Internet à bas prix ?
"L’Internet à bas prix est un nouveau pas pour réduire la fracture numérique. D’après les développeurs et les dirigeants de grandes entreprises mondiales du secteur des nouvelles technologies qui ont participé hier [le 21 mars 2007] à une réunion avec des représentants gouvernementaux, des militants et des représentants des Nations Unies, baisser les coûts d’accès à Internet pourrait déclencher un mouvement similaire à celui qui a permis de démocratiser l’utilisation du téléphone mobile dans les pays en développement.", telle est la conclusion d'un séminaire de l'Alliance mondiale des Nations Unies pour les technologies de l’information et de la communication qui s'est tenu à Nairobi et auquel fait écho l'Unesco ainsi que DSLValley.
De son côté, le gouvernement français - sans cependant toucher au coût de l'accès à Internet, se propose de relancer la "consommation" pour les ménages modestes à travers l'Internet accompagné (voir aussi l'article sur PCImpact).
Dans le même temps, Serge Tchuruk, président du Conseil d'administration d'Alcatel-Lucent publie, dans "La jaune et la rouge" de mars 2007 un article intitulé "un rêve, le haut débit pour tous ?" Il y brosse un tableau lucide mais optimiste, de chef d'entreprise, des enjeux et perspectives dans les pays émergents.
J'en retiens quelques points qui rejoignent nos préoccupations : "pour beaucoup d'utilisateurs, notamment dans les pays émergents, le téléphone mobile est non seulement synonyme d'échanges interpersonnels et de lien social mais aussi de développement des entreprises et de meilleur accès aux services publics". Cet impact positif du téléphone portable ou GSM, nous l'avions aussi observé pour les familles en situation de grande pauvreté dans les pays développés.
Il cite également l'accès lent de nombreux cybercafés en Afrique, mais aussi "l'insuffisance des contenus adaptés". On peut cependant déplorer que la création de contenus ne soit vue que sous l'angle commercial :"il faut suffisamment de contenus pour attirer des abonnés et suffisamment d'abonnés pour faire vivre les créateurs de contenus". Lorsque nous parlons de contenus et d'usages, pour notre part, nous visons ceux qui sont d'abord utiles aux gens, pour leur vie quotidienne, sociale, culturelle,... ceux qui permettent d'apprendre, de se former, de sortir de la misère. Et nous savons que ce chemin n'est pas qu'économique.
Il est dommage que la fin de cet article -et particulièrement l'initiave 'digital bridge'- instrumentalise des projets au service d'une stratégie d'entreprise... et ce même si le lien est fait avec l'agenda après SMSI et les Objectifs du millénaire.
Il n'empêche. Il reste intéressant de constater qu'au niveau des grandes entreprises et des institutions internationales l'option semble prise de rendre (plus) accessible l'accès à Internet. Restera à voir si ce la ne touchera qu'une partie des pays émergents (la plus rentable) ou si cela s'étendra aussi à tous les publics très éloignés, y compris dans les pays développés.









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