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  • Jean-Pierre Pinet
    Responsable du projet
    "Internet de Rue"

    jeanpierre.pinet
    (AT)atd-quartmonde.org


    Bruno Oudet
    Responsable Scientifique
    bruno.oudet(AT)imag.fr

Projet labellise

Decouvrez le projet Internet de Rue

  • Le projet Internet de rue a telecharger en .rtf
    [Re]création du lien social à partir des TIC en allant au-devant des familles les plus pauvres. Développer et valider par une recherche/action à Paris et dans le Val d'Oise une démarche de sensibilisation et d'utilisation des TIC par des parents ou jeunes adultes de familles en situation de grande pauvreté afin de contribuer à la [re]-création du lien social. Démarche au départ individuelle et mise en oeuvre au plus proche des lieux de vie de ces personnes et notamment dans la rue, sur les pas de porte… Tirer le meilleur parti de l'expérience déjà accumulée dans les points d'accès publics recueillie lors d’une enquête auprès de ces espaces. Résultats du projet : - un site de référence sur le thème de l’utilisation des TIC comme outil pouvant contribuer à l'inclusion sociale, - la réalisation d'un document d'accompagnement des familles les plus pauvres pour l'appropriation des TIC incluant les aspects techniques (quels matériels, quels logiciels), des points de repères pour réussir, des erreurs à éviter, des propositions d’amélioration, en particulier de sites (services) publics.
  • Uses Of Internet Project (in English) to download in rtf. format
    This project is about developing and verifying through action research in Paris and the Val d'Oise (France), the raising of awareness and promotion of ICT use by parents or young adults living in extreme poverty, with the ultimate aim of contributing to the [re] creation of social interconnectedness. Initially, this approach will be carried out on an individual basis, in close proximity to where these people live, e.g. in the street, on the doorstep, derived largely, from the experience already accumulated in the public internet access points, from a survey of these areas. The results will be: - a portal website in French about digital divide, - an internet guide to ICT use as a means to achieving social inclusion, a document about accompaniment in ICT use of families in extreme poverty, including the technical aspects (what equipment, what software), reference points for succeeding, mistakes to avoid, suggestions for improvement, in particular for public service websites.

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25 juillet 2006

L'ordinateur, outil de promotion sociale ?

Dans un intéressant article, titré "Ordinateur à 1 euro par jour pour les revenus modestes : une mesure contestée", Jean-Luc Raymond offre une très large synthèse des réactions à l'initiative gouvernementale.

La lecture des réactions diverses amène à se poser une question : pourquoi faut-il que des familles pauvres achètent un ordinateur, encouragées par un crédit de l'Etat ?

L'action 'Internet de rue' que nous avons menée dans deux départements d'Ile-de-France avec des familles très pauvres, les comparaisons que l'on peut faire avec d'autres actions telles que celles réunies sur le site de Psaume, conduisent à penser que ce qui intéresse les personnes, ce sont d'abord des perspectives d'avenir, pour elles-mêmes et pour leurs familles. Etre comme les autres, trouver un emploi, trouver un logement, pouvoir "faire ses papiers", inscrire ses enfants à l'école,... "Qu'on combatte la pauvreté au lieux de rafistoler un système inégalitaire !", disait un commentaire à l'article de Libération du 11 juillet.

L'ordinateur n'est pas seulement un objet de consommation qu'il faudrait avoir à l'instar du reste de la société. C'est un objet, un outil, dont l'utilité n'est pas encore avérée pour lutter contre la pauvreté.

Pourquoi ?

Il est vrai, comme nous avons pu le constater, que cet outil permet de rejoindre d'autres au niveau de ce qui nous est commun : la culture, les arts, les divertissements, les transports, une partie de l'administration (identité, impôts, assedics, allocations communes), la formation de base, etc. Mais dès que l'on arrive dans des domaines plus 'spécifiques', liés à la situation même des personnes (situation administrative complexe, emploi peu qualifiés, logements sociaux,...), le contenu présent sur Internet devient fortement restreint.

