Contacter les coordinateurs du projet



  • Jean-Pierre Pinet
    Responsable du projet
    "Internet de Rue"

    jeanpierre.pinet
    (AT)atd-quartmonde.org


    Bruno Oudet
    Responsable Scientifique
    bruno.oudet(AT)imag.fr

Projet labellise

Decouvrez le projet Internet de Rue

  • Le projet Internet de rue a telecharger en .rtf
    [Re]création du lien social à partir des TIC en allant au-devant des familles les plus pauvres. Développer et valider par une recherche/action à Paris et dans le Val d'Oise une démarche de sensibilisation et d'utilisation des TIC par des parents ou jeunes adultes de familles en situation de grande pauvreté afin de contribuer à la [re]-création du lien social. Démarche au départ individuelle et mise en oeuvre au plus proche des lieux de vie de ces personnes et notamment dans la rue, sur les pas de porte… Tirer le meilleur parti de l'expérience déjà accumulée dans les points d'accès publics recueillie lors d’une enquête auprès de ces espaces. Résultats du projet : - un site de référence sur le thème de l’utilisation des TIC comme outil pouvant contribuer à l'inclusion sociale, - la réalisation d'un document d'accompagnement des familles les plus pauvres pour l'appropriation des TIC incluant les aspects techniques (quels matériels, quels logiciels), des points de repères pour réussir, des erreurs à éviter, des propositions d’amélioration, en particulier de sites (services) publics.
  • Uses Of Internet Project (in English) to download in rtf. format
    This project is about developing and verifying through action research in Paris and the Val d'Oise (France), the raising of awareness and promotion of ICT use by parents or young adults living in extreme poverty, with the ultimate aim of contributing to the [re] creation of social interconnectedness. Initially, this approach will be carried out on an individual basis, in close proximity to where these people live, e.g. in the street, on the doorstep, derived largely, from the experience already accumulated in the public internet access points, from a survey of these areas. The results will be: - a portal website in French about digital divide, - an internet guide to ICT use as a means to achieving social inclusion, a document about accompaniment in ICT use of families in extreme poverty, including the technical aspects (what equipment, what software), reference points for succeeding, mistakes to avoid, suggestions for improvement, in particular for public service websites.

21 février 2007

Les technologies de l’information, catalyseur d’innovation sociale ?

Rewics_20071 La prochaine édition des Rencontres wallonnes de l’Internet citoyen est sur les rails…. Avec une date : le lundi 19 mars. Et un lieu devenu habituel : le CEME à Charleroi.  Au fil du temps, ces Rencontres se sont imposées comme un moment important d’information et d’échange, tant en Belgique qu’au niveau européen.

Cette année, elles cherchent plus particulièrement à examiner les relations qu’entretiennent les TIC avec la dynamique de l’innovation sociale, notamment en matière d’économie sociale, de développement durable, de jeunesse ou encore d’apprentissage en réseaux. Au-delà de l’effet médiatique lié au Web 2.0, elles entendent réfléchir plus profondément sur la manière dont les réseaux technologiques peuvent contribuer à générer une « plus-value sociale ».

Pas d’élitisme cependant : les Rewics sont ouvertes à toutes et tous. Nul ne doit être spécialiste pour venir. Et aux débats d’idées, succéderont des sessions consacrées aux usages ou encore des ateliers pratiques, soit au total environ 35 activités. A moins que les participants ne cherchent leur bonheur parmi les exposants (une soixantaine), sur la place publique (tribune off), au cœur du Village des Espaces publics numériques wallon, au pied de la Fabrique d’idées, ou encore dans l’atelier de démo de FON, projet d’une start-up espagnole qui commence à mailler le territoire de réseaux wi-fi.

On soulignera ainsi quelques débats et usages :

600 participants sont attendus, fermement invités à collaborer (cfr le bouton « Interactivité » sur le site). Pour échanger avec une petite centaine d’intervenants, praticiens, chercheurs ou décideurs, issus de Belgique et de France (une quinzaine).

Signalons, pour conclure, que l'accès à la journée est GRATUIT grâce à divers apports publics. Infos et inscriptions sont disponibles en ligne sur le site www.rewics.be.

15 février 2007

Internet contre fracture sociale

Jeudi 15 mars 2007 à 18h00 à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon

Vauxvelin_1 Une rencontre du cycle « Les jeudis de Papier Velin » avec Bruno Oudet (Professeur à l’Université Joseph Fourier, responsable du projet scientifique Internet de rue) et Aurélie Mallet (étudiante en développement local) est concacrée à "Internet contre fracture sociale".

Quel lien entre fracture sociale et « fossé numérique » ? Certains soutiennent que l’accessibilité à l’informatique est un moyen de réduire la fracture sociale. D’autres vont jusqu’à dire que exclusion sociale et fracture numérique sont directement liées : deux manières d’exprimer le même problème. Qu’en est-il et quels sont les enjeux sociaux ?

Bruno Oudet rendra compte par ailleurs des actions menées pour réduire la fracture numérique en terme de [re]-création du lien social par le projet Internet de rue.

Aurélie Mallet présentera les actions menées à Vaulx-en-Velin afin d’ouvrir le débat.

Pour en savoir plus voir le programme du cycle de conférence : www.papiervelin.net

15 janvier 2007

Rencontres d'Autrans

Comme toujours, les rencontres d'Autrans ont été un moment passionnant de dialogue, de découvertes.

Cette année, plus que les précédentes, ce sont les gens, les personnes qui ont été au centre. Que ce soient les jeunes québecquois (voir les interviews) qui, à l'école ou dans la vie utilisent les blogs pour apprendre, découvrir, créer... ou les blogueurs de Bondy qui, durant la campagne électorale seront une des voix des banlieues.

Mais Autrans a aussi été l'occasion du démarrage de projets concrets, comme cette encyclopédie ouverte de l'accès public à Internet, encyclopédie collaborative où chaque acteur de l'accès public est invité à partager ses savoirs et savoir-faire.

La matinée du dernier jour était consacrée à "La e-inclusion des jeunes générations, retours d'expériences" et deux articles consacrés à l'action d'ATD Quart Monde, l'un sur le blog d'Autrans, l'autre sur le Bondy blog.

Une occasion de découvrir combien le fossé qui sépare ceux qui "font la course en tête" de ceux que l'on ne voit même plus reste grand et quel travail reste à faire...

15 juin 2006

Evolution et tendance

Des Forums comme celui des Territoires Numériques Franciliens sont toujours intéressants pour saisir des évolutions, des avancées, des innovations... ici, dans le domaine public. A côtés de pistes concrètes pour poursuivre au sein de la population l'apprentissage de l'outil et de ses usages, comme en Picardie, des différentes interventions, celle qui m'a le plus marquée est l'initiative de Nanterre qui pose la question de "l'utilité sociale de ce qu'on fait". Là, si j'ai bien compris, les projets numériques sont pensés dans une globalité : comment améliorer, aider à l'accès aux droits (qu'ils soient 'fondamentaux' comme l'aide aux sans-papiers, l'éducation ou qu'ils touchent la participation citoyenne et le droit à la culture) ? Ces actions sont aussi réfléchies en termes de développement du lien social : permettre aux gens de se rencontrer, tisser des liens entre communautés...

A travers de tels projets, le numérique n'est plus un 'en soi' (apprendre l'ordinateur pour se servir de l'ordinateur) mais s'intègre dans un projet plus vaste, en tant qu'outil d'une politique, d'une visée sociale.

Sur le terrain, nous avons vécu à plusieurs reprises une évolution similaire. Après plus d'un an de rencontres avec un groupe de familles très pauvres en Val d'Oise dans le cadre d'une découverte de l'ordinateur et de l'internet, avec une perspective participative, est née l'idée d'une rencontre avec le Maire de la commune sur laquelle résidaient ces familles. Cette rencontre a eu lieu et a permis une découverte mutuelle. Nous espérons des suites en termes de médiation sociale.

Comme à Nanterre, ce projet, né d'une action 'Internet' qui aurait pu naître d'une autre action, a supposé assez rapidement la concertation de différents partenaires et une 'mutualisation' des compétences (où l'on n'est plus 'concurrent' mais où l'on reconnaît la complémentarité de l'autre). Y a peut-être contribué aussi cet 'état d'esprit' de l'Internet qui est de casser les frontières, de pouvoir toucher directement les personnes au-delà d'éventuelles barrières structurelles, organisationnelles.

Pour moi, c'est là que serait véritablement le progrès : dans la mesure où il permet une avancée humaine !

30 mars 2006

Quand les familles tres pauvres accedent à l'informatique

Au moment où vont s'ouvrir en Belgique les Rewics (Rencontres wallonnes de l'Internet citoyen) et où les politiques publiques évoluent, Yoann Gallard, volontaire d'ATD Quart Monde à Liège, m'écrit :

"A Liège, de plus en plus de familles pauvres s'équipent d'ordinateurs. Nous constatons que pour toutes c'est le désir d'être en marche avec le monde qui motive l'achat.

