Les gens que nous rencontrons ne vivent pas de la même façon que les voyageurs qui se déplacent, leurs enfants sont scolarisés, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne souffrent pas de péjugés inhérents à leur mode d'habitat en caravane.

29 juin 2005

Un bon moment autour d'Internet

Mme K. est d'origine malienne. Elle est venue en vacances avec ses 4 enfants en avril, une semaine dans la maison de vacances familiales d'ATD Quart Monde à La Bise.

Un après-midi, je lui propose de chercher sur Internet avec elle des informations sur le Mali. Elle accepte aussitôt. Je commence d'abord par chercher des photos du Mali et spécialement de Bamako, mais quand je les lui montre, elle me dit ne pas reconnaître la ville qu'elle a quitté depuis une dizaine d'années.

Je lui suggère alors d'écrire des mots-clés dans sa langue mais elle m'explique qu'elle ne sait ni lire ni écrire le Bambara. "Mais, me dit-elle, mes filles savent." Grâce aux deux aînées, me voilà donc parti à la recherche de sites en Bambara. Rapidement, je trouve des sites autour de chanteurs maliens avec la photo des chanteurs mais aussi des paroles de chansons. Mme K. prend plaisir à m'expliquer le sens des chansons et ses filles sont contentes de chanter des parties de ces chansons et de voir les photos des chanteurs.

J'ai trouvé dans ce temps partagé avec la famille de Mme K. une possibilité pour réaliser une activité ensemble mais aussi une possibilité pour Mme K. de nous partager un peu de sa culture et de trouver l'occasion de s'exprimer un peu plus longuement. Un moment de bonheur partagé ensemble.

Joseph Costang

24 mai 2005

Le blog d'un benevole d'Emmaus nous propose une belle galerie de portraits

Jean-Luc a attiré notre attention sur le blog d'un bénévole d'un centre Emmaüs. Outre les informations sur ses activités à Emmaüs, son auteur nous propose une galerie de portraits qui nous permettent de faire connaissance avec les personnes qu'il rencontre dans sa communauté. Un blog plein de vie susceptible d'attirer d'intéresser de futurs bénévoles!

18 mars 2005

Esnet : 2005, annee de la e-inclusion en Belgique

Esnetinclusion

Dans quelques jours, le réseau belge ESnet va annoncer le résultat d'une action de terrain menée depuis l'été 2004, une démarche de réfexion menée avec des dizaines d'acteurs associatifs de tout le pays réunis à différentes occasions, avec un document intitulé : Propositions pour un plan national d'e-inclusion numérique.

Le réseau Esnet s'est donné comme mission de rassembler les propositions du secteur et de lancer un plan mobilisateur au niveau fédéral belge. Ce vaste chantier est aujourd'hui abouti : un plan de 50 propositions en est le résultat. Toutes les mesures qu'il préconise sont issues des réflexions émises par des acteurs de terrain, du travail et des idées de plus d'une centaine d'associations, d 'entreprises sociales, de CPAS, de représentants de la société civile et de responsables locaux.
Son thème central repose sur l'activation rapide d'un Réseau Internet Social (RIS). Basé sur les initiatives locales existantes, le Réseau devrait venir en appui à tous les acteurs de première ligne, ceux qui quotidiennement se frottent aux réalités multiples de la fracture numérique.

C'est un plan très ambitieux mais dont le réalisme est la base : pas question de mettre en place un "gros machin inutile qui ne fonctionne pas". Esnet privilégie dans ce plan la mise en action d'un soutien organisé aux acteurs de terrain. Et l'activation des outils indispensables à l'action, comme la création rapide d'un Observatoire des Usages des Technologies qui centraliserait au niveau fédéral les réflexions et fournirait les vraies données objectives dont le secteur a le plus grand besoin.

Chaque jour qui passe renforce les inégalités et aggrave les fractures. Les acteurs de terrain restent souvent isolés et démunis, face à l'énormité des besoins. Autant le savoir et ne pas tarder à agir...

16 mars 2005

Emmaus-Liberte-Charenton heberge des blogs sur son serveur

Emmaüs-Liberté-Charenton , communauté localisée à Charenton-le-Pont (banlieue Est de Paris) propose d'héberger des blogs sur son serveur :

"Si vous vivez une situation de grande précarité, travaillez dans le domaine social avec des précaires, souhaitez témoigner de vos expériences... Nous vous proposons un hébergement gratuit de votre "Carnet Web, Joueb, Weblog, Blog..." sur notre serveur !

