Contacter les coordinateurs du projet



  • Jean-Pierre Pinet
    Responsable du projet
    "Internet de Rue"

    jeanpierre.pinet
    (AT)atd-quartmonde.org


    Bruno Oudet
    Responsable Scientifique
    bruno.oudet(AT)imag.fr

Projet labellise

Decouvrez le projet Internet de Rue

  • Le projet Internet de rue a telecharger en .rtf
    [Re]création du lien social à partir des TIC en allant au-devant des familles les plus pauvres. Développer et valider par une recherche/action à Paris et dans le Val d'Oise une démarche de sensibilisation et d'utilisation des TIC par des parents ou jeunes adultes de familles en situation de grande pauvreté afin de contribuer à la [re]-création du lien social. Démarche au départ individuelle et mise en oeuvre au plus proche des lieux de vie de ces personnes et notamment dans la rue, sur les pas de porte… Tirer le meilleur parti de l'expérience déjà accumulée dans les points d'accès publics recueillie lors d’une enquête auprès de ces espaces. Résultats du projet : - un site de référence sur le thème de l’utilisation des TIC comme outil pouvant contribuer à l'inclusion sociale, - la réalisation d'un document d'accompagnement des familles les plus pauvres pour l'appropriation des TIC incluant les aspects techniques (quels matériels, quels logiciels), des points de repères pour réussir, des erreurs à éviter, des propositions d’amélioration, en particulier de sites (services) publics.
  • Uses Of Internet Project (in English) to download in rtf. format
    This project is about developing and verifying through action research in Paris and the Val d'Oise (France), the raising of awareness and promotion of ICT use by parents or young adults living in extreme poverty, with the ultimate aim of contributing to the [re] creation of social interconnectedness. Initially, this approach will be carried out on an individual basis, in close proximity to where these people live, e.g. in the street, on the doorstep, derived largely, from the experience already accumulated in the public internet access points, from a survey of these areas. The results will be: - a portal website in French about digital divide, - an internet guide to ICT use as a means to achieving social inclusion, a document about accompaniment in ICT use of families in extreme poverty, including the technical aspects (what equipment, what software), reference points for succeeding, mistakes to avoid, suggestions for improvement, in particular for public service websites.

17 janvier 2007

Declaration d'Autrans et lutte contre la grande pauvrete

A l'issue des rencontres d'Autrans 2007, a été rendue publique une "Déclaration des 11èmes Rencontres d’Autrans" (on peut la trouver ici en pdf). Dans ce texte, un des points mérite une attention particulière du point de vue de la lutte contre l'extrême pauvreté : "Tout citoyen a le droit d’avoir une identité numérique, au moins sous forme d’une adresse électronique."

En effet, nombreuses sont les personnes, les familles, à avoir des difficultés à obtenir une domiciliation. On connaît l'expression "sans domicile fixe", mais rarement ce que celà recouvre dans la vie... De même, nombreuses sont les personnes à avoir un abri (sous un pont, dans un bois, un camion,...) qui n'est pas reconnu comme un "domicile".
Ne pas avoir de domicile, c'est, souvent, être coupés d'un certain nombre de droits.
Bien sûr, il existe des associations reconnues qui légalement peuvent domicilier une personne. Mais ce service n'est pas toujours accessible à tous ("sans-papiers", "illégaux",...) ou bien, tout comme pour les hébergements d'urgence, les personnes concernées ne souhaitent pas -ou ne peuvent pas, par exemple à cause de la distance- utiliser ces services.

En France, pour de très nombreuses démarches, l'identification d'une personne n'est pas indépendante de son domicile. Combien de fois, pour telle ou telle démarche, ne fusse que de très simples comme l'inscription à une bibliothèque publique, ne demande-t-on pas une preuve d'un domicile.

L'adresse électronique, c'est une identité : c'est vous qui écrivez (et l'on peut réfléchir aux moyens de protéger cette identité et de la rendre unique). Mais c'est aussi une adresse : on parle de "boîte aux lettres électronique". Cette adresse est d'ailleurs souvent "domiciliée" sur un serveur ou chez un fournisseur d'adresses. Il existe aujourd'hui toute une palette d'adresses électroniques gratuites.

Dans les relations avec l'administration (telles que nous les avons observées dans le projet "Internet de rue"), on constate que le fait de communiquer par courrier électronique est parfois plus rapide et plus efficace (pour les personnes en situation de grande pauvreté) que d'autres moyens (par courrier, par téléphone, au guichet).

L'Etat progresse dans la dématérialisation d'un certain nombre de démarches (voir "le monde d'Adèle"). Se pose la question de la dématérialisation des actes en eux-mêmes et de leur certification. Il nous semble qu'en même temps que ces réflexions déjà engagées, celle du droit de tout citoyen à une identité numérique (garantie) devrait également être posée, en lui associant -ou non- ce que "mon service public" appelle un "coffre-fort de documents" ou ce que d'autres dans une perspective de promotion professionnelle appellent un e-portfolio.

13 mars 2006

Participation d'Internet de rue

Après avoir participé au Guide de Créatif "Comment toucher et intéresser les publics les plus éloignés ?", l'équipe du projet a participé ou a contribué à plusieurs manifestations :

- la "Journée de travail multidisciplinaire du 15 décembre 2005" de la Fing sur les interfaces innovantes

- les "3èmes rencontres autour des EPN portés par les centres sociaux de Paris" autour de l'usage de blog dans des associations. A cette occasion, nous avons contribué à "Belleville blogue".