C'est ainsi le moyen de communiquer avec d'autres par messageries, forums, iphone ... Pour certains c'est aussi le moyen de profiter des services des administrations ou pour une recherche d'emploi. C'est aussi pour les parents et les enfants un moyen de rester dans une actualité : musique, films, jeux...

Pour d'autres, parents de jeunes enfants, s'équiper c'est offrir à leurs enfants la possibilité de se familiariser avec un outil afin qu'ils ne soient pas en décalage avec les autres à l'école.

Voir ainsi des familles pauvres s'équiper c'est voir combien elles aspirent, comme tous, à faire partie intégrante du monde qui nous entoure. Mais une fois de plus, les moyens dont elles disposent ne sont pas à la mesure de leurs aspirations.

Les ordinateurs qu'elles peuvent acquérir sont souvent vieux, voire de récupération et inutilisables, les conditions dans lesquelles ces familles vivent entraîne souvent des coûts de maintenance difficiles à supporter. Par conséquent, ces familles sont souvent demandeuses de conseils, de maintenance, de formations...

Pour nous qui sommes proches de ces familles et qui avons accès à du matériel récent se pose alors différentes questions. Dans quelle mesure faire accéder ces familles aux possibilités offertes par des machines et des logiciels récents alors qu'elles mêmes ne peuvent pas y accéder ? Face à quels décalages les mettons-nous?

Une des pistes possibles est, avant toutes choses, d'entendre l'envie des personnes et de partager des outils qui y répondent !"

Quelle prise en compte des personnes les plus pauvres (formation, maintenance, conseil,...) au sein des EPN belges et des politiques publiques ?

13 mars 2006

Participation d'Internet de rue

Après avoir participé au Guide de Créatif "Comment toucher et intéresser les publics les plus éloignés ?", l'équipe du projet a participé ou a contribué à plusieurs manifestations :

- la "Journée de travail multidisciplinaire du 15 décembre 2005" de la Fing sur les interfaces innovantes

- les "3èmes rencontres autour des EPN portés par les centres sociaux de Paris" autour de l'usage de blog dans des associations. A cette occasion, nous avons contribué à "Belleville blogue".

- une contribution est en cours pour la conférence "HCC7 Choix humains et ordinateurs"

19 janvier 2006

Rencontres d'Autrans 2006

L'équipe d'Internet de rue a participé aux rencontres d'Autrans 2006. Outre la joie de retrouver des visages connus - même si l'on peut regretter l'absence de nombreux animateurs d'EPN -, cette exploration du futur (l'internet en 2016) nous a passionnés, en particulier du fait de la qualité de certaines interventions.

Evidemment, lorsqu'on regarde le futur il comporte autant de craintes que d'espoirs. S'il est clair que cette (r)évolution technologique va se poursuivre, il est également clair que les usages qui en seront faits reposeront sur des choix politiques, économiques et de citoyens, c'est-à-dire des choix humains avant tout.

La principale question reste : dans les faits, dans les choix technologiques, dans leurs usages, veut-on une société de la ségrégation, de l'éclatement ou une société solidaire, du partage des savoirs et des savoirs-faire ? La question se pose dans de nombreux domaines : la santé avec une disparition ou non d'un accès pour tous aux soins, l'économie avec le déploiement du télé-travail et de la télé-activité qui, selon les options prises augmenteront ou non le chômage des moins qualifiés, les territoires et la décentralisation avec la constitution ou non d'espaces de bien-être réservés aux uns et de zones de nuisances où seront regroupés les autres, la politique avec toute la question de l'équilibre entre les groupes de pression (y compris par Internet - voir le phénomène des blogs -) et les intérêts des autres citoyens...

A l'inverse, le développement des outils de communication ouvre un champ immense pour la construction d'une citoyenneté tant locale que mondiale qui soit active et intervienne dans le débat public. Il ouvre aussi la voie à l'accès libre et gratuit non seulements aux savoirs, aux connaisances mais éggalement à leur partage. Même si le fait de pouvoir sauter l'obstacle de la langue ne semble pas à l'ordre du jour, il existe malgré tout l'espoir que cette communication ouvre vers une meilleure compréhension des personnes et des peuples entre eux.

Et les plus pauvres dans tout cela ? Et tous ceux dont la vie est précaire ? A la fin de cette rencontre, me restait une question laissée sans réponse : a-ton évalué le coût social et les conséquences de cette évolution ?

06 janvier 2006

Convergences

Dans un article publié le 21 décembre sur le site de Créatif concernant l'accès aux TIC pour tous dans le Lot, l'atelier 1, "Les TIC vecteurs d'insertion" corrobore tout-à-fait les résultats tirés du projet Internet de rue aux séminaires de juin et octobre 2005. En voici les principales conclusions :

Les leçons à tirer :
-  Identifier ce qui fait sens pour les publics et mettre l’accent sur l’accompagnement humain
-  Pour les "publics éloignés", les TIC ont un effet déclencheur d’une démarche d’apprentissage.
-  Le projet EQUAL a réveillé des "projets dormants".

Quelques pistes pour l’avenir :
-  Développer les réseaux et les liens entre les professionnels
-  Capitaliser les expériences et créer des ressources transférables
-  Il faut travailler dans la durée car le changement des mentalités est long.

Une clé du succès :
-  Co-construire les projets avec les acteurs de terrain en partant des besoins des usagers

Comme on le voit, l'enjeu de l'insertion des personnes est bien en premier le partenariat noué avec elles, loin devant les questions d'investissement ou de technique.

25 juillet 2005

Recherches et reflexions

Viennent d'être mis en ligne les 14 communications présentées au troisième séminaire M@rsouin qui s'est tenu les 30 juin et premier juillet 2005. Elles donnent un aperçu fort intéressant de l'évolution du web aujourd'hui et permettent de se rendre compte dans quels contextes peuvent prendre place les liens des personnes en situation d'extrême précarité avec l'informatique et Internet.
En lien avec les actions que nous développons, nous retiendrons en particulier le compte-rendu de l'étude sur l'appropriation des TIC dans le cadre d'un quartier brestois mais aussi l'étude sur l'introduction d'objets technologiques au domicile des personnes âgées (projet T@PA) à cause de la mise en évidence de la dimension relationnelle, proche de celle que nous rencontrons.

On retiendra aussi les réflexions d'Yves Bucas-Français concernant l'importance de l'écrit et les liens entre expression et motivation à apprendre sur le blog du Cyberagora d'Emmaüs (article du 18 juillet). A ce sujet, nous avions déjà fait mention d'une étude belge sur la question (en bas de cet article).

17 mai 2005

Rencontre nationale des Espaces publics numeriques

La Rencontre nationale des Espaces publics numériques : "Quelles missions ? Pour quel avenir ? " qui s'est tenue à Marseille du 2 au 4 mai 2005 (http://www.lafriche.org/rencontre-espaces-publics/ ) a fait émerger un foisonnement d'initiatives.

On en retiendra quelques unes, à titre d'exemple (pour d'autres, se référer au site ci-dessus) :

Atelier 6
Proposer des outils et des services mieux adaptés aux besoins de chacun
- Projet Tapa pour personnes âgées dépendantes  : http://www-info.enst-bretagne.fr/Projets_rech/tapa.html
- Webooti® est un ordinateur unique, sans clavier ni souris www.webooti.com
- blogs Webooti® www.webooti.canalblog.com
- Tchat éducatif, blog www.tchatetsouris.canalblog.com
- Ordissimo est un ordinateur révolutionnaire sur plus d'un point. Il a été conçu pour tous ceux qui veulent un ordinateur simple, fiable et économique. www.ordissimo.com

Atelier 7
Nouveaux visages de l’Espace public Numérique et complémentarité locale – A la recherche d’un modèle économique viable
- Concernant la formation d’adultes qui ont un projet et qui sont motivés même s’ils sont faiblement doués, voir : http://app.algora.org/
- Concernant le télé-travail, voir : www.telecentres.viabloga.com

Atelier 8
La responsabilité d’un Espace Public Numérique et ses animateurs sera-t-elle de plus en plus lourde ? Voir : www.educnet.education.fr

03 mai 2005

Les TIC pour la formation

L’UNESCO et le Club de Rome organisent une conférence mondiale de trois jours sur l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour la formation au service du  développement. La conférence aura lieu au siège de l’UNESCO à Paris du 11 au 13 mai 2005. Cet événement fait partie des réunions thématiques de l’UNESCO dans la préparation du Second Volet du Sommet Mondial de la Société de l’Information (SMSI, Tunis, Tunisie, 16-18 novembre 2005).

Les thèmes de réflexion sont l’usage des TIC, y compris des satellites, pour la formation au service du développement et les stratégies clés pour atteindre les Objectifs du Développement Millénaire des Nations Unies et construire des sociétés de savoir.

Une attention toute particulière sera portée sur les programmes de formation et les besoins spécifiques des populations en marge des systèmes scolaires classiques, ceci dans le contexte des communications par satellite.