Le Weblog, forme de journal intime puplié sur internet, a vu le jour aux USA fin 97 et est devenu une mode se déclinant sous de multiples formes... Le Weblog est gratuit et permet, sans aucune connaissance technique, via des outils en ligne simples et très puissants, de publier du contenu (texte, photo, graphisme, animation, vidéo, audio...) Des SDF, via des lieux d'accès publics gratuits, ont utilisé ce moyen pour partager leur quotidien sur la toile..."

Les premiers blogs hébergés :

- Association A2mains :
"A2main, c’est 3 équipes qui viennent en aide aux SDF :
1 sur Melun le jeudi soir
2 sur Paris le lundi soir
Nous apportons café, denrées et soutien aux SDF. "

- One Silent Spot :
"Le blog du Webmaster du site Internet Emmaüs-Liberté-Charenton".

Une expérience intéressante de mise à dispotion non seulement d'un espace-disque pour héberger les weblogs de publics précarisés mais aussi d'une solution logicielle de blogs : le logiciel Dotclear.net.

13 mars 2005

Surfer sans exclure a Brest

Abrest

La Ville de Brest et les acteurs associatifs de la Cité fêtent l'Internet dans les jours à venir, l'occasion pour François Elie et Christophe Blanchard de revenir sur le site coopératif et collaboratif A-Brest sur les activités de l'Espace Public Multimédia de Kerourien qui se trouve dans un appartement :

"L'explosion planétaire du web ces dernières années, a offert au monde une opportunité de rapprocher un peu plus les peuples, en abolissant un certain nombre de frontières. Afin que cette révolution culturelle ne laisse personne à la marge, de nombreuses initiatives sont prises.

A Kerourien, le jeudi est une morne journée pour tous les amateurs d’Internet. C'est en effet le seul moment de la semaine où l'Espace Public Multimédia (EPM) du 10 rue Père Ricard est fermé. Or, c'est justement à cette adresse, dans un appartement spécialement aménagé à cet effet, que l'on peut pratiquer l'informatique, sous la houlette de Régine Roué, l'une des animatrices multimédia de la Ligue de l'Enseignement, FOL 29 :
"J'interviens dans ce lieu depuis octobre 2003. Nous disposons de huit postes de travail qui permettent aux usagers de participer à différents ateliers qui vont de l'initiation à Internet à la création de sites, en passant par la réalisation de carnets de voyages ou de web-reportages".

Le plus jeune utilisateur à 2 ans, le plus âgé 89. L'EPM de Kerourien démontre aini à tous que les nouvelles technologies n'ont pas de frontières : "Il existait une vraie attente de la part de tous les habitants du quartier précise Régine Roué. Par exemple, beaucoup de personnes possédaient déjà un ordinateur, mais ne disposaient pas d'Internet chez elles, le plus souvent pour des raisons de coûts. Grâce à l'EPM, elles bénéficient désormais d'un lieu ressource. D'autres usagers viennent s'initier au B.A-BA de l’informatique dans nos locaux avant d'acheter le matériel dont elles souhaitent s’équiper".

Autre vertu de l'Espace Public Multimédia de Kerourien : son accessibilité. Gratuit, l'endroit constitue un lieu convivial, où la pratique de l'informatique est bien souvent prétexte à des rencontres et au renforcement du lien social. En plus, il permet d’appréhender, par le biais de l'outil multimédia, certaines problématiques, tel l'illettrisme : "Le support "ordinateur" permet de ramener plus facilement certains publics vers la lecture et l'écriture explique Régine Roué. Récemment, il s'est ainsi avéré qu'un des jeunes fréquentant l'EPM était en situation d'illettrisme. Malgré son handicap, il peut préparer actuellement son code de la route grâce à un logiciel adapté que nous mettons ici à sa disposition".
EPM de Kerourien, 10 rue du Père Ricard.

Keranroux suit le mouvement

Tous les mercredis matin, c'est vers Keranroux que Régine Roué se dirige. Avec pour seul bagage un ordinateur portable et des logiciels plein les poches, l'animatrice entend poursuivre sa mission de découverte de l’informatique à toux ceux qui en sont généralement exclus : "La précarité fait qu'un certain nombre de personnes de ce quartier est encore éloigné des outils multimédias ; c'est pourquoi nous nous déplaçons pour faire découvrir aux gens les rudiments de l'ordinateur. Grâce à cette opération, nous avons déjà réussi à ramener une trentaine de personnes vers l'EPM de Kerourien et à les former"."