- une contribution est en cours pour la conférence "HCC7 Choix humains et ordinateurs"

18 octobre 2005

Informatique au service du refus de la misere

A l'occasion du 17 octobre 2005, le site web de la Journée mondiale du Refus de la misère a été remanié pour de venir plus participatif (il est maintenant sous Spip). Il s'est aussi ouvert vers de nouvelles langues.

Cela a été l'occasion pour des personnes vivant à la rue, pour des personnes ayant connu la misère de s'exprimer quasiment en direct (les articles ont été validés entre 5 et 30 minutes après leur envoi). Poèmes, réflexions, témoignages... Et cela à côté de messages on ne peut plus officiels de diverses personnalités.
Cela a aussi été l'occasion par exemple pour un groupe de femmes d'Inde de faire connaître leur action contre la pauvreté ou encore depuis la République du Congo, le Pakistan, ou la Nouvelle-Orléans...

Chacun des membres de l'équipe s'est investi : l'un accompagnant des familles, l'autre au Trocadéro, proposant un atelier de consultation et d'écriture avec toute une équipe du Centre Social BelleVille et de son Epn pour la couverture Internet/Wifi du parvis , le dernier derrière l'écran à l'animation du site...

Ce qui a eu lieu à l'occasion d'une journée pourrait devenir plus fréquent. Où sont les rêves de "démocratie directe" avec le support de l'Internet ?
Certes, il n'est pas simple d'arriver à ce que des personnes d'horizons aussi différents se comprennent -surtout sur un sujet aussi difficile que la lutte contre l'extrême pauvreté et la misère dans le monde-, et  que les plus fragiles ne soient pas écartés.
Au-delà des aspects commerciaux ou utilitaires souvent décrits, le support d'Internet pourrait contribuer à ce que les gens essayent de se comprendre, au rapprochement des peuples et à une société plus paisible parce que plus juste. C'est en tous cas ce que nous espérons...

24 mars 2005

REWICS 2005 : Contre l'e-exclusion, concretement...

Rewics2005_1

L'Edition 2005 des Rencontres Wallonnes de l'Internet Citoyen (R.E.W.I.C.S.) a réuni lundi 21 mars à Charleroi (Belgique) plus de 650 personnes ; un réel dynamisme des échanges autour de carrefours, d'ateliers, de rencontres et de discussions sur les stands, année après année.

En début d'après-midi, un carrefour intitulé Contre l'e-exclusion, concrètement... proposait une construction d'échanges avec la question générique "Comment peut-on, au jour le jour, combattre l'e-exclusion ? Le point sur des expériences, des mesures" à partir des interventions de :

- Thomas Noirfalisse, Oxfam-Solidarité
- Yves Bucas-Français et Ricardo Parrilla, Cyberespace - Agora - Emmaüs à Paris (France)
- Jean-Luc Raymond, projet Internet de Rue (France)
- Gérard Valenduc, coauteur de "Internet et inégalités, une radiographie de la fracture numérique", FTU
- François George, expert Labset

Animateur : Philippe Allard, coordinateur de la Fête de l'Internet (Belgique).

Des résumés de quelques interventions de ce carrefour seront prochainement mis en ligne sur ce blog.

Le sociologue Gérard Valenduc a insisté sur quelques points-clés :

- Il existe bel et bien une fracture numérique de second degré : un fossé aux usages (capacités d'usages) lié aux compétences des utilisateurs.
La question du capital social de départ de l'apprenant (ce qui est construit) dans sa démarche d'appropriation de l'informatique et de l'Internet est à distinguer du capital social durant le parcours d'apprentissage (où l'on redonne de la valeur à la personne, en quelque sorte).

- L'Internet peut s'envisager comme passerelle dans des univers différents : passerelle vers le travail, passerelle vers des droits sociaux...

- Il n'y a pas d'égalité homme - femme devant l'Internet dans l'usage, mais ce n'est pas propre à l'Internet. Cela se retrouve aussi dans le modèle familial traditionnel,

- Avec l'administration en ligne, l'exclusion crée de l'exclusion. Nous sommes nous du bon côté de l'exclusion où nous voyons l'administration en ligne comme facilitatrice (gain de temps, gain de productivité, efficience) ce qui n'est pas le cas des exclus.

Les échanges en fin de carrefour relèvent le problème générationnel (personnes retraitées) qui se sentent exclues de l'informatique et de l'Internet et "ont peur de mal faire".
Le manque de support et d'une maintenance matérielle et logicielle est également souligné tout comme le mythe de l'informatique ("qu'est-ce que cette boîte ordinateur et comment cela fonctionne ?").

(Remerciements à Philippe Allard et Pierre Lelong pour l'organisation des REWICS).