Les objectifs de la conférence sont de :

  • identifier les pré requis et les facteurs de succès des projets utilisant les TIC pour le développement;
  • collecter et diffuser des témoignages et études de cas du monde entier sur les moyens et les méthodes pour faire des progrès significatifs dans l’utilisation des TIC pour le développement;
  • encourager les entreprises privées à présenter les nouvelles technologies développées spécifiquement pour l’environnement des pays en développement et les solutions élaborées pour répondre aux besoins des marchés émergeants.

Page de présentation de l'Unesco et inscription en ligne

28 avril 2005

Rencontres Insertion et TIC au GRETA du Velay le 20 octobre 2005

Les comptes rendus des ateliers, conférences, documents des premières Rencontres auvergnates du e-learning qui se sont tenues le 14 avril dernier au Puy-en-Velay, sont accessibles sur le site du GRETA du Velay. A noter que les 2e Rencontres se dérouleront le 20 octobre 2005 sur le thème "Insertion et TIC". Plus d'infos à cet URL.

Source :
Villes Internet.

18 avril 2005

Du cyber-vagabondage a la cyber-insertion

Voici le texte d'intervention de Ricardo Parrilla (Responsable du cyberespace de l’Agora, Emmaüs, rue des Bourdonnais, Paris 1er), lors des récentes Rencontres Wallonnes de l'Internet Citoyen, le lundi 21 mars 2005, dans le cadre du carrefour Contre l'e-exclusion concrètement :

"Du cyber-vagabondage à la cyber-insertion

L’Internet est le creuset des nouvelles pratiques culturelles, favorisant l’éducation, le développement intellectuel des individus et des groupes sociaux. Maintenant, il est possible de mieux anticiper, simuler, agir à distance, construire des territoires virtuels dans lesquels pouvoir se balader, vagabonder à travers le monde de l’Internet sans être plus obligés à chaque fois, de se déplacer physiquement.

Dans chaque être humain loge un vagabond. La représentation du vagabond est inscrite en tant qu’archétype de la nature humaine. Vagabonder était jadis le seul mode de circuler librement parmi des lieux et des cultures différentes. Le vagabond c’est l’autre, celui qui vient d’ailleurs, celui qui est différent, celui que ne fait pas encore partie de nous. Ceux qui cherchent une place dans la société et qui généralement sont désignés sous les noms de « précaires », « SDF », « sans papiers », « chômeurs », etc., trouvent comme seules routes offertes aujourd’hui pour vagabonder, celles de l’Internet, à condition qu’ils aient eu d’abord l’occasion de se former et ensuite, les possibilités d’un accès régulier. Quand ils découvrent Internet, celui-ci devient très rapidement une bouée de secours leur permettant de remplacer leur réalité sociale souvent complètement éclatée par une structure virtuelle réunificatrice, susceptible de les intégrer au sein de leurs propres intérêts et motivations personnelles.

Ainsi, ils découvrent qu’ils peuvent réinvestir un domaine, changer de point de vue, gagner en adéquation, devenir des partenaires d’un monde composé d’identités et des cultures diverses. Ils perçoivent Internet comme une métaphore optimiste du monde, car incluant les exigences culturelles et les usages propres à chaque utilisateur. Comparé à la télévision, où les téléspectateurs ne peuvent que rester passifs et constater leur impuissance devant une programmation complètement parachutée, Internet se présente comme une perspective positive où les personnes choisissent, cultivent un espoir, changent les idées... et même quelquefois, les événements. Pour arriver à fonctionner dans cet écho virtuel de la réalité, ces publics arrivent à résoudre les contradictions entre leur culture d’origine et leur identité d’adoption dans les lieux d’accueil. Désormais, pour pouvoir arriver un jour à s’en sortir, ils s’appuient essentiellement sur l’utilisation des nouveaux moyens offerts par les TIC.

Des nouvelles tendances oeuvrent à échanger les valeurs traditionnelles et de marchandisation pour d’autres qui sont en préparation, en cours de transformation et d’intégration. Une nouvelle conception apparaît ainsi, concernant la richesse, la culture, les mœurs, les connaissances, les pratiques…

Pour les utilisateurs, la communication par courrier électronique n'est plus seulement du courrier écrit (stylo-bille, papier, enveloppe, timbres...), elle emprunte quelque chose à la communication téléphonique, la rend plus stable, moins figée que la lettre papier classique. Un genre d’écrit-oral… dans lequel, l’écriture email deviendrait le medium préférentiel et non protocolaire, capable de revivifier et de retisser autrement les liens sociaux manquants.

L’ordinateur deviendrait ainsi, le mirador à partir duquel l’utilisateur observe, juge, essaye d’intervenir ou de contrôler un monde qui happe, qui échappe et qui en même temps, donne l’impression de mieux comprendre et de mieux intégrer le savoir. Aussi, pour le public du cyberespace, la navigation Internet devient un projet d’existence provisoire et préalable à une existence concrète. Aussi, dans monde ou le travail est revu à la baisse, utiliser un ordinateur c’est travailler. Mais les TIC se présentent de façon paradoxale, entre l’extrême pauvreté de certains utilisateurs et le luxe d’équipement nécessaire aux nouvelles technologies. Cela contraste très fortement, un manque quasi absolu de ressources sur le plan humain (personnes sans travail, sans logement, sans papiers, etc.) et des vastes ressources matérielles mises à disposition (composants, modem Adsl, écrans plats, scanners, lecteurs DVD/graveurs, webcams, et). D’un côté le manque et de l’autre la surabondance…

Le cyberespace de l’Agora (Association Emmaüs) se retrouve aujourd’hui avec un taux de fréquentation qui dépasse très souvent nos capacités d’accueil. Il nous faut maintenant arriver à trouver des nouvelles formes de gestion pour nous nous permettre de mieux contacter, contenter ou répondre au plus grand nombre ; éviter de rebuter, décevoir ou bloquer ces demandeurs et ces utilisateurs dans leurs progressions vers une « inclusion numérique ». Préserver leurs motivations et leur faciliter davantage l’accès aux équipements destinés aux TIC.

De façon approximative, nous estimons ainsi l’indice de fréquentation du cyberespace de l’Agora :

- 30 % des nouveaux utilisateurs, s’inscrivent, attendent ou débutent des formations d’initiation ou commencent à se servir par la première fois du self service du cyberespace
- 20 % suivent des formations
- 30 % gardent un rapport régulier / sporadique en vue d’une utilisation du self ou cours de perfectionnement
- 20 % on ne les voit plus

Théoriquement, la salle d'utilisation des TIC de l’Agora permet l’accès gratuit et régulier à toute personne se trouvant en situation très précaire. Mais dans la pratique, cela devient de plus en plus difficile à tenir, du fait de l’énorme accroissement de la demande, par rapport à l’exiguïté de l’espace dont on dispose. Maintenant, quand les personnes sont de passage ou viennent express, dans l’espoir de trouver un petit moment pour consulter ses emails, elles se retrouvent très souvent avec la salle occupée par un cours.
Ainsi, actuellement, soit le public attend sur place que la salle se libère ; soit il doit rebrousser chemin et essayer d’aller voir ailleurs (mais ailleurs où, quand on sait que ces types d’installations sont très peu nombreuses ?) et revenir s’il le souhaite, les jours et les heures assignées pour le libre service ; soit enfin ces personnes se découragent et laissent tomber et finissent même, par oublier ce qu’ils ont appris et enfin, essayent de passer à autre chose…
Seul un petit nombre persiste, arrive à faire des efforts et avec beaucoup de patience et d’obstination, arrivent à rester « connectés » et à faire des progrès dans l’espace numérique proposé par l’Agora, viennent très souvent, essayent de suivre les différents cycles de formation. Le problème est que ces personnes se trouvant la plupart du temps en situation d’urgence, généralement, elles ne peuvent pas attendre ni programmer leur participation à l’avance ni dans la durée…

Cela donne lieu à des confusions et déçoit bon nombre d’utilisateurs. Dans ces conditions, il serait souhaitable qu’il y ait deux salles contiguës. L’une disponible pour les consultations email et la navigation Internet et l’autre, uniquement destinée aux cours. La proximité de ces deux salles permettrait une meilleure interaction, de manière à répondre d’un côté aux besoins liés aux cours et de l’autre, aux demandes de consultation et de self service. Bien évidemment, le self service doit être aussi disponible aux stagiaires qui suivent les cours et doivent ainsi s’entraîner et effectuer entre temps tous les exercices qui leur sont proposés.

Il serait nécessaire de mieux nous adapter à la logique propre au public que l’on reçoit. En règle générale, la plupart de ces personnes viennent pour une formation ; parallèlement, elles agrémentent cette formation de quelques séances de self-service. Ensuite, si ces personnes rencontrent les difficultés mentionnées ou quand leur manque de logement ne leur permet de faire l’acquisition d’un ordinateur et d’une connexion Internet propres, elles finissent souvent par retourner au point de départ et perdent ainsi progressivement, leur quelques acquis qu’elles avaient réussi à obtenir. C’est pourquoi certaines de ces personnes finissent par se détourner peu à peu de l’objet informatique.