Source :
site Web A-Brest.net.

03 mars 2005

Besancon.clic

Nous avons plusieurs fois parlé de la Bretagne, de l'Isère sur ce site... mais d'autres régions, d'autres villes ont aussi développé toute une stratégie pour mettre l'informatique et Internet au service de tous.

Ainsi la ville de Besançon a, depuis de longues années, mené plusieurs expériences pilotes dont celle du cartable numérique : "Depuis 2003, la Ville de Besançon équipe les enfants scolarisés en classe de CE2 d’un ordinateur multimédia doté des mêmes logiciels qu’à l’école Ce sont plus de 1000 ordinateurs qui ont été distribués (voir 1000 ordi@ l'école). Chaque année ce sont 1000 nouvelles familles qui en bénéficient."

Et c'est aussi, à travers l'opération assopr@tic, le projet de toucher un public plus large à travers le travail des associations.

- Présentation générale de l'investissement de la ville au niveau des Nouvelles technologies : "Besançon et les TIC"
- Mémoire photographique
de Besançon
- Association "Les Invités au festin", utilisant les nouvelles technologies comme support de la réinsertion.

01 mars 2005

La e-solidarite en action, Site Web Le Dire Pour Agir du Secours Populaire Français

A l'occasion du premier anniversaire de l'espace MSN Actions Solidaires du portail internet MSN France, ont été réunis le 17 février, en matinée, à l'Université de La Sorbonne à Paris, de nombreuses responsables associations agissant dans le domaine de la solidarité pour un colloque sur le thème générique :

"L'e-solidarité : émergence d'un phénomène de société"
proposant des interventions du Secours Populaire Français, Action Contre La Faim et de la Croix-Rouge Française.

Une étude IPSOS sur la e-solidarité (auprès des internautes français) dévoilée le 17 février tend à montrer les qualités intrinsèques du média Internet au service de la solidarité.

Sur le sujet, pour les internautes, Internet est avant tout un support d'informations solidaires. Ainsi, près de 62% des internautes se sont informés au moyen d'Internet à la suite de la catastrophe en Asie.

Internet est source de mobilisation pour des dons en ligne auprès des associations mais le Web apparaît également comme une source de mobilisation privilégiée pour les associations afin de recruter des bénévoles.

L'information solidaire est vecteur d'actions solidaires. L'étude révèle en effet que don et information sont intimement liés sur le Web.

Le dossier de plus de 70 pages regroupant les principaux faits et chiffres de la e-solidarité en France (étude IPSOS, février 2005), les visages de la e-solidarité et le guide de bonnes pratiques d'associations solidaires présentes sur le Web ou agissant avec Internet, peut être téléchargé ici (au format .pdf) :
L'E-solidarité, une nouvelle forme de mobilisation.

Il y est fait écho du Projet Internet de Rue (en page 26) :

"Nous avons examiné jusqu'ici essentiellement le rôle d'Internet du point de vue des acteurs de la solidarité. Si l'on se place du point de vue des bénéficiaires, il y a lieu de s'arrêter sur le rôle d'Internet au service des exclus avec le cas d'ATD Quart-Monde, qui soutient une initiative originale : "L'internet de rue".
A l'occasion des 9e Rencontres d'Autrans - du 12 au 15 janvier 2005 -, grand rendez-vous annuel du monde du Web en France, la dernière journée était consacrée à la lutte contre les exclusions et aux moyens à mettre en oeuvre pour éviter la fracture numérique à la fois entre les personnes et entre les territoires. L'association ATD Quart-Monde a présenté son projet qui consiste à recréer du lien social grâce aux NTIC, en allant au-devant des familles les plus pauvres : "Pour certains, il s'agit d'une première ouverture à l'informatique, un moyen de chercher du travail sur Internet ou d'obtenir sans attendre un extrait d'acte de naissance," précise Jean-Pierre Pinet, qui pilote le projet chez ATD Quart Monde. Les informations sur l'initiative sont périodiquement diffusées sur un blog collaboratif qui assure également une veille francophone sur le fossé numérique.""