23 mars 2005

Declaration de Chennai

À l’invitation de la Fondation de recherche M.S. Swaminathan (MSSRF) et de la Direction du développement et de la coopération (DDC) de la Suisse, des praticiens du développement se sont réunis à Chennai, en Inde, du 17 au 19 novembre 2004, pour dresser le bilan des expériences menées en Asie et en Afrique en ce qui concerne l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour réduire la pauvreté. Cet atelier était organisé en collaboration avec l’Alliance mondiale pour le savoir (GKP), OneWorld South Asia et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Les participants ont décidé de rassembler leurs principales conclusions et recommandations dans une déclaration, en vue d’enrichir les discussions qui se dérouleront dans le cadre des processus de préparation de la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), des stratégies de réduction de la pauvreté et du Sommet de 2005 sur la mise en œuvre des objectifs du millénaire. La Déclaration de Chennai vise à alimenter le débat sur les TIC dans une véritable optique de réduction de la pauvreté. Ce travail sur la Déclaration de Chennai s'est poursuivi lors du Prepcom II (commission préparatoire du Sommet de Tunis), à Genève du 14 au 21 février 2005.

Déclaration de Chennai (fichier pdf en anglais)
Faits saillants du Prepcom II (salle de presse)

06 mars 2005

Aines et nouvelles technologies : l'exclusion au rendez-vous

L'Agence Wallonne des Télécommunications (A.W.T.) fait le point sur l'utilisation des nouvelles technologies par les aînés par un compte-rendu précis et exhaustif du colloque "Aînés et nouvelles technologies" ayant eu lieu le 17 décembre 2004 à Namur et organisé l'Union Chrétienne des Pensionnés, Mouvement Social des Aînés.

Il s'agissait de mener une réflexion concertée la fracture numérique touchant des populations âgées.

Le sociologue Gérard Valenduc (du Centre de recherche Travail & Technologies de la FTU, Fondation Travail-Université de Namur), spécialiste francophone de la Fracture Numérique a fait un point d'information sur :

"Aînés et exclusions : enjeux liés à l'appropriation des TIC".

Voici son exposé :

"
1. L'exclusion et l'inclusion dans la société de l'information

Les inégalités face aux TIC provoquent un accès inégal à l'emploi, à la formation, à la consommation de biens et services et une capacité inégale d'organiser ses réseaux de sociabilité. L'inclusion sociale se fait en évitant l'exclusion, en surmontant les obstacles dus aux inégalités, en exploitant les nouvelles opportunités (que peut-on faire avec les TIC pour atteindre un meilleur bien-être social réparti sur l'ensemble de la société?) et en favorisant l'implication dans le changement social (c'est-à-dire produire du contenu et participer activement, contribuer avec le potentiel qu'on possède);

2. Les TIC dans la vie quotidienne des aînés

Les TIC deviennent incontournables pour les aînés, par exemple pour l'accès aux guichets bancaires, la réservation de voyages, la recherche d'information, etc., bref, pour tout ce qui touche aux services aux consommateurs et aux citoyens, aux produits et équipements de la vie quotidienne et à l'invasion des "e-services" via Internet;

3. Les risques d'exclusion

Pour comprendre les facteurs de marginalisation ou d'exclusion, le niveau de revenu et le niveau d'éducation sont des variables discriminantes dans tous les pays nordiques. Il faut aussi prendre en compte :

- le rôle de l'expérience professionnelle antérieure liée à la démarche d'acquisition des compétences qui facilite l'usage;

- le rôle de la famille et des réseaux de relation: les familles qui ont plusieurs enfants ont plus de chances d'utiliser les TIC, tandis que les familles monoparentales surtout lorsque la femme est le chef de famille restent en difficulté. Le rôle de la famille est important aussi bien pour l'inclusion que pour l'exclusion: il faut souvent compter sur les petits-enfants pour pouvoir réparer ou comprendre ce qui ne marche pas;

- l'utilisation ambiguë de l'argument de l'âge et des stéréotypes liés à l'âge: on peut apprendre malgré qu'on est aîné et, souvent, les employeurs considèrent qu'au-delà de 50 ans, on n'est plus apte à réaliser des travaux qui demandent certaines compétences;

- la mise en retrait volontaire (les "robinsons" des TIC): il faut respecter la diversité car il existe des personnes qui sont réfractaires volontairement. Il faut dès lors maintenir la diversité d'accès au moyen des différents canaux de communication existants;

- la question du coût individuel et collectif: lorsqu'on compare l'informatique à d'autres innovations, les prix n'ont pas baissé quant à l'achat du matériel (le maître achat dans Test Achats était plus cher en 2002 qu'en 1992). Il existe également un problème de renouvellement du matériel qui est rapidement dépassé. C'est un problème de maturité des ordinateurs et de l'Internet. De plus, s'il suffisait de 50% d'utilisateurs pour que les "e-services" deviennent le seul canal de communication, on aurait réellement un processus d'exclusion;

- les différences liées au sexe: beaucoup de femmes n'ont pas l'occasion de se familiariser avec Internet, au travail celles-ci ont un usage égal à celui des hommes mais à domicile l'homme monoplise le PC;

4. Les modalités d'appropriation

Au-delà de l'accès, il faut considérer les usages et les compétences requises. En fait, il existe trois niveaux de compétences: les compétences instrumentales (capacité de manipuler et de réagir aux aléas, c'est un problème de formation), les compétences structurelles (capacité d'entrer dans les contenus hypertextes, navigation, moteurs de recherche) et les compétences stratégiques (capacité d'utiliser Internet au service d'un objectif). Les deux facteurs décisifs pour les aînés sont dès lors l'utilité attendue (ou mesurée), qui dépend du contexte et du capital social, et la complexité, qui reste un obstacle qu'on franchit rarement seul. Néanmoins, les problèmes des aînés sont les mêmes que ceux des jeunes mais ils prennent plus d'importance pour eux (procédures ou interfaces trop compliquées, mauvaise documentation, obsolescence trop rapide des logiciels et matériels, jargon, etc.);