Pour conclure, nous constatons que la fracture (ou exclusion) numérique de ce public ne se trouve pas tant dans les occasions qui leur sont proposées pour pouvoir s’initier à l’informatique, mais plutôt dans les opportunités qui leur sont offertes pour avoir toujours une place disponible. C’est dans le manque de garantie d’une connexion régulière et durable à l’Internet qui se trouve vraiment l’explication à cette exclusion."

08 avril 2005

Les travaux realises dans le cadre de projets "Accessibilite, Handicap et Tic" nous interessent!

J'ai eu la chance de pouvoir assister à la "ROUMICS 2005", rencontres ouvertes du Multimedia et de l'Internet citoyen et Solidaire, organsiée par l'association ANIS , journée organisée sur le thème "Les TICs pour aider les personnes handicapées".

Des expériences, des logiciels, des réseaux d'acteurs ont été présentés. Le discours tenu par Didier Ortie (AFM) m'a frappé. Il s'agit pour lui d'utiliser les TICs pour restaurer le sentiment de compétence par la maîtrise d'un outil, restaurer les relation sociales et rompre l'isolement. N'est-ce pas ce que nous cherchons à faire dans notre projet Internet de rue?

Un autre point a été souligné. Si l'on s'efforce de rendre les sites accessibles aux non voyants, on est conduit à mieux organiser et présenter son site. Tout le monde en profite. Un tel effort fait pour l'Intranet d'IBM a permis de réduire les temps de recherche de l'information de 25%. En cherchant à aider une population handicapée, c'est l'ensemble des utilisateurs qui en profitent.

En visitant le site de ROUMICS vous pourrez consulter les fiches écrites pour chaque présentation. Vous y trouverez de nombreux contacts, et vous pourrez vous rendre compte de la richesse de la journée. Félicitation à l'équipe d'ANIS pour nous l'avoir organisé.

24 mars 2005

REWICS 2005 : Contre l'e-exclusion, concretement...

Rewics2005_1

L'Edition 2005 des Rencontres Wallonnes de l'Internet Citoyen (R.E.W.I.C.S.) a réuni lundi 21 mars à Charleroi (Belgique) plus de 650 personnes ; un réel dynamisme des échanges autour de carrefours, d'ateliers, de rencontres et de discussions sur les stands, année après année.

En début d'après-midi, un carrefour intitulé Contre l'e-exclusion, concrètement... proposait une construction d'échanges avec la question générique "Comment peut-on, au jour le jour, combattre l'e-exclusion ? Le point sur des expériences, des mesures" à partir des interventions de :

- Thomas Noirfalisse, Oxfam-Solidarité
- Yves Bucas-Français et Ricardo Parrilla, Cyberespace - Agora - Emmaüs à Paris (France)
- Jean-Luc Raymond, projet Internet de Rue (France)
- Gérard Valenduc, coauteur de "Internet et inégalités, une radiographie de la fracture numérique", FTU
- François George, expert Labset

Animateur : Philippe Allard, coordinateur de la Fête de l'Internet (Belgique).

Des résumés de quelques interventions de ce carrefour seront prochainement mis en ligne sur ce blog.

Le sociologue Gérard Valenduc a insisté sur quelques points-clés :

- Il existe bel et bien une fracture numérique de second degré : un fossé aux usages (capacités d'usages) lié aux compétences des utilisateurs.
La question du capital social de départ de l'apprenant (ce qui est construit) dans sa démarche d'appropriation de l'informatique et de l'Internet est à distinguer du capital social durant le parcours d'apprentissage (où l'on redonne de la valeur à la personne, en quelque sorte).

- L'Internet peut s'envisager comme passerelle dans des univers différents : passerelle vers le travail, passerelle vers des droits sociaux...

- Il n'y a pas d'égalité homme - femme devant l'Internet dans l'usage, mais ce n'est pas propre à l'Internet. Cela se retrouve aussi dans le modèle familial traditionnel,

- Avec l'administration en ligne, l'exclusion crée de l'exclusion. Nous sommes nous du bon côté de l'exclusion où nous voyons l'administration en ligne comme facilitatrice (gain de temps, gain de productivité, efficience) ce qui n'est pas le cas des exclus.

Les échanges en fin de carrefour relèvent le problème générationnel (personnes retraitées) qui se sentent exclues de l'informatique et de l'Internet et "ont peur de mal faire".
Le manque de support et d'une maintenance matérielle et logicielle est également souligné tout comme le mythe de l'informatique ("qu'est-ce que cette boîte ordinateur et comment cela fonctionne ?").

(Remerciements à Philippe Allard et Pierre Lelong pour l'organisation des REWICS).

06 mars 2005

Aines et nouvelles technologies : l'exclusion au rendez-vous

L'Agence Wallonne des Télécommunications (A.W.T.) fait le point sur l'utilisation des nouvelles technologies par les aînés par un compte-rendu précis et exhaustif du colloque "Aînés et nouvelles technologies" ayant eu lieu le 17 décembre 2004 à Namur et organisé l'Union Chrétienne des Pensionnés, Mouvement Social des Aînés.

Il s'agissait de mener une réflexion concertée la fracture numérique touchant des populations âgées.

Le sociologue Gérard Valenduc (du Centre de recherche Travail & Technologies de la FTU, Fondation Travail-Université de Namur), spécialiste francophone de la Fracture Numérique a fait un point d'information sur :

"Aînés et exclusions : enjeux liés à l'appropriation des TIC".

Voici son exposé :

"
1. L'exclusion et l'inclusion dans la société de l'information

Les inégalités face aux TIC provoquent un accès inégal à l'emploi, à la formation, à la consommation de biens et services et une capacité inégale d'organiser ses réseaux de sociabilité. L'inclusion sociale se fait en évitant l'exclusion, en surmontant les obstacles dus aux inégalités, en exploitant les nouvelles opportunités (que peut-on faire avec les TIC pour atteindre un meilleur bien-être social réparti sur l'ensemble de la société?) et en favorisant l'implication dans le changement social (c'est-à-dire produire du contenu et participer activement, contribuer avec le potentiel qu'on possède);

2. Les TIC dans la vie quotidienne des aînés

Les TIC deviennent incontournables pour les aînés, par exemple pour l'accès aux guichets bancaires, la réservation de voyages, la recherche d'information, etc., bref, pour tout ce qui touche aux services aux consommateurs et aux citoyens, aux produits et équipements de la vie quotidienne et à l'invasion des "e-services" via Internet;

3. Les risques d'exclusion

Pour comprendre les facteurs de marginalisation ou d'exclusion, le niveau de revenu et le niveau d'éducation sont des variables discriminantes dans tous les pays nordiques. Il faut aussi prendre en compte :

- le rôle de l'expérience professionnelle antérieure liée à la démarche d'acquisition des compétences qui facilite l'usage;

- le rôle de la famille et des réseaux de relation: les familles qui ont plusieurs enfants ont plus de chances d'utiliser les TIC, tandis que les familles monoparentales surtout lorsque la femme est le chef de famille restent en difficulté. Le rôle de la famille est important aussi bien pour l'inclusion que pour l'exclusion: il faut souvent compter sur les petits-enfants pour pouvoir réparer ou comprendre ce qui ne marche pas;

- l'utilisation ambiguë de l'argument de l'âge et des stéréotypes liés à l'âge: on peut apprendre malgré qu'on est aîné et, souvent, les employeurs considèrent qu'au-delà de 50 ans, on n'est plus apte à réaliser des travaux qui demandent certaines compétences;

- la mise en retrait volontaire (les "robinsons" des TIC): il faut respecter la diversité car il existe des personnes qui sont réfractaires volontairement. Il faut dès lors maintenir la diversité d'accès au moyen des différents canaux de communication existants;

- la question du coût individuel et collectif: lorsqu'on compare l'informatique à d'autres innovations, les prix n'ont pas baissé quant à l'achat du matériel (le maître achat dans Test Achats était plus cher en 2002 qu'en 1992). Il existe également un problème de renouvellement du matériel qui est rapidement dépassé. C'est un problème de maturité des ordinateurs et de l'Internet. De plus, s'il suffisait de 50% d'utilisateurs pour que les "e-services" deviennent le seul canal de communication, on aurait réellement un processus d'exclusion;

- les différences liées au sexe: beaucoup de femmes n'ont pas l'occasion de se familiariser avec Internet, au travail celles-ci ont un usage égal à celui des hommes mais à domicile l'homme monoplise le PC;

4. Les modalités d'appropriation

Au-delà de l'accès, il faut considérer les usages et les compétences requises. En fait, il existe trois niveaux de compétences: les compétences instrumentales (capacité de manipuler et de réagir aux aléas, c'est un problème de formation), les compétences structurelles (capacité d'entrer dans les contenus hypertextes, navigation, moteurs de recherche) et les compétences stratégiques (capacité d'utiliser Internet au service d'un objectif). Les deux facteurs décisifs pour les aînés sont dès lors l'utilité attendue (ou mesurée), qui dépend du contexte et du capital social, et la complexité, qui reste un obstacle qu'on franchit rarement seul. Néanmoins, les problèmes des aînés sont les mêmes que ceux des jeunes mais ils prennent plus d'importance pour eux (procédures ou interfaces trop compliquées, mauvaise documentation, obsolescence trop rapide des logiciels et matériels, jargon, etc.);

5. L'enjeu de l'accessibilité

Pour les personnes handicapées, il faudrait des solutions techniques pour avoir des interfaces plus ergonomiques, une compensation par l'affichage, une ergonomie des claviers et souris;

6. Les potentialités de l'inclusion

De nouveaux réseaux de sociabilité sont tissés grâce aux TIC (apprentissage, communication avec des personnes éloignées). On aperçoit des nouvelles formes de solidarité à travers Internet (constitution de groupes d'intérêt, manifestations de solidarité, associations de groupes d'intérêt non basés sur la proximité, associations de patients, information militante)."