Il est également évoqué le projet de l'association Emmaüs (page 27) :

"D'autres associations, telles qu'Emmaüs, ont fait part, lors de ces journées, de leurs efforts dans cette lutte pour faire découvrir Internet et les nouvelles technologies aux populations les plus défavorisées. L'association Emmaüs a ouvert ainsi son premier cyberespace en novembre 2003 au sein de l'un de ses principaux sites parisiens : l'Agora.
Face au succès rencontré, quatre nouveaux points d'accès ont ouvert en 2004."

Retrouvez également en ligne l'étude IPSOS (en .pdf) : Les internautes et l'e-solidarité.

Le dire pour agir: une initiative du Secours Populaire Français

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Durant le colloque, Marc Castille, directeur de la Communication du Secours Populaire Français a cité une initiative particulièrement originale de son association, le site Web Le dire pour agir édité sous la forme d'un forum. Les témoignages, questions et réponses y foisonnent et font sens.

Présentation du site Web "Le Dire Pour Agir" :

"Un espace d'expression libre
Ce site est avant tout un espace d'expression libre et un lieu de rencontre. Il vous propose de faire partager vos émotions, vos colères, vos désirs, vos rêves, votre volonté d'agir, vos propositions concrètes.

Malgré la loi contre l’exclusion, malgré les mesures prises, malgré les efforts des associations, la misère s’accroît, elle est de plus en plus difficile à supporter. Ici, vous pouvez faire connaître et partager vos expériences, comme le préconise la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions. Vous pouvez interpeller les institutions et les décideurs. Vous pouvez être entendu, afin de créer de nouvelles solidarités et un monde plus humain.

Réagissez aux messages qui ont été déposés par les visiteurs précédents, proposez des solutions à ceux qui ont exprimé leur souffrance. Témoignez en déposant une nouvelle contribution, à laquelle les internautes pourront ensuite répondre."

Les "papis" brestois proches des gens...

Dans un article paru sur @Brest, Michel Briand indique trois grands axes de développement des points d'accès publics à Brest qu'il me semble important de relever :

1. La prise en compte des personnes éloignées
Telle que décrite dans l'article, cette prise en compte est fondée sur une très grande proximité des personnes et des projets qu'elles portent. L'ancrage au niveau du quartier, vécu comme un espace communautaire où chaque persone peut être "acteur" est assurément une dynamique de fond.

2. Le service public numérique pour tous
"Faire que les personnes soient accompagnées, rendues autonomes dans les lieux du service public local est un sacré enjeu." Certes, mais tout le monde n'a-t-il pas à y gagner que le service soit un vrai service, que l'aspect public soit vraiment public, et que tous aient véritablement les moyens non pas seulement d'utiliser mais aussi de s'approprier ce service ?

3. Libre et cultures numériques
Etre citoyen, ce n'est pas seulement "avoir accès" ou s'approprier les services de l'Etat, c'est aussi participer, y compris par la création culturelle, à la transformation de notre société.

Au-delà des débats sur la "fracture" ou le "fossé" numérique, il est des actions, comme celle-ci, qui proposent une vision constructive et dynamique, n'isolant pas les exclus par des actions "spécifiques" mais proposant des projets où, ensemble, il est possible d'avancer.

26 février 2005

Le projet Tapa brestois sur France 2 ce midi

Le journal télévisé de France 2 de ce midi (samedi 26 février) a consacré un reportage au projet Tapa.
Vous pouvez retrouver ce reportage sur le Web à cette adresse (début du sujet à 14 minutes). En voici la transcription :

C'est une expérimentation à l'usage des personnes âgées que les élèves de l'Ecole Nationale Supérieure des Télécoms de Brest sont en train de tester. Il s'agit d'utiliser une messagerie électronique sans passer par Internet afin que les personnes isolées puissent recevoir messages, photos et vidéos de leurs proches et sans utiliser de clavier ou de souris.
Pas d'ordinateur, c'est le téléviseur qui prend les images.

Un reportage de Jacques Devaux et Michel Hivert :

Marie-Thérèse ne quitte plus des yeux son téléviseur. Pas seulement en raison des programmes, sa télé lui sert à recevoir également des messages adressés par ses proches.