5. L'enjeu de l'accessibilité

Pour les personnes handicapées, il faudrait des solutions techniques pour avoir des interfaces plus ergonomiques, une compensation par l'affichage, une ergonomie des claviers et souris;

6. Les potentialités de l'inclusion

De nouveaux réseaux de sociabilité sont tissés grâce aux TIC (apprentissage, communication avec des personnes éloignées). On aperçoit des nouvelles formes de solidarité à travers Internet (constitution de groupes d'intérêt, manifestations de solidarité, associations de groupes d'intérêt non basés sur la proximité, associations de patients, information militante)."

01 mars 2005

La e-solidarite en action, Site Web Le Dire Pour Agir du Secours Populaire Français

A l'occasion du premier anniversaire de l'espace MSN Actions Solidaires du portail internet MSN France, ont été réunis le 17 février, en matinée, à l'Université de La Sorbonne à Paris, de nombreuses responsables associations agissant dans le domaine de la solidarité pour un colloque sur le thème générique :

"L'e-solidarité : émergence d'un phénomène de société"
proposant des interventions du Secours Populaire Français, Action Contre La Faim et de la Croix-Rouge Française.

Une étude IPSOS sur la e-solidarité (auprès des internautes français) dévoilée le 17 février tend à montrer les qualités intrinsèques du média Internet au service de la solidarité.

Sur le sujet, pour les internautes, Internet est avant tout un support d'informations solidaires. Ainsi, près de 62% des internautes se sont informés au moyen d'Internet à la suite de la catastrophe en Asie.

Internet est source de mobilisation pour des dons en ligne auprès des associations mais le Web apparaît également comme une source de mobilisation privilégiée pour les associations afin de recruter des bénévoles.

L'information solidaire est vecteur d'actions solidaires. L'étude révèle en effet que don et information sont intimement liés sur le Web.

Le dossier de plus de 70 pages regroupant les principaux faits et chiffres de la e-solidarité en France (étude IPSOS, février 2005), les visages de la e-solidarité et le guide de bonnes pratiques d'associations solidaires présentes sur le Web ou agissant avec Internet, peut être téléchargé ici (au format .pdf) :
L'E-solidarité, une nouvelle forme de mobilisation.

Il y est fait écho du Projet Internet de Rue (en page 26) :

"Nous avons examiné jusqu'ici essentiellement le rôle d'Internet du point de vue des acteurs de la solidarité. Si l'on se place du point de vue des bénéficiaires, il y a lieu de s'arrêter sur le rôle d'Internet au service des exclus avec le cas d'ATD Quart-Monde, qui soutient une initiative originale : "L'internet de rue".
A l'occasion des 9e Rencontres d'Autrans - du 12 au 15 janvier 2005 -, grand rendez-vous annuel du monde du Web en France, la dernière journée était consacrée à la lutte contre les exclusions et aux moyens à mettre en oeuvre pour éviter la fracture numérique à la fois entre les personnes et entre les territoires. L'association ATD Quart-Monde a présenté son projet qui consiste à recréer du lien social grâce aux NTIC, en allant au-devant des familles les plus pauvres : "Pour certains, il s'agit d'une première ouverture à l'informatique, un moyen de chercher du travail sur Internet ou d'obtenir sans attendre un extrait d'acte de naissance," précise Jean-Pierre Pinet, qui pilote le projet chez ATD Quart Monde. Les informations sur l'initiative sont périodiquement diffusées sur un blog collaboratif qui assure également une veille francophone sur le fossé numérique.""

Il est également évoqué le projet de l'association Emmaüs (page 27) :

"D'autres associations, telles qu'Emmaüs, ont fait part, lors de ces journées, de leurs efforts dans cette lutte pour faire découvrir Internet et les nouvelles technologies aux populations les plus défavorisées. L'association Emmaüs a ouvert ainsi son premier cyberespace en novembre 2003 au sein de l'un de ses principaux sites parisiens : l'Agora.
Face au succès rencontré, quatre nouveaux points d'accès ont ouvert en 2004."

Retrouvez également en ligne l'étude IPSOS (en .pdf) : Les internautes et l'e-solidarité.

Le dire pour agir: une initiative du Secours Populaire Français

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Durant le colloque, Marc Castille, directeur de la Communication du Secours Populaire Français a cité une initiative particulièrement originale de son association, le site Web Le dire pour agir édité sous la forme d'un forum. Les témoignages, questions et réponses y foisonnent et font sens.

Présentation du site Web "Le Dire Pour Agir" :

"Un espace d'expression libre
Ce site est avant tout un espace d'expression libre et un lieu de rencontre. Il vous propose de faire partager vos émotions, vos colères, vos désirs, vos rêves, votre volonté d'agir, vos propositions concrètes.