01 mars 2005

La e-solidarite en action, Site Web Le Dire Pour Agir du Secours Populaire Français

A l'occasion du premier anniversaire de l'espace MSN Actions Solidaires du portail internet MSN France, ont été réunis le 17 février, en matinée, à l'Université de La Sorbonne à Paris, de nombreuses responsables associations agissant dans le domaine de la solidarité pour un colloque sur le thème générique :

"L'e-solidarité : émergence d'un phénomène de société"
proposant des interventions du Secours Populaire Français, Action Contre La Faim et de la Croix-Rouge Française.

Une étude IPSOS sur la e-solidarité (auprès des internautes français) dévoilée le 17 février tend à montrer les qualités intrinsèques du média Internet au service de la solidarité.

Sur le sujet, pour les internautes, Internet est avant tout un support d'informations solidaires. Ainsi, près de 62% des internautes se sont informés au moyen d'Internet à la suite de la catastrophe en Asie.

Internet est source de mobilisation pour des dons en ligne auprès des associations mais le Web apparaît également comme une source de mobilisation privilégiée pour les associations afin de recruter des bénévoles.

L'information solidaire est vecteur d'actions solidaires. L'étude révèle en effet que don et information sont intimement liés sur le Web.

Le dossier de plus de 70 pages regroupant les principaux faits et chiffres de la e-solidarité en France (étude IPSOS, février 2005), les visages de la e-solidarité et le guide de bonnes pratiques d'associations solidaires présentes sur le Web ou agissant avec Internet, peut être téléchargé ici (au format .pdf) :
L'E-solidarité, une nouvelle forme de mobilisation.

Il y est fait écho du Projet Internet de Rue (en page 26) :

"Nous avons examiné jusqu'ici essentiellement le rôle d'Internet du point de vue des acteurs de la solidarité. Si l'on se place du point de vue des bénéficiaires, il y a lieu de s'arrêter sur le rôle d'Internet au service des exclus avec le cas d'ATD Quart-Monde, qui soutient une initiative originale : "L'internet de rue".
A l'occasion des 9e Rencontres d'Autrans - du 12 au 15 janvier 2005 -, grand rendez-vous annuel du monde du Web en France, la dernière journée était consacrée à la lutte contre les exclusions et aux moyens à mettre en oeuvre pour éviter la fracture numérique à la fois entre les personnes et entre les territoires. L'association ATD Quart-Monde a présenté son projet qui consiste à recréer du lien social grâce aux NTIC, en allant au-devant des familles les plus pauvres : "Pour certains, il s'agit d'une première ouverture à l'informatique, un moyen de chercher du travail sur Internet ou d'obtenir sans attendre un extrait d'acte de naissance," précise Jean-Pierre Pinet, qui pilote le projet chez ATD Quart Monde. Les informations sur l'initiative sont périodiquement diffusées sur un blog collaboratif qui assure également une veille francophone sur le fossé numérique.""

Il est également évoqué le projet de l'association Emmaüs (page 27) :

"D'autres associations, telles qu'Emmaüs, ont fait part, lors de ces journées, de leurs efforts dans cette lutte pour faire découvrir Internet et les nouvelles technologies aux populations les plus défavorisées. L'association Emmaüs a ouvert ainsi son premier cyberespace en novembre 2003 au sein de l'un de ses principaux sites parisiens : l'Agora.
Face au succès rencontré, quatre nouveaux points d'accès ont ouvert en 2004."

Retrouvez également en ligne l'étude IPSOS (en .pdf) : Les internautes et l'e-solidarité.

Le dire pour agir: une initiative du Secours Populaire Français

Ledirepouragir_1

Durant le colloque, Marc Castille, directeur de la Communication du Secours Populaire Français a cité une initiative particulièrement originale de son association, le site Web Le dire pour agir édité sous la forme d'un forum. Les témoignages, questions et réponses y foisonnent et font sens.

Présentation du site Web "Le Dire Pour Agir" :

"Un espace d'expression libre
Ce site est avant tout un espace d'expression libre et un lieu de rencontre. Il vous propose de faire partager vos émotions, vos colères, vos désirs, vos rêves, votre volonté d'agir, vos propositions concrètes.

Malgré la loi contre l’exclusion, malgré les mesures prises, malgré les efforts des associations, la misère s’accroît, elle est de plus en plus difficile à supporter. Ici, vous pouvez faire connaître et partager vos expériences, comme le préconise la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions. Vous pouvez interpeller les institutions et les décideurs. Vous pouvez être entendu, afin de créer de nouvelles solidarités et un monde plus humain.

Réagissez aux messages qui ont été déposés par les visiteurs précédents, proposez des solutions à ceux qui ont exprimé leur souffrance. Témoignez en déposant une nouvelle contribution, à laquelle les internautes pourront ensuite répondre."

20 janvier 2005

Autrans 2005 "Exclusion sociale : la necessite de l'intermediation"

J’ai choisi pour cette plénière de retransmettre un petit morceau du quotidien de notre action en donnant deux exemples :

Monsieur Abdel vivait à la rue. Malade il ne pouvait presque plus bouger ; il vivait là sur un bout de trottoir de Paris, par tous les temps. Les pompiers passaient régulièrement, mais toujours, toujours, il refusait d’aller à l’hôpital. La communication devenait de plus en plus difficile et puis un jour :

« Avec ton machin on pourrait voir des images de mon pays ? »

Je lui ai donc ramené un CD-ROM sur le Maroc. Pendant quelques semaines, c’est le seul lien que j’ai réussi à garder avec lui.
(Monsieur est allé à l’hôpital et va bien)

Monsieur Pierre a d’abord essayé de se servir de la souris : difficile, avec ses mains rendues moins agiles par les intempéries. Pendant près d’un an, il a essayé d’être régulier dans sa découverte de l’ordinateur, malgré cette vie de rue chaotique. Il est arrivé, notamment à ouvrir et fermer un ordinateur, envoyer des mails et chercher des renseignements sur internet. Fort de cette expérience et de son engouement pour l’informatique, une association le prend en contrat de réinsertion par le travail, pour démonter et remonter des ordinateurs ; de plus un logement lui est proposé. Quand nous nous rencontrons la passion est toujours là ! Et ces mots « je sais maintenant ce qu’il y a à l’intérieur d’un ordinateur ».
Monsieur Pierre continue sa connaissance de l’outil et veut maintenant passer à la vitesse supérieure ! Avec ces deux exemples, j’ai essayé de montrer que les outils multimédias, peuvent être un moyen de création ou de recréation de liens sociaux, mais je pense que l’outil lui-même ne peut rien faire sans un accompagnement de proximité et à long terme.

Notre démarche actuelle est de :

  • Etre avec des personnes en grande précarité et les aborder d’abord en tant que personnes.
  • Prendre du temps pour bâtir avec ces personnes leur propre projet (avant même d’y voir l’implication de l’informatique).
  • (Re)créer des liens entre ces personnes et des lieux existants (EPN, Associations…).
  • Faire exister dans la société, la vie et les espoirs de ces personnes pour qu’ils soient pris en compte.

19 janvier 2005

Principaux points de l'Intervention d'Yves Bucas-Francais à Autrans, le 15 janvier 2005

Yvesbucasfrancais

Yves-Bucas Français est bénévole au Cyberespace - Agora - Emmaüs, rue des Bourdonnais à Paris.


LE CYBERESPACE EST UN LIEU D'EXPERIMENTATION D'APPRENTISSAGE


1. Concrètement s'occuper du cyberespace commence par la gestion de la file d'attente. Les bénévoles doivent planifier les demandes, les besoins et les urgences.

2. Le cyberespace joue un rôle important au sein de l'Agora pour la constitution d'un lieu particulier où se pose la construction d'insertions sociales via Internet d'individus en situation de précarité.

3. C'est un lieu où se formule des désirs d'insertion. Les hommes et les femmes confrontés aux innovations techniques tentent leur chance pour participer au système mondial. Ils tissent des liens spécifiques.


Une pratique de guichet

• Le cyberespace permet à tous l'accès à Internet. L'activité elle même s'inscrit dans une dimension de pratique du guichet qui existe à Emmaüs et spécialement au sein de l'Agora.