Marie-Thérèse Burgaud :
"Je pense que si ça marche bien. Ceci, ça marche, vous voyez là... Ca y est. Ca, ce sont mes petits enfants, vous voyez, pour la Noël"

Ce nouveau système télématique dénommé Tapa est développé par l'Ecole Nationale Supérieure des Télécoms de Brest. Il vise à resserrer le lien social des personnes isolées, voire handicapées comme Marie-Thérèse.

Marie-Thérèse Burgaud :
"Quelqu'un qui sort, c'est pas pareil. Vous avez des personnes qui sont en bonne santé, des retraités qui se promènent. Moi je reste à la maison alors pour moi, c'est une distraction, moi je peux vous dire."

Ultime écueil, il fallait éviter tout blocage technologique. Ici, pas de clavier ni de souris. On ne parle pas non plus d'ordinateur.

Hélène Trellu, sociologue :
"C'est pour ça qu'on passe via un écran de télévision puisque c'est un objet qui est vraiment familier et qui ne rebute pas la personne et puis la télécommande qui est toute simple d'utilisation."

Et comme la mamie est enthousiaste, les petits-enfants s’en donnent à coeur joie.

Véronique Burgaud, fille de Marie-Thérèse :
"Les enfants racontent leur journée à l'école, leurs activités, leur sport et Maman corrige leurs fautes aussi au passage."

Mais le système n'est pas une simple messagerie. Le serveur fournit également des informations sur la ville, les associations de quartier.

Le coût de l'équipement s'élève à 800 Euros y compris la connexion internet. Les concepteurs cherchent désormais un partenaire pour développer le projet.

Pour en savoir plus :
- Le projet TAPA est présenté sur le site de l'ENST Bretagne,
- Le projet PSAUME auquel participe la sociologue Hélène Trellu.

25 février 2005

Egaux.be : les personnes exclues prennent la parole sur Internet

Egaux

Philippe Allard, coordinateur de la Fête de l'Internet en Belgique, mentionne une initiative d'un site Web lancé en mars prochain, qui va donner la possibilité à des personnes exclues de s'exprimer. Une initiative à suivre :

"NAMUR. Pour donner la parole aux personnes qui en sont privées sur Internet.

Le jeudi 17 mars 2005 de 14h à 17h,
Média Animation procèdera au lancement officiel du site Egaux.be.

La fracture numérique, vous connaissez? Pour une fois, les personnes exclues prennnent la parole sur Internet. Elles ont aussi pris l’appareil photo. À travers leurs témoignages visuels, elles nous montrent à quel point le pari de vivre comme tout le monde n’était pas gagné d’avance. Bien au delà des clichés, c'est donc bien un morceau de leur vie que le site Egaux.be nous propose de partager. Pour le lancement du site, Média Animation organise une après-midi rencontre interactive. Venez découvrir le site, rencontrer les différents acteurs de ce projet et visiter l'exposition de photos grandeur nature.

Lieu de l'activité :
CPN (Centre Pluraliste Namurois), salle Simonne Henry
Rue de Gembloux, 48
5002 St Servais
Belgique

Organisateur de l'activité : Média Animation
Tél. 02/242 57 93
E-mail : info@egaux.be
Site web : www.egaux.be"

Source :
Article du site Web officiel de la Fête de l'Internet en Belgique.

22 février 2005

Projet TouAReg

Le site @Brest rend compte du projet TouAReg. Voici un extrait de cette présentation : "Il s’agit d’un chantier d’Insertion par les Technologies de l’Information et de la Communication. Cette action a pour objet d’accompagner 12 personnes vers l’emploi. Embauchés en Contrat Emploi Solidarité par l’association pendant 7 mois, ils ont pour mission de collecter des informations et de les mettre en forme dans le but de les diffuser sur un site Internet faisant la promotion "d’une vision alternative du tourisme dans l’Est Parisien".
Les bénéficiaires :    6 jeunes de moins de 26 ans    6 bénéficiaires du RMI
recrutés avec le soutien des partenaires locaux (Mission Locale, ANPE, espace insertion, MDEE et ANPE)
Dates du chantier : 8 mois de Décembre 2004 à Juillet 2005
"

Une description plus complète sur le site de Réseau2000.

Le blog du chantier d'insertion.