Malgré la loi contre l’exclusion, malgré les mesures prises, malgré les efforts des associations, la misère s’accroît, elle est de plus en plus difficile à supporter. Ici, vous pouvez faire connaître et partager vos expériences, comme le préconise la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions. Vous pouvez interpeller les institutions et les décideurs. Vous pouvez être entendu, afin de créer de nouvelles solidarités et un monde plus humain.

Réagissez aux messages qui ont été déposés par les visiteurs précédents, proposez des solutions à ceux qui ont exprimé leur souffrance. Témoignez en déposant une nouvelle contribution, à laquelle les internautes pourront ensuite répondre."

"Ne pas etre un analphabete du 21e siecle"

Initiatives de terrain et réflexions ont été présentées et discutées lors de la dernière plénière de la 9e édition des Rencontres de la Société en Réseau d’Autrans, le 15 janvier 2005, une séance consacrée à la lutte contre l’exclusion numérique et au rôle l’intermédiation. C’est d’ailleurs l’importance du rôle du médiateur et de la relation humaine qui a été l’objet central du débat.

Différentes approches pour un même objectif : combattre l’exclusion numérique

Désormais institué comme dernier rendez-vous traditionnel des Rencontres d’Autrans, la lutte contre l’exclusion numérique était traitée cette année sous l’angle de la multiplicité des approches : en espace multimédia fixe avec le CyberAgora de Emmaüs (à Paris), à travers l’observation scientifique via les travaux de la chercheuse Hélène Trellu à Brest dans un quartier populaire (l’Espace Public Numérique au pied d’un immeuble) ou bien encore via le Projet Internet de Rue d’ATD Quart-Monde qui fait se déplacer les permanents de l’association avec des ordinateurs portables auprès des populations exclues dans le Val d’Oise et à Paris.

A côté de ces initiatives, le cartable électronique du Conseil Général de l’Isère est une expérience à grande échelle d’équipement des collégiens du département en ordinateurs portables. Cela contribue-t-il à améliorer les résultats scolaires des collégiens et à une plus grande équité devant l’appropriation des nouvelles technologies ?

Enfin, deux représentants actifs en Belgique viennent présenter leurs travaux : un responsable de Technofutur 3 (Gosselies), centre de compétence en Technologies de l’Information de la région Wallonne, propose quelques axes de réflexion sur la formation individualisée de citoyens pour une meilleure intégration sociale. Le réseau ESnet fait état de son recueil de bonnes pratiques et du plan fédéral d’inclusion sociale qui intègrera un volet T.I.C.

Un cartable électronique «pour apprivoiser les nouvelles technologies»

André Colomb-Bouvard, vice-Président du Conseil Général de l’Isère, et animateur de cette plénière, prend la parole et fait le point sur la mise en place du cartable électronique par le département. Le Conseil Général a souhaité offrir la possibilité à 6 collèges de fournir aux élèves des ordinateurs portables dits «cartables électroniques» dotés de contenus pédagogiques ; un investissement qui a demandé plus d’un an de préparation en partenariat avec le Conseil Régional Rhône-Alpes.
L’accompagnement a été «soumis à des aléas» liés à la responsabilité co-partagée (Ministère de l’Education Nationale et Conseil Régional) de la maintenance du matériel.
Si l’objectif affiché est de «lutter contre la fracture numérique», l’inégalité des collégiens devant l’outil demeure un problème majeur. Toutefois, les collégiens dotés d’un ordinateur portable ont un taux de réussite scolaire plus élevé que leurs camarades non équipés dans la même classe d’âge ; un réel facteur de réussite.

L’ordinateur «ouvre des portes» et rompt l’isolement humain

Rien ne se passe sans l’intermédiation, maître-mot de cette matinée, et l’illustration en est donnée par Corinne Chevrot et Gwénaël Navarette, deux permanents d’ATD Quart-Monde qui oeuvrent sur le terrain en Ile-de-France via le projet Internet de Rue (co-financé par le Ministère de la Recherche). Ces deux personnes accompagnent des gens isolés et démunis d’eau et d’électricité vers un premier pas vers l’informatique avec du matériel mobile et autonome (des ordinateurs portables).

«L’ordinateur ouvre des portes aux gens» indique Gwénaël Navarette car si les personnes vivent des situations très difficiles, elles ont des demandes très précises : consulter des cédéroms de musées, jeter un coup d’oeil des sites Web de son pays d’origine.
Cela nécessite un long apprentissage de l’ordinateur où l’humain se trouve au cœur du dispositif, une sorte de « plan de réinsertion » aidant ces personnes à entrer dans des lieux qu’elles ne connaissent pas comme une bibliothèque municipale du Val d’Oise.

La connexion internet n’est pas disponible pour ces populations pauvres se trouvant de plus en plus isolés en dehors des villes, comme c’est le cas en Région Parisienne.

A Brest, observer et participer à la vie de l’E.P.N. pour mieux comprendre l’exclusion numérique

Autre démarche qui débute, celle de l’«observation participante» de Hélène Trellu, doctorante-chercheuse à Brest qui travaille au sein du projet P.S.A.U.M.E. à l’analyse des usages et des pratiques de publics éloignés de l’Internet par la géographie, la culture ou d’autres formes d’isolement.