D'autre part, ce que cherchent les personnes que nous rencontrons, ce sont aussi des 'contenus qui leur parlent', c'est-à-dire qui parlent de leur expérience de vie. Ceux-là n'en sont qu'à leur débuts. Par exemple, les sites web de 'mémoire ouvrière' sont encore peu nombreux... et ceux de mémoire ouvrière des travailleurs précarisés encore moins.

Là où pèche la mesure gouvernementale, c'est qu'elle n'offre aucune perspective aux ménages les plus modestes de sortir de leur situation. L'ordinateur n'est pas un simple bien de consommation, même de divertissement. L'utilité précède l'usage, comme l'écrivait Philippe Mallein. Et ce sont les usages possibles qui rendront cet outil "populaire".

13 juillet 2006

Un ordinateur pour les familles pauvres ?

Après un grand silence de trois ans (le dernier Comité Interministériel pour la Société de l'Information datait du 10 juillet 2003), M. le Premier Ministre a annoncé (après le 5° CISI), lors d'une allocution à Marly-le-Roi : "Nous voulons aller plus loin et lancer dès 2007 une formule intégrant un micro-ordinateur adapté, une connexion à haut débit et une formation personnalisée, à domicile. Elle sera proposée aux foyers les plus modestes pour le prix d’un euro par jour, pendant trois ans. Nous généraliserons également l’usage des technologies de l’information pour l’accompagnement scolaire dans les ZEP."

Cette annonce, si effectivement elle correspond à un désir et un besoin pour les familles les plus modestes d'être parties prenantes du monde actuel, n'est pas sans poser de questions.

Sur le prix d'abord. Un euro par jour pendant trois ans, cela fait 1095 euros (et l'on peut se demander ce que signifie un prêt bancaire lorsqu'on n'a pas assez d'argent pour ouvrir un compte...). Ce sera très probablement innaccessible pour les familles les plus pauvres, celles qui n'ont guère que quelques centaines d'euros par mois pour vivre. Lorsqu'on voit que le MIT lance des ordinateurs à 100 $ (même si en réalité ils seront facturés 140 ou 150 $), on se dit qu'entre les deux solutions, il pourrait y avoir une offre possible.

"Un ordinateur adapté" : que cache ce concept ? Va-t-il, comme c'est le cas dans de très nombreux autres domaines y avoir des "ordinateurs pour les pauvres", alors considérés comme handicapés intellectuellement, socialement, économiquemment ? Des ordinateurs moins performants ? De telles discriminations seraient intolérables. Elles ne feraient qu'accroître la fracture sociale, et donc numérique.

Un accompagnement, basé sur une "formation personnalisée, à domicile". Là aussi, qu'est-ce à dire ? Nos voisins belges sont déjà beaucoup plus loin, pour ce qui est des responsabilités prises en charge par des administrations publiques, tant sur la réflexion, la non-discrimination que la pratique à travers, par exemple, l'action des CPAS.

Lorsqu'on sait que l'emploi est plus accessible par Internet que par les petites annonces papier, que l'administration est de plus en plus accessible aussi par Internet (même s'il reste de nombreux efforts à faire pour tous les droits concernant les pauvres au premier chef  : dossiers pour les logements sociaux, allocations,...), il est de la responsabilité de l'Etat au nom de la lutte contre la pauvreté et de la compétitivité économique de prendre des mesures afin de peser sur les producteurs pour casser les rentes monopolistiques, permettre que se diffusent des logiciels libres et gratuits, baisser les prix des matériels (certains pays du Tiers Monde ont réduit leurs taxes à 0 % afin de rendre les prix plus abordables), de légiférer pour que les possibilités de connexions gratuites ou à très bas coût puissent se répandre. Toute la France doit progresser ensemble. L'accès à l'information, au savoir, à la communication doit devenir un droit pour tous.


- article du Monde

- "Internet accompagné" (Adminet)