15 février 2005

Les cybercamelots de Montreal

L'accès des populations les plus défavorisées à l'informatique et à Internet ne date pas d'hier. C'est un long cheminement qui n'est pas encore pratique courante. Sur le site d'Artesi, Claude Virlogeux parle des cybercamelots de Montréal : "Retrouvé dans nos archives, cet article paru dans " Le Courrier de l'Unesco
" de février 1999, probablement rédigé, compte tenu des délais de fabrication dans le courant de l'année 1998, sur la mise à disposition d'Internet aux SDF de Montréal au Canada
." L'article en question se trouve sur le site d'Artesi.

Un chequier multimedia pour les "sans claviers"

Lu sur le site de "Créatif" : Le département du Lot a lancé une expérimentation pour favoriser l’accès à internet du public en « exclusion numérique ». Au delà de l’aide financière, le résultat montre la nécessité d’accompagner les apprentis internautes.

Un article plus complet est est téléchargement sur le site mentionné ci-dessus.

29 novembre 2004

Internet et les gens du voyage

Dans le cadre de notre projet, et plus particulièrement de notre action dans le Val d'Oise, nous échangions récemment nos expériences avec l'association ADGVE qui est l'Association Départementale Gens du Voyage de l'Essonne.

Cette association, qui comprend un EPN dans sa structure tente de mettre en place un service où l'utilisation d'Internet faciliterait les démarches des personnes qu'elle rencontre. Dans les faits, l'association se sert de quelques ordinateurs portables pour aller sur le terrain, toujours dans le cadre de demandes précises. Leur action informatique s'articule autour de 4 points :

- aide à l'économie,

- journal des jeunes,

- accompagnement social,

- accompagnement scolaire.

Leur action envers les gens les plus isolés est néanmoins limitée, puisqu'ils découvrent que le monde du voyage, n'a pas un accès facile aux TIC et ils sont donc surtout dans une dynamique autour des adolescents. Le journal qu'ils ont créé avec ces jeunes est en ligne. Pour notre projet Internet de rue, l'ambition pourra être de fédérer les gens que nous rencontrons autour d'un projet commun ouvert à d'autres, bâti à partir des gens eux-mêmes.

L'intérêt commun que nous retrouvons dans le support informatique par rapport aux gens du voyage avec qui nous sommes en lien, c'est d'entrer avec eux dans un accès à l'écrit pour qu'ils puissent prendre possession de leurs droits.

05 novembre 2004

Les favelas de Rio de Janeiro vues de l'interieur

"05-11-2004 (UNESCO Brasilia)

Utiliser le web pour favoriser l'inclusion sociale dans les habitations urbaines à faibles revenus de Rio de Janeiro, les prétendues favelas, constitue l’idée du site web Viva Favela, expérience de communication innovatrice de Viva Rio, organisation non gouvernementale soutenue par l’UNESCO.

Maria Inês Bastos de l’UNESCO nous rapporte les faits suivants pour WebWorld.

""L'équipe de Viva Favela se compose de journalistes et "de correspondants communautaires", également résidants des favelas et qualifiés pour agir en tant que journalistes et photographes. Avec leur vue de l'"intérieur", ils contribuent à exposer toute la dimension humaine, historique, culturelle, économique, et sociale de ces communautés à faibles revenus.

Viva Favela a débuté en juillet 2001 et vise à élargir l'inclusion numérique de ces communautés et à réduire l'inégalité sociale. Il constitue le seul portail latino-américain en son genre. Et, selon une étude de l'Institut des études religieuses (ISER), le portail est consulté approximativement par 10% des résidants des favelas de la ville de Rio de Janeiro utilisant l'Internet.

En produisant une couverture journalistique différente de celle des médias conventionnels - qui tend à couvrir principalement des thèmes reliés à la violence - Viva Favela est devenu une source d’inspiration pour les journaux, les magazines, et les stations de télévision (avec une moyenne de dix documents par mois).

Les favelas, constituant le chez-soi d’une partie significative (1.1 million) de la population de Rio de Janeiro, manquait d’une chaîne d'expression. En créant cette chaîne et en mettant à disposition une partie quasi-inconnue de la réalité urbaine de la majorité, Viva Favela est devenu une référence importante aux yeux des chercheurs, des étudiants, et des intellectuels du monde entier. Environ 10% d’étrangers se connectent au portail.