A Brest, Hélène Trellu s’intéresse à ce qui se passe dans deux quartiers populaires de la ville pour dégager des traits pertinents : les logiques entre un Espace Public Numérique au sein d’un bâtiment en logement social et les habitants.
Pour cela, Hélène est présente en permanence sur le quartier et participe à la vie de l’E.P.N. «Il faut qu’ils voient comment tu fonctionnes» mentionnait un employé de ce cyberespace brestois pour que la jeune chercheuse puisse observer et avancer dans son travail.
Localement, l’E.P.N. est intégré dans le tissu social et s’inscrit dans une démarche de projet. Des familles modestes se rendent à la halte-garderie et discutent autour d’un café des nouvelles technologies avec Hélène ; une approche originale !

En Belgique, plus de 100 associations échangent sur le thème de la fracture numérique

Le réseau belge ESnet (Economie Sociale et solidaire face aux technologies de l’information et de la communication), représenté à Autrans par son permanent Dominique Gany, travaille, depuis quelques années, à réunir plus de 100 entités associatives qui se préoccupent du développement des T.I.C. pour les populations à faibles revenus avec plusieurs missions : la dissémination des pratiques, la formation de formateurs, la création d’outils de partage sur le sujet de la fracture numérique, la constitution d’un réseau non virtuel d’acteurs d’associations volontaires et le développement de bonnes pratiques pour «lutter contre la fracture numérique».

Ce travail impressionnant fait l’objet de séminaires tout au long de l’année. Un inventaire de 200 bonnes pratiques d’e-inclusion a été publié par Esnet en juin 2004 et le réseau Esnet a joué un vrai rôle dans l’impulsion de l’idée d’un plan fédéral d’actions E-Inclusion qui sera lancé par le Gouvernement Belge au cours du premier semestre 2005.
D. Gany fait remarquer que les technologies deviennent omniprésentes dans notre univers quotidien : «puces RFID, e-banking, e-administration» et que cela demande, à chaque fois, un nouvel apprentissage», d’autant plus vrai pour des personnes éloignées de l’Internet.

100 000 demandeurs d’emploi formés aux T.I.C. en Région Wallonie

Pierre Lelong, l’un des cordinateurs du centre de compétences Technofutur 3 en Wallonie livre quelques réflexions non dénuées de sens : «parler d’intermédiation, c’est mettre en contact une personne avec une autre personne».
Le cœur de métier de Technofutur 3 est la formation en matière de T.I.C. et le centre accueille de nombreux demandeurs d’emploi chaque année. La démarche de formation pour ces publics doit s’appuyer sur un parcours «hautement individualisé» à partir de besoins réels et le rôle du formateur est prépondérant.

Une expérience marquante d’intégration sociale via les nouvelles technologies : à La Louvière, une structure de femmes d’origine africaine ont été formées en 6 mois à la maintenance en informatique. Elles sont devenues des techniciennes de proximité pour des particuliers et ont développé une activité économique solidaire autour des T.I.C.

Une exception en Europe francophone, la Région Wallonie poursuit massivement en 2005, la création d’Espaces Publics Numériques sur son territoire, en favorisant le développement de nouvelles formes de médiation en matière d’appropriation des T.I.C. avec les collectivités locales.

Un Cyberespace au cœur de Paris dans un centre d’accueil Emmaüs

En plein centre de Paris, l’Agora accueille plus de 500 personnes exclues par jour qui viennent nettoyer leurs affaires, récupérer leur courrier...
C’est dans ce lieu que l’Association Emmaüs a créé avec l’aide de Microsoft, fin 2003, le CyberEspace Agora, coordonné par Ricardo Parrilla avec l’aide de cinquante bénévoles dont Yves Bucas-Français (sociologue), tous deux exposant lors de cette plénière quelques éléments sur leur activité.

Plus de 40 personnes par jour viennent se former au traitement de texte, au tableur, avoir une maîtrise minimale de l’Internet, faire leurs CVs, effectuer des démarches administratives en ligne, communiquer avec leur famille grâce à l’utilisation du courrier électronique.

Le CyberAgora est un lieu d’expérimentation et d’apprentissage. Des mères de famille avec jeunes enfants, des demandeurs d’emploi, des étudiants étrangers et des apatrides le fréquentent. Pourquoi offrir ce service à des personnes exclues ? «Le fait d’être dans la précarité n’est pas synonyme d’absence de connaissances pour les gens que nous accueillons».
Un atelier photo a été monté l’an dernier au sein de CyberAgora avec apprentissage de la technique de la photo numérique, la maîtrise d’un logiciel d’acquisition et de retouche photo. Les textes et photos ont fait l’objet d’une publication sur le site Web de Télérama.

Dans la salle, Philippe Cazeneuve, auteur du récent guide «Comment toucher et intéresser les publics les plus éloignés de l’Internet ?» (édité par l’association CREATIF) ajoute qu’il faudrait davantage travailler au niveau national sur le profil du nouveau «médiateur de l’Internet», ce qui relève d’une vraie préoccupation sur l’appropriation des T.I.C.

Yves Bucas-Français insiste enfin sur le rôle de l’alphabétisation numérique, un vrai enjeu pour notre société contemporaine. Il se souvient de ces mots d’une jeune femme africaine qui lui a dit un jour, au CyberEspace Agora : «Je ne veux pas être une analphabète du 21e siècle». Sommes-nous à la hauteur de cette préoccupation ?