• Le cyberespace implique qu'il y ait accueils, d'assistanats, consultations en tout genre et ouvre de manière complémentaire une offre de formation se rapportant à la pratique informatique.

• Le cyberespace correspond au fonctionnement d'une structure de service. Elle construit une médiation sociale à travers la pratique de l'informatique. Pratique sociale particulière, innovante où la précarité est au cœur de la démarche.


Il reste à déterminer comment construire du sens ?

Un premier constat s'impose quant au cyberespace: la précarité n'est pas synonyme d'absence de connaissances.

• Les utilisateurs du cyberespace appartiennent aux différentes catégories du manque : de travail, d'argent, de logement, de papiers etc.. Ils fréquentent l'Agora, ils sont tous, à un titre ou à un autre, inscrits dans les processus liés à la précarité.

• Un service de formation pour les exclus.
L'afflux des candidats au cyberespace témoigne. Ils sont souvent des éclopés de la vie, ils entendent malgré tout se servir du système dans sa dimension formation permanente. A partir de son existence, le lieu a su rapidement mettre en place des propositions d’aide aux internautes et assurer le fonctionnement de ce qui est devenu un véritable centre de formation et d’initiation à la pratique informatique.

• Le lieu cyberespace est à ce point de vue un domaine paradoxal. Il conjugue modernité et exclusion.

• Le lien social distendu par la mondialisation économique et politique est considéré comme plus individualisé. Il repose en partie sur un rapport particulier à la technologie. La question de la réinsertion des personnes exclues trouve là une réponse nouvelle et des problématiques différentes quant à ce qui fait société. Le traitement de la précarité trouve là une approche particulière.


La pratique d'Internet et ses perspectives

La pratique de l'Internet à en croire l’indicateur de fréquentation correspond de manière vitale en première proposition à la mise en place d'une boîte émail sur les sites gratuits de type hot mail, yahoo, caramail, la poste. Face à cette avalanche de demandes, il faut permettre la consultation de sa boîte en attente des nouvelles de famille, des amis mais aussi des différents suivis administratifs, comme les ASSEDIC, les ambassades etc. On vient souvent au cyberespace que pour sa boîte émail.
A travers les entretiens, les représentations formulées à propos d'Internet ne se résument qu'à la détention de la seule boîte, ce qu'elle permet.

1. L'accès à Internet c'est naturellement au cyberespace, la proposition annexe qui amène souvent les stagiaires à se pencher sur les différentes procédures à suivre et se lancer eux aussi dans des consultations.

2. Pour la plus grande partie des utilisateurs étrangers après la sacro-sainte consultation du courrier, le navigateur va ostensiblement sur des sites des journaux du monde entier. Ils sont en même temps très mobilisés par les outils de traduction en ligne.

• L'accès à Internet concerne les réponses administratives. Pour remplir via le net les démarches administratives pour ne pas perdre les droits. Les ASSEDIC, l'ANPE, la CAF, la «green card» sont les sites les plus renseignés au cyberespace. Les titulaires des comptes expriment souvent l'idée qu'ils se sentent moins stigmatisés en réalisant ces opérations sur l'Internet.

• Le cyberespace correspond au sentiment de la figure moderne de l'écrivain public qui se construit autour des courriers électroniques, des renseignements administratifs, et des textes tapés de type CV ou lettres de motivation.

En tout état de cause au cœur de la démarche de compréhension de l'activité du cyberespace se trouve posée la question du lien social et de l'estime de soi confrontée à l'informatique.


Les questions qui se posent :

• Comment se pose avec la question de l'altérité et ses constructions sociales,

la formation tout au long de la vie même dans des périodes de précarité,

• un autre modèle de transmission et d'apprentissage,

• La lutte contre l'analphabétisme passe par la pratique et la maîtrise de l’outil informatique,

• La dimension citoyenneté est reposée, l'individu face à l’administration la précarité n'est pas stigmatisée par l'écran ; il reste que la question des solidarités est posée,

• Heureusement qu’il existe des sacs plastiques, ils recèlent tous les trésors informatiques, disquettes et mots de passe,

• Il existe de nouveaux gri-gri : les clés USB,

• La fracture informatique ne résout pas la question sociale. Elle représente seulement un donné technique. Comme le dit une africaine : "Je ne veux pas être une analphabète du XXIe siècle".

(Photo de Virginie Borlet : Yves Bucas-Français)

Principaux points de l'intervention de Ricardo Parrilla (Cyberespace - Agora, Emmaus), le samedi 15 janvier 2005 - Contribution a la Pleniere d'Autrans

Ricardoparrilla

Principaux points de l'intervention de Ricardo Parrilla (Cyberespace - Agora, Emmaüs, rue des Bourdonnais, Paris 1er)
le samedi 15 janvier 2005 - Contribution à la Plénière d'Autrans

Concernant la lutte contre l'exclusion :
Sous le thème
«La nécessité de l'intermédiation»


UTILISATION DE L'INTERNET ET DES TECHNOLOGIES MULTIMEDIAS :
DANS LE TRAITEMENT DE LA PRECARITE SOCIALE

ROLE DU CYBERESPACE DE L'AGORA D'EMMAUS AUPRES D'UNE POPULATION SDF


En novembre 2003, grâce à une subvention de Microsoft, l'Agora d'Emmaüs (un accueil de jour) ouvrait un espace cybernétique destiné au public de SDF. Depuis, cet espace, animé essentiellement par des bénévoles, forme et donne accès au libre service gratuit à cette catégorie de public qui peut, soit s'initier, soit se perfectionner ou tout simplement, utiliser l’équipement informatique et sa connexion Internet.

Le Cyberespace de l’Agora, inaugurait un outil privilégié pour favoriser l’insertion des personnes exclues, au travers d'apprentissages dont la vocation était d’entraîner vers l'autonomie et la responsabilité, de redynamiser vers un nouveau rapport de sens.


Stratégies des Centres d'accueil d'Emmaüs

En établissant un partenariat avec Microsoft, les centres d’accueil de jour de l’Association Emmaüs de Paris, ont contribué à un traitement plus efficace de l'exclusion.

En créant un pôle de service informatique gratuit ouvert au public défavorisé, Emmaüs a mis en place des nouvelles stratégies d'intervention sociale. La campagne publicitaire qui a entraîné l'ouverture de ce premier Cyberespace, la curiosité que cela a suscité auprès du public SDF ont été soldés par un franc succès. Des nouveaux consommateurs assidus de l’Internet sont nés et ce après un court enseignement, qui grâce au grand nombre de formateurs bénévoles, leur aura appris essentiellement :

- A développer une démarche autonome,
- A contribuer à la résolution de leurs problèmes quotidiens,
- A développer leurs motivations et leurs attentes dans la durée,
- A rester plus vigilants et à s’auto questionner,
- A chercher les informations et à communiquer : identifier, classer et ranger les données,
- A développer leurs propres systèmes cognitifs, leurs propres valeurs et leurs propres références, éducatives et culturelles.


Le sentiment d'utilité sociale et d'utilité à soi-même

Le sentiment d'être utile et de pouvoir disposer d'un outil dont ils peuvent s'exercer de façon autonome semble être l'expérience fondamentale du public SDF qui fréquente le Cyberespace de l’Agora.

Un sentiment d'inutilité, semble ponctuer chaque jour et chaque instant de la vie d’un SDF. Ce sentiment d'inutilité semble les livrer progressivement à un processus de dépendance et d'effacement de leur identité et de leur personnalité d'origine. Au contraire, le fait de pouvoir disposer d'un ordinateur et d'une connexion Internet, leur permet de se sentir pendant un certain temps, utiles et porteurs d'un désir, leur permet de se projeter dans le temps et dans l'espace, leur permet de disposer d'un véritable outil. Enfin, ils regardent le monde eux-mêmes et non pas au travers de la vision d’un travailleur social. Ils peuvent se dessaisir d'une vision stéréotypée du monde et n'appartenant qu'à autrui et non pas à eux-mêmes.

Cette opportunité offerte leur permet de réfléchir, de réorganiser leur vie intérieure, d'établir des relations d’intelligence, de trouver des solutions ne serait-ce que palliatives à leurs situations sociales souvent bloquées et durables.

En effet, l'appropriation progressive de l'ordinateur devient un véritable outil de test existentiel, une sorte d’outil de reconstruction mentale, permettant de développer des capacités : exactitude, patience, persévérance, attention, réceptivité. La personne fragilisée, peut ainsi soumettre sous une forme virtuelle, les épreuves de leur vie à l’exercice de la raison, peut se confronter aux difficultés du langage et de la représentation conceptuelle, peut s'intégrer psychologiquement dans les territoires d’un sens commun.


Dedans / dehors

Différentes rapports de sens sont mis en évidence, selon que les personnes se retrouvent « en dehors » ou «au dedans» du Cyberespace.