De plus, Viva Favela accueille une variété de sites de musique hip hop et de stations de radio communautaires comme Rede Viva Favela, ainsi que Cambitolândia, site comportant une animation inspirée de la vie quotidienne dans les favelas. Parmi les autres sites créés grâce ce projet, on trouve :
Favela Tem Memória, Beleza Pura, EcoPop et Clique Seu Direito.

Dans la lutte pour augmenter le nombre de perspectives d’emplois pour la population à faible revenu, Viva Favela sert également d'organe articulatoire de développement économique local. Le portail execute cela par son partenariat avec Estação Futuro (projet d'accès numérique de Viva Rio).

En résumé, Viva Favela est un outil indispensable à toute personne désireuse de mieux comprendre et d'améliorer la réalité actuelle de la société brésilienne"."

Source :
- Les favelas de Rio de Janeiro vues de l'intérieur, UNESCO, Brasilia, 5 novembre 2004.

31 octobre 2004

Informatique pour tous sur les quartiers de Kerourien et Keranroux a Brest

La Ville de Brest vient de communiquer via son dynamique maire-adjoint Michel Briand, les résultats de son appel à projet annuel d'initiatives en faveur de l'appropriation sociale d'internet et du multimédia (appel à projets multimédia "usages de l'internet", 22 projet retenus et mis en ligne progressivement sur le site Web A-Brest.net.

Parmi ceux-ci, le projet Informatique pour tous sur les quartiers de Kérourien et Kéranroux à Brest trouve un écho particulier avec notre projet Internet de Rue par des points communs évidents : première sensibilisation au multimédia et utilisation d'un matériel mobile :

"Appel à projet 2004 sur l'appropriation sociale des usages à Brest
Informatique pour tous sur les quartiers de Kérourien et Kéranroux à Brest
- 21/10/2004

Porteur du projet : Ligue de l’enseignement FOL 29 27 rue Dixmude 29200 BREST
L'idée est de mettre à disposition des personnes éloignées de l'informatique un matériel mobile et des compétences professionnelles afin de leurs faire bénéficier d’une première sensibilisation au multimédia.

Partenaires concernés par le projet :

La Ligue de l’enseignement FOL 29, le service de la prévention spécialisée Don Bosco, La CSF du quartier, le centre social de Kérourien.

Objectifs :
• Première approche de l’informatique pour des personnes qui n'ont pas encore accès à l'espace multimédia de Kérourien.
• Découverte de logiciels éducatifs pour des enfants n’ayant pas d'ordinateur à la maison et ne pouvant venir seuls sur l’EPM.
• Aller au plus près des habitants (parfois à leur domicile) dans le but de les faire venir vers le lieu multimédia du quartier.

Le quartier de Kérourien est équipé depuis deux ans d'un pôle multimédia. Celui-ci ne désemplit pas. L’accès à Internet permet à une grande partie de la population de ne pas se trouver complètement en marge de ce nouveau mode de communication.

De nombreux partenaires du quartier soutiennent cette démarche et contribuent à emmener des personnes isolées vers ce lieu ressource.

Néanmoins nous constatons qu'une partie de la population en difficulté auprès de laquelle nous travaillons, n'arrive pas à faire la première démarche pour accéder à l'espace multimédia et souhaitons mettre en œuvre des moyens adaptés afin de faciliter l'accès au multimédia pour cette population isolée.

Le public :
Une des spécificités de ce projet soutenu par les partenaires a pour objectif majeur de toucher ces populations en réelle difficulté économique, sociale et culturelle.

Dans les faits, il va concerner une partie des jeunes habitant le quartier de Kéranroux. Actuellement, l'éloignement et le boulevard à grande circulation automobile, empêchent les jeunes enfants de moins de dix ans de se rendre seuls sur le quartier voisin.

Par ailleurs, certains adolescents n'osent pas s'y rendre en raison des difficultés inter-quartier. Quant aux adultes, l'isolement, les problèmes sociaux et économiques sont aussi une barrière à leur démarche, à leur envie de s’en sortir. C'est pourquoi nous trouvons nécessaire de mettre à disposition des usagers un matériel mobile qui peut suivre les besoins des populations (dans le cadre d'une réhabilitation de la cité, des relogements sont prévus sur le quartier de Kéranroux).