28 décembre 2004

Internet "hors les murs"

Au dernier Forum Européen de l'Administration Electronique, qui s'est tenu les 15 et 16 décembre 2004 à La Vilette, diverses présentations sur la joignabilité de l'administration hors les murs ont retenu mon attention.

Ainsi parmi les conclusions présentées pour le projet IRIS de l'Observatoire des Télécommunications, se dégageait le fait que la "fracture" est d'abord culturelle, sociale, d'éducation avant d'être numérique et par conséquent que le problème n'est pas technologique, mais plutôt de faire venir les personnes ou d'aller à leur rencontre. Ce site propose d'ailleurs nombre de monographies de projets.

Un autre démarche intéressante a été mise en place, dans le cadre d'un projet européen, par le Conseil Général de Dordogne. Il s'agit du "projet MAP", un outil d'e-assistance relationelle, qui permet de recréer pour un travailleur social en déplacement à la rencontre des personnes son environnement de travail habituel. Des travailleurs sociaux sont équipés d'ordinateurs portables munis de cartes Gprs (le coût de ce type de communication, selon un responsable, équivaut environ aux coups de téléphones que devaient donner les travailleurs sociaux pour trouver des renseignements). Ils sont alors en communication avec un système chargé de capitaliser l'information sociale. Ce projet repose sur une constatation : "l'action sociale nécessite des intermédiaires" mais aussi une ambition, celle d'optimiser les ressources, de développer des accès multicanaux (SMS, courriel, téléphone) ainsi que des modules interpréteurs permettant de s'y retrouver dans de telles masses d'information.

Selon les chiffres que j'ai retenus, environ 40 % des français seraient encore, à des degrés divers, "éloignés" d'usages de l'Internet, en particulier de celui de l'administration électronique. J'ai personnellement trouvé que le souci de l'accès mais aussi de l'utilisation de ces ressources par ces publics éloignés se marquait de plus en plus. On ne peut qu'espérer que cette tendance s'affirme plus encore.

24 décembre 2004

Présentation du projet à l'Unesco

J'ai eu l'occasion de présenter le projet "Internet de rue" à l'Unesco dans le cadre de la Commission Programmatique Mixte ONG - Unesco "Eradication de la Pauvreté, particulièrement de l'extrême pauvreté", où siège le Mouvement Atd Quart Monde. Le thème de séance était "Donner la parole aux sans-voix".

De nombreuses associations, organismes, disent aujourd'hui "donner la parole aux sans voix". Atd Quart Monde a sa propre expérience, fondée sur plus de 40 ans de proximité des plus pauvres. Si nous cherchons à ce que des personnes vivant des situations de grande pauvreté s'expriment, c'est pour leur permettre d'être, avec d'autres, actrices d'un changement, pour elles-mêmes, leur famille, l'ensemble des autres personnes vivant les mêmes situations... et la société. Cette "prise de parole des sans voix" est, pour nous, bien plus que l'exercice d'un "droit à l'expression" ou d'une "liberté d'expression". A l'image de ce qui existe dans d'autres milieux sociaux, pour qu'une prise de parole amène à un changement de la réalité, il faut qu'elle soit l'aboutissement d'un dialogue.
Dans ce cadre-là, "donner la parole" aux personnes qui vivent des situations d'extrême pauvreté demande des conditions, un cheminement pour arriver à un résultat. Les programmes Quart Monde - Université et Quart Monde - Partenaires que le Mouvement Atd Quart Monde continue de mener en sont une illustration.
Dans le projet "Internet de rue", nous envisageons dans les mois qui viennent de mettre en place, dans cet esprit, un espace d'expression où nous privilégierons la prise de parole des personnes en situation de grande pauvreté sur l'actualité, les questions de société.

Deux autres personnes sont intervenues lors de cette séance, dont Mme Stella Hugues, chef de section "Média et Société" à l'Unesco. Elle y a présenté un très intéressant programme qui associe radio et télécentres, intitulé "Centres Multimédias Communautaires" (CMC). L'un des aspects de ce programme est le "radio-surf" où des spécialistes commentent en direct sur les ondes de la radio, en langue locale, des pages web sur différents sujets : santé, agriculture, micro-crédit,... Ce programme s'est axé en particulier sur l'appropriation locale des projets (il fait, entre autres, de nombreuses interviews sur le terrain), sur la recherche de technologies adaptées (la radio-valise, la lampe à pétrole récepteur FM,...) , le développement d'activités rénumératrices tout en offrant des services à prix coûtant voire gratuits aux plus démunis. Lancé en janvier 2001, les CMC ont abouti à la création de 45 centres dans différents pays et le Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI) a conduit à son développement à grande échelle, avec l'idée d'en faire un service public.