Paradoxalement, certains parmi ceux qui se retrouvent au «dedans» du Cyberespace se retrouvent en même temps en «dehors» : sans hébergement, sans travail, sans papiers…

En pouvant se connecter sur Internet ils supportent beaucoup mieux leur situation d’attente : ils s'occupent et se sentent utiles en s’entraînant sur l'ordinateur. Ils retrouvent du sens, reconstruisent leur vie intérieure, exercent leurs capacités, suivent des cours, recherchent des contacts...


Les chiffres

Dans une année d’existence, le self a tenu 288 sessions de self service pour un accueil de 3.023 utilisateurs.

* Il y a eu un total de 700 personnes qui ont été initiées à des titres divers :

Cela comprend 72 sessions de Formation Initiale pour 278 stagiaires,
- 26 sessions de Découverte de l’ordinateur pour 180 stagiaires,
- 30 sessions Initiation Internet pour 146 stagiaires,
- 24 sessions Initiation Word pour 114 stagiaires,
- 15 sessions d’Initiation Excel pour 117 personnes.

* Il y a eu un total de 176 personnes qui ont reçu des cours de perfectionnement à différents titres :

- 18 sessions de Perfectionnement Word pour 77 stagiaires,
- 7 sessions de Perfectionnement Excel pour 46 stagiaires,
- 8 sessions de PowerPoint (initiation et perfectionnement) pour 35 stagiaires,
- 18 sessions de Microsoft Photo Pro (initiation et perfectionnement) pour 18 stagiaires.

Nombre de personnes qui réussirent grâce à l'Internet :

* à trouver du travail (45),
* à préparer et/ou à présenter un Mémoire ou un bilan de stage (14),
* à améliorer en partie leur situation administrative (82).

Autres chiffres :

* Nombre d’utilisateurs du Cyberespace par jour (40),
* Nombre d’ouvertures de boîtes e-mail (866),
* Nous avons reçu au Cyberespace de l’Agora la visite de nombreux journalistes, représentants institutionnels et partenaires (33).


Séjour dans les Alpes

Nous avons passé - un formateur bénévole et moi-même - une semaine à la montagne, avec un groupe de six stagiaires. Cela a signifié une importante expérience de vie de groupe nous ayant permit de mieux renforcer les liens sociaux de personnes plus ou moins désocialisées. Dans le monde virtuel de l'apprentissage informatique, cela leur aura apporté une petite note de réalité conviviale.


Atelier photo

Pendant quatre mois, un atelier photo a fut animé par des professionnels. Cette expérience s'est concrétisée par une exposition en ligne, des travaux de quatre stagiaires du Cyberespace sur le site de Télérama.fr. En total, cette formation a concerné 18 personnes.

La photographie et les animations sonorisées étant d'une aide très appréciable, car elles apportent aux personnes plus ou moins désaffiliées une dimension conviviale, cela facilite l'accès à la documentation et aux échanges. Cela stimule leur curiosité et leur envie d'apprendre.

L'ordinateur se transforme en testeur de réalité, permettant de confronter le contenu des pages d’apparence similaire, permettant de mieux se situer dans une nouvelle communauté de l'information et une nouvelle communication sans frontières.


La place des bénévoles dans le cyberespace de l'Agora

Une cinquantaine de bénévoles a participé tout au long de l'année 2004 à animer les sessions de formation et de libre service du Cyberespace à l’Agora. Actuellement, une vingtaine assure toujours ces activités.

L'originalité de formation et service du Cyberespace de l'Agora, réside essentiellement dans le suivi très personnalisé de toute personne SDF intéressée par l'informatique. Chaque session de formation étant animé par deux ou trois formateurs bénévoles, les self-services étant animés par trois à cinq bénévoles, ce qui permet un suivi plus important de chaque stagiaire, soit pendant la journée ou en soirée (cours de rattrapage et de mise à niveau).


Les catégories associées au Cyberespace

Etre usager de l'Agora, compagnon d'Emmaüs, bénévole retraité ou salarié, ne représente aujourd'hui que des appartenances catégorielles très souvent interchangeables. Tant la crise s'avance sur divers scénarios d'insécurité sociale. Il y a des compagnons forcés de rester encore des usagers, des bénévoles à la recherche d'un emploi, des salariés à la recherche d'un service, des usagers souhaitant devenir des compagnons. La stabilité et les perspectives sociales aléatoires, devenant de plus en plus complexes, interdépendantes, instables.

Une partie des formateurs bénévoles du Cyberespace est à la retraite et dispose de temps et des moyens financiers nécessaires à leur survie ; l'autre partie est à la recherche d’un travail, d'une formation. Dans les deux cas, ces formateurs cherchent aussi à s'intégrer, à faire partie d'un groupe, à obtenir une certaine reconnaissance sociale. Ils enseignent et en enseignant ils établissent une meilleure adéquation entre leur savoir-faire et leur intégration, puisque aujourd'hui on ne peut plus parler d'intégration définitive. L’intégration n’est que provisoire, passagère. Personne ne sait plus ce dont demain sera fait.

L'informatique apporte aux personnes en situation précaire les outils nécessaires pour pouvoir affronter une société caractérisée par son incertitude ; prépare à mieux assimiler les règles de la nouvelle administration et la société des services liés à l'information.

Liens :
- Association Emmaüs,
- Présentation de l'Abri d'Emmaüs.

(Photo de Virginie Borlet: au 1er plan, Corinne Chevrot - ATD Quart-Monde - ; au second plan: Ricardo Parrilla - Emmaüs)

28 décembre 2004

Internet "hors les murs"

Au dernier Forum Européen de l'Administration Electronique, qui s'est tenu les 15 et 16 décembre 2004 à La Vilette, diverses présentations sur la joignabilité de l'administration hors les murs ont retenu mon attention.

Ainsi parmi les conclusions présentées pour le projet IRIS de l'Observatoire des Télécommunications, se dégageait le fait que la "fracture" est d'abord culturelle, sociale, d'éducation avant d'être numérique et par conséquent que le problème n'est pas technologique, mais plutôt de faire venir les personnes ou d'aller à leur rencontre. Ce site propose d'ailleurs nombre de monographies de projets.

Un autre démarche intéressante a été mise en place, dans le cadre d'un projet européen, par le Conseil Général de Dordogne. Il s'agit du "projet MAP", un outil d'e-assistance relationelle, qui permet de recréer pour un travailleur social en déplacement à la rencontre des personnes son environnement de travail habituel. Des travailleurs sociaux sont équipés d'ordinateurs portables munis de cartes Gprs (le coût de ce type de communication, selon un responsable, équivaut environ aux coups de téléphones que devaient donner les travailleurs sociaux pour trouver des renseignements). Ils sont alors en communication avec un système chargé de capitaliser l'information sociale. Ce projet repose sur une constatation : "l'action sociale nécessite des intermédiaires" mais aussi une ambition, celle d'optimiser les ressources, de développer des accès multicanaux (SMS, courriel, téléphone) ainsi que des modules interpréteurs permettant de s'y retrouver dans de telles masses d'information.

Selon les chiffres que j'ai retenus, environ 40 % des français seraient encore, à des degrés divers, "éloignés" d'usages de l'Internet, en particulier de celui de l'administration électronique. J'ai personnellement trouvé que le souci de l'accès mais aussi de l'utilisation de ces ressources par ces publics éloignés se marquait de plus en plus. On ne peut qu'espérer que cette tendance s'affirme plus encore.

31 octobre 2004

Convertir le fosse numerique en perspectives numeriques pour les populations rurales

Le 26 octobre dernier, l'UNESCO a publié sur son site Web, un article en français : Convertir le fossé numérique en perspectives numériques pour les populations rurales à l'issue de la Conférence du même nom qui s'est tenue à Baoding, Chine, du 17 au 19 octobre 2004, et qui a réuni plus de 70 experts internationaux.

Les experts ont souligné les points suivants :

"- L'éducation rurale joue un rôle crucial dans le développement rural,
- L'éducation primaire rurale dans les pays en développement doit être généralisée,
- Les établissements pour l'éducation agricole doivent être soutenus,
- Les TIC doivent être soigneusement explorées pour leurs contributions au développement rural,
- Les TIC offrent beaucoup de perspectives pour un développement rural.

Les participants ont conclu qu'une fois utilisées convenablement, les TIC sont des outils puissants capables de faire s'exprimer les groupes marginalisés des zones rurales comme des femmes, des jeunes filles, des jeunes, des minorités ethniques ; d'accroître l'accès à l'éducation formelle, non formelle et informelle, tout en améliorant sa qualité et d'aider au développement rural via un transfert de la technologie et des connaissances agricoles."

Source :
- Article "Convertir le fossé numérique en perspectives numériques pour les populations rurales", Site Web de l'Unesco, Pékin, 26 Octobre 2004.

27 septembre 2004

Seminaire : Elargir les champs des possibles avec l'ordinateur le 5 novembre 2004 a Paris

Vers les années 1997, le début de la Révolution Internet a fait exploser les ventes d'ordinateurs. Il est devenu l'outil permettant de recourir aux Nouvelles technologies de l'Information et de la Communication et l'enseignement a décliné ces NTIC en Nouvelles Technologies Éducatives, offrant aux enseignants et formateurs une aide pour la communication en présentiel ou à distance.