Les animations sur le quartier sont également assurées par Régine Roue de la ligue de l’enseignement Fol 29. Il semble important de préciser que la sensibilisation à l'informatique sur le quartier de Kéranroux a déjà commencé avec du matériel emprunté à la mairie de Brest.
Cette action fonctionne très bien : nous estimons qu'une quarantaine de personnes a déjà bénéficié de ce type de travail (des jeunes enfants, des adolescents mais aussi des mères de familles avec leurs enfants en bas âge). Depuis, huit de ces personnes viennent et fréquentent régulièrement l'espace multimédia.

Une fréquentation intéressante mais les besoins de formation se font de plus en plus pointus, les souhaits se précisent...

Pour mieux y répondre, nous avons envisagé d'orienter notre action selon plusieurs axes :
- Support à la recherche d’emploi : réalisation de CV, lettres...
- Ouverture vers le multimédia de l'aide aux devoirs mis en place sur le quartier pour les enfants et adolescentsn,
- Approche ludique et pédagogique au travers de logiciels éducatifs,
- Découverte de la photographie numérique,
- Animation de rue pour démystifier l'ordinateur et aller au-devant des personnes,
- Première approche de l'informatique.

Pour information, il est à noter que notre collectif oeuvre actuellement à la création du site "Couleur quartier", site qui valorise l'expérience interculturelle et intergénérationnelle sur le quartier. La création du site s'est appuyée sur le livre "Couleur quartier d'une rue à l'autre"."

Vous pouvez retrouver sur le site Web associatif de co-publication brestois Couleur Quartier, une formidable rubrique d'expression investie par les habitants : Des écrits dans le vent : poèmes, recette de cuisine, si j'étais...

14 octobre 2004

Vu a l'A.N.P.E.

Lundi 11 octobre 2004 au matin. 9h20.

Un homme d'une quarantaine d'années, le regard las, un peu hagard, portant un sac à dos, au visage buriné par le temps et l'alcool, entre dans une ANPE d'une ville de banlieue de plus de 70 000 habitants en région parisienne, demande à l'agent présent de pouvoir consulter les annonces en hôtellerie-restauration après s'être rangé dans la file de "pré-tri" à l'entrée du lieu.

On lui désigne du doigt les deux bornes internet de l'agence en lui déclarant qu'il y a pléthore d'annonces dans le secteur. Ce chercheur d'emploi demande si ces mêmes annonces sont disponibles sur papier. On lui répond qu'il y en a beaucoup plus sur Internet.
Il dit ne rien y connaître, fait demi-tour et quitte cet espace d'aide à l'emploi après avoir consulté le classeur papier d'une maigre épaisseur.

Si un animateur multimédia, un accompagnant se trouvait là, il aurait pu aider cet homme et qui sait l'accompagner dans son parcours de recherche d'emploi sur le Web.

En France, en 2004, replaçons-nous dans le contexte :
- moins d'un foyer sur trois a accès sur Internet,
- en août 2004, le chômage touche (selon les chiffres I.N.S.E.E.) 9,9 % de la population française.

05 octobre 2004

Expression personnelle sur le Web des personnes exclues a la rue, respect de leur memoire et liens pratiques

Le 28 novembre 2003, feu l'agence de Presse sur le Web Transfert publiait sous la plume de la journaliste Chantal Dussuel, un article passionnant intitulé : Des SDF américains publient leur site perso pour bousculer les idées reçues qui montre les usages et la valeur d'écrire et d'avoir un espace Web pour des personnes "en rupture" avec la société.

Quelques jours plus tard, Kevin Barbieux, auteur du blog The Homeless Guy à qui j'avais envoyé un courrier électronique me répondait très gentiment sur les circonstances d'écriture de son blog et de ce que cela représentait d'important dans sa vie : l'expression, la liberté de dire.
En ce sens, le blog de Kevin Barbieux est exemplaire par sa pluralité d'expression : il donne son avis sur l'actualité, décrit ce qu'il vit au quotidien mais aussi publie des critiques de livres qu'il consulte en bibliothèque.

Jean-Pierre Pinet m'a rapporté ce matin deux sites Web anglo-saxons très intéressants :

- Homeless Memorial Home Page : une page Internet dédiée à la mémoire de personnes décédées dans la rue à Toronto (Canada) depuis 1985, où est donc inscrite les noms un à un ; une liste malheureusement impressionnante. Les liens de personnes dans la rue ayant créé un site Web (bas de page) ne fonctionnent plus,

- Homeless People And The Internet est un site Internet américain qui explique certains aspects positifs de "mettre à disposit