Références :
Section du portail de l'Unesco sur les Centres Multimédia Communautaires
Présentation du guide en français. Il existe aussi un CDRom de présentation, disponible sur demande à l'Unesco.
Téléchargement du guide en français (147 p. - 4 Mo)

20 octobre 2004

L'administration en ligne et les lieux d'acces publics a l'Internet

"Les EPN : facilitateurs locaux des démarches en ligne ?"
Atelier B4 dans le cadre
du Forum Régional Ile-de-France sur la e-administration territoriale
le 18 octobre 2004 à l’Institut Pasteur (Paris)

Modération de l’atelier : Nathalie Caclard et Jean-Luc Raymond (comité de pilotage des Jeudis des EPN)

Problématique en ligne : http://www.forum-idf.com/public/page.tpl?rub=4580

Dans le cadre des jeudis des Espaces Publics Numériques, un atelier a été mené concernant le rôle des EPN dans l'accompagnement des utilisateurs aux services administratifs en ligne. C'est autour de cette thématique que se sont réunis plus d’une quarantaine de personnes : animateurs multimédias, représentants de collectivités territoriales (communes, intercommunalités, agences régionales de développement TIC), consultants, acteurs associatifs, représentants de la Délégation aux Usages de l’Internet afin de partager leur expérience et de réfléchir à des propositions concrètes pour une administration en ligne prenant mieux en compte les préoccupations des acteurs de terrain des EPN.

Malgré les difficultés rencontrées à identifier les structures, certains lieux d'accès publics franciliens à Internet ont intégré dans leur démarche, un accompagnement à la e-administration sous la forme d'une initiation voire d'ateliers collectifs en exploitant les ressources en ligne sur des thématiques différentes : démarches administratives, volet santé, aide sociale, emploi...
La notion même de e-administration est floue : celle-ci peut être très restrictive (télé-procédures) voire très large (prévention santé par exemple).

Le réseau des Points Cyb en Ile-de-France, par exemple, a mis en place des opérations qui facilitent le quotidien des utilisateurs, à Fontenay-sous-Bois (94), une action pour la fête de l'Internet "Venez déclarer vos impôts en ligne". Le Point Cyb formait également les personnels des administrations locales. A Eragny-sur-Oise (95), une opération service public sur la place du marché a permis d'expliquer au public que des services en ligne existent et d'en connaître les avantages.

Jean-Pierre Pinet, responsable TIC d’ATD Quart Monde a présenté le projet intitulé "Internet de rue" qui apporte avant tout un accompagnement à l'apprentissage d’Internet pour des familles en situation de grande pauvreté en respectant leur choix et leurs désirs propres.
Il a expliqué que l'aide à l'administration en ligne pour les personnes défavorisées peut répondre à leur préoccupation en matière de logement, de demande de papiers ou de justificatifs (les coûts d'appels téléphoniques des centres d’appels sont souvent plus chers que l'Internet). La réponse, rapide, apportée par les services administratifs en ligne sont un moyen de reconnaissance en tant qu'individus pour ce public isolé.
Il a par ailleurs insisté sur les notions de Droit du citoyen (par la lecture d'un extrait d'un rapport du Conseil Economique et Social) et a souligné que les apports d'Internet permettent pour ces personnes une (re-)création de liens sociaux.

Laurent Martin, animateur de la MJC de Corbeil, EPNE (Espace Public Numérique Essonnien) a expliqué qu'il répond ponctuellement aux demandes de démarches en ligne des utilisateurs dans son planning d'activités au jour le jour. Certaines demandes sont identifiées comme récurrentes et saisonnières (inscriptions universitaires, déclarations d'impôts...).
Il a d'autre part suivi la formation des EPNE dispensée par l’ADAE et son principal questionnement se situe par rapport à la responsabilité de l'animateur multimédia dans l'accompagnement des démarches en ligne (erreurs orthographiques dans les formulaires en ligne, falsification d'identité…). La démarche d'accompagnement de la MJC de Corbeil est originale en ce sens que la e-administration ne relève habituellement pas des missions d'une MJC.

Enfin, un brainstorming de plus de 45 minutes a permis aux participants d'apporter leur contribution quant à des propositions concrètes, des questionnements qui pourraient faciliter une approche de l’administration en ligne en voici quelques uns :

- qu'en est-il des centres d'appels complémentaires à la démarche d'un EPN ?
- quelle implication pour les agents administratifs dans les EPN ?
- une meilleure ergonomie des sites internet (en terme de visibilité sur n'importe quel navigateur et en terme de pédagogie),
- important travail à réaliser avec les partenaires locaux et les sites administratifs,
- des formations adaptées pour les animateurs à la e-administration,
- mettre en place des comités d’usagers locaux pour notamment faire remonter des soucis d'ergonomie des sites Web locaux…

L'ensemble des points de ce brainstorming seront remis prochainement à la Délégation aux Usages de l'Internet et à l'ADAE.

A la question : "les EPN peuvent-ils être des facilitateurs locaux de démarches en ligne ?", la salle était unanime : OUI mais avec quels moyens en matière de formation, de sites, de responsabilités pour l'animateur ?

Le prochain « Jeudis des EPN » aura lieu le 19 novembre
au CyberCrips de Paris (Tour Maine-Montparnasse) sur le thème "EPN et Santé".
Renseignements et inscriptions sur ce site Web.
Les jeudis des EPN sont agréés "formation" par le CIDJ.

Les sites Web cités lors de l'atelier :
http://www.generationcyb.net : portail du réseau des points cyb,
http://reso.blogs.com/crealiens : site collaboratif du projet Internet de Rue et veille thématique francophone sur le fossé numérique,
http://www.mjccorbeil.com/ : site Web de la MJC de Corbeil.

Compte-rendu produit par Nathalie Caclard et Jean-Luc Raymond