Aujourd'hui, l'ordinateur multimédia est devenu ce que Joël de Rosnay nommait L'ordinateur Unimedia : l'organe central qui commande également le son, l'image et la vidéo dans les foyers.
Le haut débit, qui se démocratise, atteint à présent des valeurs permettant de recevoir la télévision par les fils du téléphone.
La musique est vendue et envoyée à distance sur la chaîne du salon, le DVD se généralise, de nouveau formats vidéo d'échange apparaissent...
L'autre révolution, celle de la photographie numérique commencée vers la fin 2002, a encore accéléré les achats de ces nouveaux ordinateurs "bons à tout" et c'est à présent de Nouvelle révolution informatique qu'il nous faut parler.

Les enseignants et formateurs qui se sont équipés dès le début de la Révolution Internet sont à présent familiers avec l'ordinateur mais d'autres aimeraient bien faire le premier pas et s'interrogent pour s'équiper ou viennent de s'équiper et désireraient en savoir plus.

C'est à leur intention que l'Université Paris-Dauphine organise un séminaire :

Élargir les champs des possibles avec l'ordinateur
Vendredi 5 novembre 2004
en salle A709 de 14:00 à 18:00

Cette conférence s'adresse avant tout...
- A ceux qui veulent acheter un ordinateur et n'y ont jamais touché,
- Aux grands débutants,
- A ceux qui ont un ordinateur mais sont limités par un manque de connaissance,
- A ceux qui ont acquis leurs connaissances en autoformation et qui voudraient progresser tout en validant leurs connaissances,
- A ceux qui veulent élargir leurs connaissances vers les dernières technologies.

Il y sera présenté la machine, les nouvelles connexions, son usage avec le projecteur vidéo et abordé rapidement le traitement de texte, la Présentation assistée par ordinateur (Pré-Ao), Internet et ses usages dont le courrier électronique puis la création de pages Web (permettant de mettre ses cours à "distance").

Si ce séminaire sur les nouveaux usages de l'ordinateur est bien évidemment axée sur l'enseignement, il sera également abordé les usages annexes : image photographique numérique, son numérique, vidéo numérique, etc. ainsi que des éléments sur le Wi-Fi, cette nouvelle technologie de communication sans fil ainsi que sur le BlueTooth.

À l'issue de ce séminaire, il sera présenté la formation "FormaTice", formation aux technologies de l'Information et de la Communication pour l'enseignement, mise en place par l'université de Paris-Dauphine, ouverte à tous, et qui commencera au second semestre 2004-2005.

Informations pratiques (lieu, date, horaire) :
Université Paris-Dauphine
le Vendredi 5 novembre 2004
Salle A709
nouveau bâtiment au fond de la cour au 7e étage
Gratuit. S'incrire auprès de :
Bernard Dimet : dimet@dauphine.fr

Source :
- Actualité de l'Espace Métis, 21 septembre 2004.

22 septembre 2004

TIC et Inegalites: les fractures numeriques, Colloque international les 18 et 19 novembre 2004 a Paris

L'A.D.I.S. (Analyse des Dynamiques Industrielles et Sociales), "équipe d'accueil" de doctorants de l'Université Paris-Sud 11 (Faculté Jean Monnet) propose un colloque international :

TIC et inégalités : les fractures numériques
18-19 novembre 2004
Carré des Sciences, rue Descartes, Paris, France

dont vous pouvez retrouver l'actualité sur ce site Web. Y figure : l'appel à communication, les propositions, les inscriptions en ligne, le programme des sessions et les informations pratiques.

A propos de ce colloque:

Disciplines:
économie, sociologie, géographie, droit, gestion, urbanisme

Langues :
Français - anglais

Sujet:
Thème de campagnes politiques, la réduction de la fracture numérique est souvent présentée comme un des aspects majeurs de l’économie numérique. Cette notion à géométrie variable est utilisée indifféremment pour caractériser des situations et des problématiques différentes. Pour les uns, la fracture numérique ajoute une nouvelle inégalité, créée par la "société de l'information", aux inégalités sociales et économiques entre pays, régions, salariés, groupes sociaux,… Pour les autres, la fracture numérique n'est qu'une conséquence des inégalités sociales et économiques existantes. Pourtant, au-delà du discours, il faut constater que peu d'études scientifiques permettent de déterminer si les TIC contribuent au creusement ou à la réduction des inégalités économiques et sociales.
Insuffisamment définie sur le plan conceptuel, la fracture numérique demeure une notion peu opérationnelle et incertaine quant aux effets des politiques inspirées de telle ou telle conception. L'objectif de ce colloque international est d'apporter un éclairage théorique et pluridisciplinaire sur cette question encore insuffisamment traitée par le monde académique et de contribuer ainsi à l'orientation des politiques publiques.

Les papiers pourront s’inscrire dans les thèmes suivants (liste non exhaustive ) :
1. Méthodologies :

Définition et mesure de la fracture numérique : quelles méthodologies, quels indicateurs, quelles données ?
Les échelles géographiques de la fracture numérique (internationale, régionale, métropolitaine, espaces urbains/espaces ruraux...)

2. Modèles et trajectoires :

La problématique du retard numérique a t-elle un sens ?
Les blocs régionaux : L'Europe accuse-t-elle toujours un retard ? La fracture numérique Nord/Sud, Sud/Sud...
TIC et développement des pays ou régions "en retard" : délocalisation des activités TIC et formation de clusters locaux, y a t-il un handicap à utiliser les TIC sans les produire ?
Convergence ou spécificités nationales et régionales des usages ? Existe-t-il un modèle asiatique, africain, indien.. ?

3. Disparités géographiques

Le Haut Débit partout : comment et pourquoi faire ?
E-services et disparités géographiques d'accès aux services : télé-santé, télé-enseignement, administration électronique...
les TIC instrument des inégalités de répartition des activités dans l'espace géographique ?
TIC et aménagement urbain : une façon moins inégalitaire d'habiter la ville ?

4. Marché ou/et politiques publiques

Portée et limites des effets de réseau dans la réduction de la fracture numérique
Rôle et orientations des politiques publiques : quelle réforme pour les télécommunications ? Faut-il des programmes d’aides à l’équi pement informatique ? des politiques d'éducation spécifiques ?
Quelle place pour les PME dans l’économie numérique ?
Le rôle du droit et des réglementations (propriété intellectuelle, politique de la concurrence,…) dans les inégalités de diffusion

5. La dimension sociale de la fracture numérique

TIC et inégalités socio-professionnelles : niveaux de rémunération, structure des qualifications, compétences, formation professionnelle…
Les déterminants sociaux de l'appropriation des TIC par les individus (âge, genre, formation, milieu géographique...)
Les TIC : outils d’inclusion ou d’exclusion sociale ? ?

Comité Scientifique
Cristiano Antonelli (Université de Turin), Eric Brousseau (FORUM, Paris X), Maurice Catin (CRERI, Toulon), Claire Charbit (ENST Paris), Annie Chéneau-Loquay (CEAN & Africantic, Bordeaux), Godefroy Dang Nguyen (ENST Bretagne), Tamara Egler (IPPUR, UFRJ, Rio de Janeiro), Danielle Galliano (INRA, Toulouse), Laurent Gille (ENST Paris), Isabelle de Lamberterie (CECOJI-CNRS), Gilles Le Blanc, (Ecole des Mines, Paris), Agathe Lepage (Paris 11), Virginie Lethiais (ENST Bretagne), Mihoub Mezouaghi (IRMC, Tunis), Frédéric Moatty (CEE, Paris), Marcello Nellin (Fundação Getulio Vargas, Rio de Janeiro), Pascal Petit (CEPREMAP/CNRS, Paris), Alain Rallet (ADIS, Paris XI), W.E. Steinmueller (SPRU, University of Sussex), Jean-François Soupizet (CEE), Anne Strauss (Institut de Recherche pour le Développement, Paris), (OCDE), Luc Vodoz (C.E.A.T.-EPFL, Lausanne)

Publications
La publication d'une sélection de communications aura lieu, à la fois sous la forme d'un ouvrage collectif et de numéros spéciaux de revues. Tous les papiers seront mis en ligne sur le site du colloque.

Pour tout contact :
Annie Lambert
Faculté Jean Monnet
54 Boulevard Desgranges
F-92331 Sceaux Cedex
tel :+ 33 1 40 91 17 96 fax :+ 33 1 40 91 18 56
e-mail : colloque.recherche@jm.u-psud.fr

Sources :
- Colloque international "TIC et inégalités : les fractures numériques, Paris, 2004,
- L'A.D.I.S. (Analyse des Dynamiques Industrielles et Sociales), Université Paris-Sud 11 (Faculté Jean Monnet), 2004,
- Article 18 et 19 novembre 2004 : "TIC et inégalités : les fractures numériques" - Colloque international, Association Nord Internet Solidaire, Roubaix, septembre 2004.